Programme 2003 «Qui pratique quel(s) sport(s) ?»


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Rencontre Régionale du Sport – « Le sport : c’est la santé ? » - 4 décembre 2003



« Le sport : c’est la santé ? »
4 décembre 2003
Ecole des Mines Albi - Carmaux
Albi (Tarn)
PROGRAMME 2003

« Qui pratique quel(s) sport(s) ? »

Jeudi 12 juin 19h-21h15

Au Centre Météo France

42, avenue Coriolis – 31057 Toulouse Cedex 1
Patrick MIGNON, Sociologue – Institut National du Sport et de l’Education Physique

- Licences/licencié(e)s/pratiquant(e)s : quelles évolutions ? Quelles perspectives ?

- Sports des villes et sports des champs : quelles réalités aujourd’hui ?

- Quel(s) âge(s) pour quel(s) sport(s) ?

- Sport(s) de femmes, sport(s) d’hommes : quelles réalités ?

*****

« Le sport est-il sûr ? »

Jeudi 23 octobre 19h-21h15

Au Conseil Général de l’Ariège

5 rue Cap de la Ville – 09000 Foix
Jean-Charles BASSON, Maître de conférence à l’Université de Rouen

- Quelles normes de sécurité pour les équipements sportifs ?

- Quel est le champ de responsabilité des dirigeant(e)s et/ou des organisateur(trice)s de manifestations sportives ?

- Les supporters sont-ils dangereux pour le sport ?

- Quels sont les risques encourus par les joueur(euse)s ?

*****

« Le sport : c’est la santé ? »

Jeudi 4 décembre 19h-21h15

A l’école des Mines

Campus Jarlard – Route de Teillet – 81000 Albi
Daniel RIVIERE, Professeur des Universités – Faculté de Médecine

- Le sport a-t-il des effets bénéfiques (démontrés) sur la santé ?

- L’entraînement sportif intensif précoce est-il dangereux pour la santé ?

- Le sport est-il réellement « bon » pour les 3ème et 4ème âges ?

- Le sport peut-il (doit-il) être utilisé comme moyen de prévention et de lutte contre certaines pathologies (obésité, maladies cardiovasculaires, asthme, diabète…) ?

« Les Rencontres Régionales du Sport »

4 décembre 2003

Daniel RIVIERE

Professeur, Chef du service de médecine du sport – CHU de Toulouse

« Le sport : c’est la santé ? »

Synthèse des actes
« Le sport, c’est la santé… quelle que soit l’activité considérée »... Vieille maxime populaire, adage communément admis… Aussi peut-il paraître (assez) surprenant de remettre, aujourd’hui, ce « postulat » en cause et de (se) poser [d’oser (se) poser] la question : « le sport, est-ce bien (« à tout coup ») la santé ?... ».
Après avoir rappelé les différentes facettes (et les multiples contenus) du « sport », le Professeur Daniel RIVIERE, Chef du service de médecine du sport au CHU de Toulouse, a explicité les risques encourus par l’enfant et le senior, bien identifié et insisté (sur) ceux liés à la sédentarité, souligné l’importance du suivi médico-sportif. Il a mis en exergue les effets bénéfiques de l’activité physique et sportive sur / pour la santé… Les débats, qui ont suivi son intervention, ont permis de souligner des dérives graves et croissantes en matière de sport de haut niveau. Ils ont aussi bien mis en lumière les stratégies et initiatives – publiques (Ministère des Sports et de la Santé, collectivités territoriales,…) et privées (de fédérations notamment) – développées aux plans national et local.
Daniel RIVIERE a conclu, malgré les excès de toutes natures contre lesquels il convient de lutter sans relâche, que « Le sport, c’est la santé… quand même… ».

