417. — A louise de marillac, a angers


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464. — A N***

De Saint-Lazare, ce dimanche 29 juillet 1640.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je fus avant-hier à Saint-Denis et priai la Mère supérieure de Sainte-Marie (1) de s’employer vers sa bonne sœur Madame de Hodicq (2), Vous verrez ce qu’elle me mande par l’incluse, et notamment à l’endroit auquel j’ai marqué quelques lignes, et me ferez l’honneur de me mander si, sans avoir égard à cela, nous continuerons nos petites recommandations. J’[ajoute] (3) à cela, Monsieur, la très humble prière que je vous fais de ne pas dire de qui vous savez ce que le bon seigneur désire n’être pas dit de lui et de m’honorer de la créance qu’il n’y a personne sur la terre sur qui Notre-Seigneur vous ait donné plus de pouvoir que sur moi, qui suis, en l’amour du même

Lettre 464. — Dossier de Turin, copie du XVIIe ou du XVIII siècle.

1) La Mère Françoise-Elisabeth Phelippeaux de Pontchartrain, Supérieure du couvent de la Visitation établi à Saint-Denis.

2). Claude Phelippeaux, fille de Paul, sieur de Pontchartrain, secrétaire d’État, et de Anne de Beauharnais, épouse de Pierre de Hodicq, sieur de Marly-la-Ville, reçu conseiller au parlement le 26 mars 1621, puis président aux Enquêtes.

3). Texte de l’original : J’adresse.

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Seigneur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

prêtre indigne de la Mission.
465. - A SAINTE JEANNE DE CHANTAL

De Paris, ce 30 juillet 1640.

Ma très digne et très chère Mère,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je ne vous puis exprimer, ma très digne Mère, la confusion que j’ai d’avoir tant mis à vous faire réponse et le grand désir que j’ai de m’amender, de sorte que c’est à ce coup que j’espère que Notre-Seigneur me fera la grâce de m’amender tout de bon. Mais certes, ma digne Mère, je tiendrais la chose faite, si vous demandiez à Dieu pour moi la vertu de diligence, qu’il vous a si abondamment donnée ; je l’espère de votre charité et de sa divine bonté. Parlons du visiteur.

C’est à ce coup, ma chère Mère, que vous vous êtes nettement déclarée et par celle que votre charité a écrite à notre Mère de la ville (1) et par les lignes que vous avez écrites au bas de la lettre de M. Codoing, comme vous ne pouviez approuver l’autorité que je vous disais qu’il fallait au visiteur (2). Béni soit Dieu de ce que cela est ainsi ! Je m’y soumets de tout mon cœur, et pense que c’est la volonté de Dieu, qui se fait connaître par la vôtre.

Lettre 465. — L. a. — Original au couvent de la Visitation de Périgueux.

1) La Mère Hélène-Angélique Lhuillier.

2). Seuls parmi les couvents de la Visitation les deux monastères de Paris désiraient, comme saint Vincent, l’institution d’un visiteur.

Voir les lettres de Jeanne de Chantal à saint Vincent sur l’affaire du “Visiteur apostolique de la Visitation”, dans ce dossier. Cl.L.
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Mais à moins que cela, je vous avoue, ma digne Mère, que ce que je vous en avals écrit était mon opinion, mais avec deux conditions : l’une, que ce visiteur n’userait de son autorité qu’aux extrémités et qu’à cet effet l’on le choisirait doux, sage et plein de respect vers Nosseigneurs les prélats, comme est M. Coqueret, docteur de Sorbonne, sur lequel Monseigneur de Sens (3) avait jeté les yeux et lequel, depuis peu, a été élu pour l’un des trois supérieurs des Carmélites et a acquiescé à cette élection par l’instante prière de Monseigneur le cardinal (4), lequel a ces trois qualités que je viens de dire, en éminence, et aurait servi d’exemple aux autres. L’autre condition est qu’il n’aurait aucun pouvoir sur aucune maison que dans l’acte de visite. Auxquels deux cas il aurait eu le pouvoir nécessaire pour remédier à certaines choses auxquelles difficilement il le pourra autrement ; et en second lieu, il ne pourrait jamais s’arroger ni faire les actes de supérieur général. Mais pour le regard de la difficulté de déplaire à Nosseigneurs les prélats, ne doutez pas, ma chère Mère, que si peu que vous en ferez ne leur donne un étrange déboire et n’excite tempête. Il est vrai qu’elle sera moins grande.

Jésus ! ma chère Mère, oh ! que dis-je ! Où est allé mon esprit, en vous disant ce que je vous viens de dire ? Certes, il semble que, si bien j’acquiesce de la volonté,] e ne le fais pas du jugement. O bon Dieu ! si fait, et cela pleinement, en la seule vue du bon plaisir de Dieu, auquel je soumets et ma volonté et mon jugement, ne doutant point pourtant que ce ne soit la volonté de Dieu, puisqu’elle est celle de notre digne Mère, qui est tellement notre digne Mère qu’elle est la mienne unique,

3). Octave de Saint-Lary de sellegarde (14 novembre 1621 - 26. juiliet 1646).