Mots clés :
Santé, sport, sport de haut niveau, sport professionnel, activité physique et sportive (APS), sédentarité, risques chez / pour l’enfant, risques chez / pour le senior, suivi médico-sportif, « règle des 3 R » [(activité) raisonnée, régulière, raisonnable], énergétique de l’exercice physique, aérobie, anaérobie, fréquence cardiaque, consommation d’oxygène, prévention, …

Présent(e)s en tribune :


Organisateurs

Animateur

Intervenant

Témoins locaux

Thierry MAUDET

Jacques BREDA

Daniel RIVIERE

Alain BONAFE

Christophe URIOS

Pierre NESPOULOUS

Claude LAUTARD


« Le sport : c’est la santé ? »
4 décembre 2003
Ecole des Mines Albi – Carmaux
Albi (Tarn)

Jacques BREDA

Je vous souhaite la bienvenue à Albi (Chef-lieu du Tarn) pour la 19ème « Rencontre Régionale du Sport ». Son thème est : « Le sport : c’est la santé ? ».

Nous avons le plaisir d’accueillir, en tribune, Alain BONAFE (Directeur adjoint de l’Ecole des Mines d’Albi - Carmaux), Claude LAUTARD (Secrétaire général du Comité Régional Olympique et Sportif), Thierry MAUDET (Directeur Régional et Départemental de la Jeunesse et des Sports Midi-Pyrénées / Haute-Garonne), Pierre NESPOULOUS (membre de la Commission « Jeunesse et Sports » du Conseil Régional Midi-Pyrénées) [J’excuse les absences de Jeanne ETTORI, Vice-présidente et Gustave PLANTADE, Président de la Commission « Jeunesse et Sports » du Conseil Régional, empêchés à la dernière minute], notre « expert », le professeur Daniel RIVIERE et Christophe URIOS (entraîneur du Castres Olympique) qui sera le « témoin local ».

Je donne la parole à Alain BONAFE que je remercie, au nom de tous, de nous accueillir à l’Ecole des Mines.

Alain BONAFE, Directeur adjoint de l’Ecole des Mines d’Albi – Carmaux

J’ai le grand plaisir et l’honneur de vous accueillir, ce soir, à l’Ecole des Mines d’Albi - Carmaux pour cette 19ème « Rencontre Régionale du Sport ». L’Ecole des Mines d’Albi - Carmaux est, à la fois, une école d’ingénieurs qui compte près de 500 élèves ingénieurs formés sur quatre ans dans le domaine du génie des procédés, un pôle de recherche avec 70 chercheurs et 70 élèves docteurs qui préparent un doctorat en sciences [Bac +8] et un acteur du développement économique.

A partir de cette très courte description des missions prioritaires de l’école, il peut paraître surprenant que Thierry MAUDET ait choisi ce lieu pour une « Rencontre Régionale du Sport ». Aussi, vais-je vous donner, brièvement, trois bonnes raisons :

 En premier lieu, le sport tient une place (très) importante dans « la tradition des écoles des mines ». Dans la formation des élèves ingénieurs, le sport est obligatoire, à raison de 4 heures par semaine ; 14 activités physiques et sportives sont proposées. L’implication en compétitions universitaires est forte : 15 équipes sont engagées dans le tournoi des grandes écoles ; 22 le sont en championnat(s) d’académie ;

 En second lieu, au-delà des activités et des équipements d’enseignement et de recherche, nous disposons d’équipements sportifs de qualité que nous n’hésitons jamais, lorsque nos élèves ne les utilisent pas, à partager avec les acteurs sportifs de l’Albigeois.

Par la proximité géographique, nous constituons, d’ailleurs, une « pierre », un élément de ce grand ensemble sportif qui, à Albi, est également constitué du stade Maurice Rigaud, du Cosec et du Stadium ;

 En troisième lieu, chaque fois que nous avons l’occasion de soutenir des actions sportives sur l’Albigeois, et même sur le département ou la région, c’est toujours avec une volonté marquée que nous nous engageons, avec nos moyens, dans ces initiatives. C’est dans ce cadre que, récemment, l’Ecole des Mines a décidé de devenir partenaire de l’USSP Albi Volley-ball, et plus particulièrement au titre de la création de son centre de formation, initiée en septembre 2003.

Je veux, ici, remercier tout particulièrement et très chaleureusement Thierry MAUDET d’avoir, à nouveau, choisi notre école pour cette rencontre du sport (il l’avait, déjà fait pour « Sport et Europe » le 17 octobre 2002).

Jacques BREDA

Les « Rencontres Régionales du Sport » sont organisées en partenariat : Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse et des Sports, Conseil Régional et Comité Régional Olympique et Sportif. Claude LAUTARD pour le CROS…

Claude LAUTARD, Secrétaire Général du Comité Régional Olympique et Sportif (CROS) Midi-Pyrénées

En préambule, je vous prie d’excuser le Président Guy DEBUISSON qui regrette de ne pouvoir être présent ce soir.

Le Comité Régional Olympique et Sportif est fier d’appartenir à ce « triumvirat ». Il est fier avec la Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse et des Sports et la Région de concourir à l’organisation, depuis plusieurs années, de ces « Rencontres Régionales du Sport ». On peut dire, comme on le fait « dans le milieu culturel », que « nous avons trouvé un public », puisque vous êtes régulièrement entre 150 et 200, parfois davantage, à assister à ces réunions. Le thème d’aujourd’hui intéressera vivement, moi le premier… La qualité de l’intervenant, le professeur Daniel RIVIERE, n’est plus à démontrer… Dans mes fonctions de bénévole, j’ai l’avantage de travailler avec lui, notamment pour la prévention du dopage en milieu scolaire.

Pierre NESPOULOUS, membre de la Commission « Jeunesse et Sports » du Conseil Régional Midi-Pyrénées

Le Conseil Régional est partenaire depuis déjà longtemps du développement du sport. Cette dimension n’entrait pas dans ses compétences, issues des lois de décentralisation.
Le Conseil Régional a notamment la charge des lycées et de la formation professionnelle des jeunes, mais comment s’occuper sérieusement de la jeunesse sans s’engager au-delà de ces compétences strictes ? Depuis que le Conseil Régional est une collectivité territoriale élue au suffrage universel, je constate l’importance grandissante prise par le sport. Je suis persuadé que cela va continuer : le sport fait partie des éléments pouvant permettre aux individus de se développer et d’atteindre un équilibre.

La réussite de ces « Rencontres Régionales du Sport » est due, d’une part, à l’intérêt suscité par les thèmes identifiés, et, d’autre part, à la grande qualité des experts retenus. Saluons, sur ces deux points, l’action particulièrement efficace du Directeur Régional, Thierry MAUDET, sa modestie dût-elle en souffrir. Les sujets qu’il propose intéressent la population, le « grand public », mais, également, les décideurs de tous bords. Il faut donc poursuivre dans cette voie.

« Le sport : c’est la santé ? ». Sans doute… Mais la santé, on peut parfois la perdre… Le professeur Daniel RIVIERE nous dira dans quelles circonstances il ne faut pas abuser de sa santé… Tout le monde reconnaîtra, néanmoins que le sport joue (au-delà même de la santé –physiologique–) un grand rôle, en particulier dans l’épanouissement de l’individu. A cet endroit, dans la vie courante, dans les relations entre individus, nous pouvons vite voir la différence entre ceux qui font ou qui ont fait du sport et ceux qui n’en ont jamais fait…

Thierry MAUDET, Directeur Régional et Départemental de la Jeunesse et des Sports Midi-Pyrénées / Haute-Garonne

Lorsqu’il y a près de 5 ans, j’ai décidé de créer le dispositif des « Rencontres des Acteurs du Développement du Sport », nom initial et explicatif des « Rencontres Régionales du Sport », j’imaginais ce qu’elles pouvaient être et apporter. Je serai, en revanche, bien prétentieux de dire que je préjugeais, alors, de leur pérennité. Or, elles sont une réussite « quantitative » dans la fréquentation et « qualitative » au regard de leur « durée de vie ». Elles le sont, également, parce que le travail que nous effectuons, ici, au local, en partenariat – j’allais indiquer « en complicité » – est très relayé, bien au-delà des « frontières midi pyrénéennes ». Jean-Charles BASSON, « expert » lors de la précédente rencontre, à Foix, le 23 octobre 2003, sur le thème « Le sport est-il sûr ? », nous avait dit à quel point les « Actes des RRS » étaient lus, étudiés, attendus…
J’insisterai, une nouvelle fois, sur le fait que nous travaillons en commun sur des enjeux prioritaires et, que pour chacune de nos rencontres, nous mettons un point d’interrogation initial : nous nous posons une (ou plutôt des) question(s) ; à titre personnel, j’ai des convictions fortes, mais assez peu de… certitudes... Ma conviction centrale, première, vous la connaissez, je l’ai exprimée à plusieurs reprises : elle est qu’ici et maintenant, nous sommes capables de nous mobiliser, individuellement et collectivement, pour trouver des solutions, parfois plus modestement, des éléments de solution. Nous devons avoir cette forme de modestie, parce que nous savons que, comme sur un terrain de sport, tout peut arriver. Rien n’est jamais écrit définitivement à l’avance. En tout cas, je veux penser que nous avons, toujours, la possibilité d’écrire des pages choisies et voulues…

« Qui pratique quel(s) sport(s) ? », « Le sport est-il sûr ? », « Le sport : c’est la santé ? », un bien beau programme 2003…

Le Professeur Daniel RIVIERE est, ce soir, le premier vrai « régional de l’étape » sur 19 rencontres… « Nul n’est prophète en son pays » dit le proverbe… Je m’étais juré que jamais nous ne prendrions « un local » et que nous ne ferions intervenir que des « estrangers ». J’ai, ainsi, fait appel à des Rouennais, des Parisiens, des Lyonnais, des Rochelais, des Dijonnais,… et même… des Bordelais… Cette fois, je me suis dit que nous disposions sur place d’une compétence majeure, quelqu'un de très fort sur le contenu et qui sait, en même temps, garder de la réserve et exprimer beaucoup d’humour. Je le remercie vivement d’avoir accepté mon invitation. J’adresse, aussi, de vifs remerciements à Christophe URIOS, notre témoin local : il nous dira, au regard de sa position personnelle et professionnelle, comment il perçoit ce thème.
Jacques BREDA

Professeur Daniel RIVIERE, vous êtes chef du service de médecine du sport du CHU de Toulouse à l’hôpital Larrey. Alors, le sport, est-ce, vraiment, la santé ?
Daniel RIVIERE, Chef du service de médecine du sport, CHU de Toulouse

Avant de répondre à votre question, je remercie, à mon tour, l’Ecole de Mines de nous accueillir, ainsi que les organisateurs de ces « Rencontres Régionales du Sport », et, bien sûr, tout spécialement, Thierry MAUDET, qui m’a « lancé » cette invitation et ce… défi… il y a quelques mois.
LES RELATIONS ENTRE LE SPORT ET LA SANTE

Tout le monde dit que le sport, c’est la santé… quelle que soit l’activité considérée... Il peut donc paraître surprenant, aujourd’hui, de remettre ce « postulat » en cause et de poser la question : est-ce bien la santé ?...

Pour répondre à cette question, il nous faut revenir à la définition même du sport. Le Petit Larousse indique : « Ensemble des exercices physiques se présentant sous forme de jeux individuels ou collectifs [d’accord !] pratiqués en observant certaines règles [tout à fait d’accord !] et sans but utilitaire immédiat ». Quand on prend connaissance du salaire de certains joueurs professionnels à l’heure actuelle, on peut légitimement se poser la question de savoir si, aujourd’hui, le sport, c’est bien cela et s’il ne faudrait pas réactualiser quelque peu la définition mentionnée…

Pour ma part, je préfère la définition donnée par un très grand « spécialiste », Pierre de COUBERTIN, qui définissait le sport comme « Le culte volontaire et habituel de l’exercice musculaire intensif, appuyé par le désir de progrès [progrès, vis-à-vis de soi-même et des autres, c’est-à-dire dans le cadre compétitif] et pouvant aller jusqu’au risque ». Dans la définition fournie par Pierre de COUBERTIN, figure la notion de risque. Dans un article paru dans « L’Equipe », courant 1996, il était écrit : « Le sport de haut niveau use et vite ».

Nous sommes donc bien d’accord, le sport de haut niveau est dangereux au regard du risque traumatique. Le risque n’est malheureusement pas que traumatique… Voyez la toute récente affaire de ce cycliste mort, très jeune, pendant son sommeil… Je pourrais également prendre l’exemple d’un footballeur renommé mort – Marc Vivien FOE – il y a peu sur le terrain…

Le risque est fonction de l’âge du pratiquant [je vous parlerai donc beaucoup du sport et de l’enfant et du sport chez les seniors]. Le risque dépend, aussi, de l’intensité de la pratique.

 Le risque chez l’enfant

Chez l’enfant, le sport peut avoir des répercussions sur la santé en termes de croissance, sur l’appareil locomoteur, sur l’appareil cardiovasculaire et surtout pour l’équilibre psychologique.

Sport et croissance – En règle générale, le sport n’empêche pas d’atteindre la taille définitive que doit avoir l’enfant. Par contre, il peut y avoir des retards de croissance, qu’il s’agisse de maturation des os ou d’apparition de la puberté, en particulier chez les jeunes filles.

La croissance définitive se fera, mais avec retard, plus l’entraînement sera intensif et l’âge des débuts en compétition précoce.

Il faut insister sur le fait que l’enfant n’est pas « un modèle réduit de l’adulte ».
 Le risque chez le senior

Après 50 ans, le sport est potentiellement plus dangereux, parce que l’âge entraîne une modification de la composition du corps. L’âge est marqué par ce que l’on appelle une « dégénérescence graisseuse » : on remplace le muscle par du gras et l’on a une modification de l’aptitude physique, une augmentation du risque cardiovasculaire et une augmentation du risque ostéo-articulaire. On devient plus fragile, particulièrement après la ménopause, avec la survenue éventuelle de l’ostéoporose.

Alors, faut-il rester sédentaire ?...

Quand on disait au père de la médecine du sport, P. O. ASTRAND, « Il est tellement dangereux de faire du sport qu’il vaut mieux rester sédentaire », il répondait, « Vous devriez bénéficier d’un examen médical complet avant de mener une vie sédentaire devant le poste de télévision, car nous sommes sûrs, à partir de statistiques médicales,

que le mode de vie le plus dangereux est de rester assis, immobile et de manger en excès. Vous devez être en parfaite santé… pour suivre ce mode de vie… ».

Que faire ?

Il est très opportun de proposer à ceux (et celles) qui préfèrent la compétition et le dépassement de soi, un suivi médico-sportif adapté en fonction de l’(leur) âge.

Nous proposerons à ceux (et celles) qui recherchent les effets bénéfiques (du sport) pour la santé, une activité physique obéissant à « la règle des 3 R »… Un peu de patience… Je ne vous préciserai qu’un peu plus tard ce qu’est « la règle des 3 R »…

 Le suivi médico-sportif

Le suivi médico-sportif commence par ce que certains dénomment abusivement la « décision d’aptitude » et qui est, en réalité, un « examen de non-contre-indication à la pratique du sport en compétition ».

Le législateur ne demande pas au médecin de déterminer si le sujet examiné est apte, mais de dire s’il n’y a pas (trop) de risques à pratiquer à un sport.

Pour déterminer si un sujet est « apte », il faut l’évaluer physiologiquement, biologiquement, psychologiquement, nutritionnellement pour aboutir à ce que j’appelle « les conseils au sein du staff du sportif », c’est-à-dire le « staff médico-technique » : le couple entraîneur – sportif reçoit des conseils de spécialistes qui l’aident (préparateurs physiques, kinésithérapeutes du sport, nutritionnistes du sport, psychologues du sport, podologues du sport et médecin du sport qui est (devrait être) le coordonnateur de l’équipe).
Il est nécessaire de faire des évaluations régulières. S’il y a un problème, il faudra soigner l’athlète ; mais soigner, ce n’est, en aucun cas, réaliser des manipulations chimiques comme le dopage… Sujet que l’on est bien obligé d’aborder, quand on parle des dangers du sport…

Quand on me demande pourquoi je lutte contre le dopage ou quand on me dit que je « lutte contre des moulins à vent », je réponds que je lutte contre le dopage par amour du sport et pour le respect de ses valeurs. Or, se doper, c’est tricher ; par ailleurs, je suis médecin, et se doper, c’est (très) dangereux… On peut en mourir… Même si l’on n’en meurt pas de façon aiguë, l’espérance de vie est diminuée ; ainsi l’espérance de vie moyenne des footballeurs américains est-elle de 50 à 55 ans, alors qu’elle dépasse 75 ans pour la « population standard ».
Le dopage pose davantage de problèmes chez l’enfant. J’ai, d’ailleurs, la conviction qu’en ce domaine, certains jouent aux apprentis sorciers.
Pour les jeunes qui n’ont pas envie d’entrer dans le dopage et pour les anciens qui ont envie d’en sortir, que faire ? Sur Toulouse, nous avons créé – à l’initiative de la Direction Régionale et Départementale de la Jeunesse et des Sports – le « centre Pierre Dumas » : c’est une antenne médicale de prévention et de lutte contre le dopage (AMPLD). Ce centre propose des prestations anonymes et gratuites : il permet d’aider les sportif(ve)s à ne pas entrer dans le dopage et, si malheureusement ils (elles) y sont « tombé(e)s », à [s’] en sortir.

Le suivi médico-sportif a pour but de permettre la performance en préservant la santé.
 Recherche des effets bénéfiques pour la santé

Pour ceux qui recherchent les effets bénéfiques pour la santé, il y a la « règle des 3 R », qui est le juste milieu entre le sport de haut niveau porteur de risques et… la sédentarité… qui, d’après moi, est encore beaucoup plus dangereuse...

La règle des 3 R : « Raisonnée ; Régulière ; Raisonnable ».

Les bénéfices de la pratique régulière d’une activité physique sont très importants :

 Cardiovasculaires : à partir du moment où vous pratiquez, régulièrement, une activité, vous allez améliorer la performance de votre cœur, améliorer la vascularisation de vos tissus : il y aura, dans les muscles, davantage de vaisseaux qui apporteront davantage d’oxygène ;

 Métaboliques : il y a une meilleure utilisation des lipides et un meilleur « profil lipidique » ;

 Locomoteurs : l’entraînement provoque une augmentation de la masse musculaire ; l’activité physique est, à l’heure actuelle, l’un des meilleurs moyens de prévenir l’ostéoporose, cette déminéralisation qui survient avec l’âge. Les études réalisées sur des spationautes et cosmonautes ont permis de montrer qu’en apesanteur, le poids du corps n’appuie pas sur les os ; d’où le risque, au retour, de voir leurs os casser comme du verre ; maintenant, on leur fait faire des activités physiques à l’intérieur des stations spatiales pour lutter contre la déminéralisation osseuse ;

 Psychiques : quand on est en forme, on se sent « bien dans sa peau ». On note également une nette amélioration de l’hygiène globale de vie.

Allons-nous vivre plus vieux en pratiquant régulièrement une activité physique ?

Avec tous ces avantages, l’individu a moins de risques de tomber malade, ce qui devrait augmenter sa durée de vie, mais est-ce vraiment le but ? Le but n’est-il pas de… mourir en bonne santé ?... En d’autres termes, de retarder la dépendance ?...

Quand on fait régulièrement une activité physique, on est bien moins vite dépendant et, même si cela peut paraître, au premier abord, choquant, je le répète, on meurt en bien meilleure santé.

Les avantages métaboliques

On assiste, actuellement, à une augmentation significative de l’obésité infantile. A ce rythme, dans 10 ans, l’Europe – la France y compris – aura rattrapé les Américains… qui avaient pourtant pris… énormément d’avance… Le responsable n°1, c’est la sédentarité.

L’augmentation de l’obésité est très directement corrélée avec les heures passées devant la télévision et les heures passées devant les consoles de jeux vidéo. D’ailleurs, à choisir au sein du pire, il vaut mieux passer des heures devant la console vidéo, car les mains sont occupées ; devant la télévision, les mains sont libres pour… grignoter…

Il faut, chez les enfants obèses, lutter contre les habitudes sédentaires et prescrire l’activité physique. C’est ce que nous sommes en train de faire en Midi-Pyrénées avec le réseau de prise en charge de l’obésité pédiatrique (REPOP).

Qu’est-ce qu’une activité raisonnée, régulière et raisonnable ?

« Raisonnée » veut dire que l’activité doit, d’une part, être précédée d’un examen médical, de préférence assuré par un médecin du sport ; d’autre part, être associée à une hygiène de vie sur les plans alimentaire, de l’hydratation et du sommeil ; enfin et surtout, être réalisée sous forme d’exercices modérés et prolongés, c’est-à-dire des exercices ni trop intenses, ni trop faibles et suffisamment longs.

L’optimum est de pratiquer cette activité aux limites supérieures de l’endurance aérobie.

Lors d’une activité physique, il y a transformation d’une énergie chimique en énergie mécanique ; pour contracter les muscles, il est besoin d’énergie. Cette énergie est essentiellement fournie en brûlant des sucres et des graisses en présence d’oxygène. Nous utilisons alors ce que l’on appelle une voie de type aérobie [aérobie = en présence d’oxygène].

L’organisme est, par ailleurs, très bien fait. Si nous manquons d’oxygène pour la demande énergique, nous pouvons produire de l’énergie sans oxygène [anaérobie], mais l’on ne peut, dans ce cas, utiliser que les sucres et pas les graisses. Le corollaire, c’est la production d’un acide [l’acide lactique] qui passe dans le muscle puis dans le sang, et dès qu’il y a augmentation de l’acide lactique, l’exercice devient limité en durée.

L’intensité d’exercice à faire sera déterminée à partir de la consommation d’oxygène [VO2 exprimé en litre/minute]. La consommation d’oxygène, c’est l’oxygène qui entre et l’oxygène qui sort en fonction de l’intensité de l’exercice. Lorsque l’on fait un exercice, il y a une augmentation linéaire de la consommation d’oxygène jusqu’au niveau où la consommation d’oxygène ne peut plus augmenter. On a alors atteint le VO2 max ou consommation maximale d’oxygène.

Ce qui veut dire que le cœur ne peut pas battre ni plus fort ni plus vite. Quand on atteint le VO2 max, on est à la fréquence cardiaque maximale (nombre maximal de battements/minute). Les muscles ne peuvent pas extraire davantage d’oxygène par minute.

Par définition, la plus petite puissance d’exercice qui permet d’obtenir ce VO2 max s’appelle « puissance maximale aérobie », ce qui me permet de définir deux termes qui sont parfois un petit peu galvaudés : endurance et résistance.

L’endurance, c’est l’aptitude à prolonger un exercice en dessous de la puissance maximale aérobie, que l’on appelle exercice maximal.

La résistance, c’est l’aptitude à prolonger un exercice supra maximal, c’est-à-dire au-dessus de la puissance maximale aérobie.

Quand vous faites une marche en montagne pendant huit heures, si vous revenez en déclarant : « Je marche huit heures, je suis résistant », vous vous trompez, si vous marchez huit heures, vous êtes endurant…

Vous allez penser que, puisque c’est avec de l’oxygène, c’est l’endurance qu’il faut travailler… Non !... Quand l’intensité de l’exercice augmente, l’énergie nécessaire est tellement importante que l’oxygène qui est dans l’air et qu’il faut amener dans le muscle n’arrive pas suffisamment vite. Il faut donc fabriquer de l’énergie sans oxygène et, à partir d’environ 50 % de cette puissance maximale aérobie chez le sédentaire, on commence à fabriquer de l’acide lactique et l’exercice sera limité en durée.

Deux zones vont être différenciées :

 en dessous de ces 50 %, c’est l’endurance aérobie ;

 au-dessus de ces 50 %, c’est l’endurance active.

L’activité qui est bonne pour la santé, c’est la limite supérieure de l’endurance aérobie, c’est-à-dire, chez le sédentaire, la zone située autour de 40 % à 50 % de la puissance maximale aérobie.

Des examens médicaux permettent de mesurer cette limite supérieure de l’endurance aérobie. Ils ne peuvent toutefois pas être pratiqués par tout le monde, en particulier par les obèses et les personnes de plus de 70 ans.

Quand nous sommes au VO2 max, nous sommes à la fréquence cardiaque maximale, c’est-à-dire que le cœur ne peut pas battre plus vite. La relation qui existe entre la fréquence cardiaque et l’intensité de l’exercice est la même, c’est-à-dire qu’à partir de la fréquence cardiaque de repos, il y a une augmentation linéaire de la fréquence cardiaque jusqu’à la puissance maximale aérobie. A partir de la puissance maximale aérobie, la fréquence cardiaque est à son maximum.

On va donc utiliser le concept de « réserve de fréquence cardiaque », c’est-à-dire la fréquence cardiaque maximale moins la fréquence cardiaque de repos. 50 % de la puissance maximale aérobie correspondent à 50 % de la fréquence cardiaque de réserve.

Pour savoir comment s’entraîner, il suffit de calculer 50 % de la fréquence cardiaque de réserve, auxquels on rajoute la fréquence cardiaque de repos, ce qui donne la fréquence cible. Pour faire plus simple, on va utiliser la fréquence cardiaque maximale théorique, soit globalement, 220 moins l’âge.

Prenons l’exemple d’un sujet de 40 ans : Fréquence cardiaque maximale : 220 – 40 = 180. Le cœur de ce sujet peut, en théorie, battre jusqu’à 180. Fréquence cardiaque de repos : 70. La fréquence cardiaque de réserve, 180 – 70 = 110. 50 % de 110 = 55. La fréquence cardiaque de travail sera la fréquence cardiaque de repos (70) + 50 % de la fréquence cardiaque de réserve (55), soit 125 battements/minute. Lorsque ce sujet de 40 ans s’entraînera à une fréquence cardiaque de 125, s’il est sédentaire au départ, il fera un exercice aux limites supérieures de l’endurance aérobie, c’est-à-dire bon pour la santé.

La fréquence cardiaque se mesure à l’aide du cardiofréquence – mètre : une courroie fixée sur la poitrine enregistre la fréquence cardiaque et l’envoie par télémétrie sur une montre fixée au poignet.
Après l’intensité, intéressons-nous à la régularité et au raisonnable.
« Régulière » – Il est difficile de pratiquer une activité physique chaque jour, mais elle doit l’être au moins tous les deux jours… ; « au pire », deux fois par semaine…
« Raisonnable » – Tout dépend, bien évidemment, du sport pratiqué. En règle générale, il vaut mieux commencer par (de) l’échauffement ; plus l’on avance en âge, plus l’échauffement doit être long ; pour certains, des étirements seront particulièrement utiles… On commence par des séances courtes de façon à augmenter très progressivement. La récupération se fait avec des étirements.

Un article récemment paru dans la presse déclare que les étirements ne servent à rien… Je suis entièrement d’accord… Quand les étirements sont mal faits…, ils ne servent à rien ! C’était d’ailleurs le sujet même de cet article « Quand les étirements sont bien faits, ils servent »…

 En forme de première conclusion : sport pour tous, probablement pas, mais activité physique pour tous, sûrement. Et surtout, aimons le sport, et, quel que soit notre âge, que nous soyons un enfant ou un senior, gardons le sourire…
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