4). Le cardinal de Richelieu.

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que j’honore et chéris plus tendrement que jamais enfant ait aimé et honoré sa mère après Notre-Seigneur ; et me semble que cela va à un tel point que j’ai assez d’estime et d’amour pour en donner à tout un monde ; et cela, certes, sans exagération.

C’est donc dans l’esprit de cette enfance, ma chère Mère, que je vous parle et que je vous remercie toujours de toutes vos charités de grand-mère que vous exercez vers vos chers enfants vos missionnaires, et suis, en l’amour de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, votre très humble et obéissant fils et serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A ma Révérende Mère ma Révérende Mère de Chantal, supérieure du premier monastère d’Annecy.
466. — AU COMMANDEUR DE SILLERY

[1640.]

Monsieur,

En vérité, Monsieur, il faut avouer que Dieu fait des merveilles en vous ! Quoi ! cette promptitude à vous rendre aux mouvements de la grâce aussitôt qu’on vous propose ce qui peut être plus agréable à Dieu, et anéantir,

Lettre 466 — Vie de l’illustre serviteur de Dieu Noël Brulart de Sillery, p. 128. Les missionnaires, d’abord établis au village de Sancey, se fixèrent à Troyes, le 25 août 1640, dans une maison que leur avait donnée le commandeur de Sillery, à l’angle droit du faubourg Croncels et de la rue des Bas-clos. Tandis que le commandeur était occupé à la faire aménager et embellir, saint Vincent vint dans cette ville. Il trouva que le logement était trop luxueux, supplia Brulart de Sillery de laisser vivre les missionnaires dans la simplicité et la pauvreté de leur état, conformément à l’esprit de l’Évangile, et d’enlever les embellissements. ses instances furent si pressantes que le commandeur dut céder :

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sans souffrir de retour, toutes les raisons de votre haute et sage prudence, c’est, sans mentir, rendre un continuel sacrifice à Dieu d’une excellente odeur et d’une admirable édification à ceux qui connaissent ces belles actions.

Je n’ai point de termes pour vous remercier de la faveur que vous me faites de vous ajuster à mes petites propositions touchant notre établissement à Troyes. Je vous suis autant obligé que si vous m’aviez donné tous les biens du monde, tant parce que cela me paraissait être contre la simplicité eh laquelle notre pauvre compagnie doit s’établir, que pour l’appréhension que j’ai que tout ce qui n’est pas là-dedans se sente un peu de l’adresse des enfants du siècle. Ce n’est pas que je n’y manque bien souvent et qu’il ne soit plus clair que le jour que vous êtes plus dans la pratique de cette vertu que je n’y serai jamais. Je vous supplie de croire que je dis ceci en le croyant aussi véritablement comme je tiens pour certain qu’il faut que je meure.

Encore un coup, Monsieur, je vous remercie d’avoir eu la bonté de condescendre à mes petits sentiments ; et c’est en quoi j’admire votre humilité ; ce qui m’unit à vous d’une tendresse si grande que je ne puis l’exprimer.
467. — CHARLES DE MONTCHAL, ARCHEVÊQUE DE TOULOUSE,

A SAINT VINCENT

Toulouse, 1640 (1)

Je ne puis laisser partir ces deux missionnaires (2) que vous avez envoyés en ce pays, pour vous aller revoir, sans vous

Lettre 467 — Abelly, op cit, I II chap I sect II § 8, 1ère éd p 52

1) La lettre est antérieure au 26 août (Voir lettre 475)

2) Robert de sergis et Nocolas Durot

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remercier, comme je fais de tout mon cœur, des grands services qu’ils ont rendus à Dieu dans mon diocèse. Je ne vous saurais représenter les peines qu’ils y ont prises, ni les fruits qu’ils y ont faits, dont je vous ai une particulière obligation, puisque c’est à ma décharge qu’ils se sont ainsi employés. L’un d’eux s’est rendu maître de la langue de ce pays jusqu’à se faire admirer de ceux qui la parlent, et s’est montré infatigable dans le travail. Quand ils se seront un peu rafraîchis, je vous supplierai de nous les renvoyer, car je me dispose à faire faire les exercices des ordinands, et j’ai besoin de leur secours encore pour ce sujet. Tout réussira à la gloire de Dieu, si vous nous aidez.
468. — A LOUIS LEBRETON

De Paris, ce 9 août 1640.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Voici enfin la vie de saint Vénérand (1), que vous m’avez demandée.

Je ne vous envoie point encore la lettre de Monseigneur le nonce (2) et ne l’ai osé voir pour les raisons que je vous ai mandées (3). J’aurai ce bonheur à son retour de la cour.

Nous avons acquitté la lettre de change de trois cents livres et en avons payé pour cent cinquante de plus pour le change.

Lettre 468. — L. a. — Dossier de Turin, original.

1). Le martyrologe romain signale trois Vénérand : 25 mai, saint Vénérand, diacre, martyrisé au diocèse d’Évreux, 18 juin, saint Vénérand, évêque et confesseur ; 14 novembre, saint Vénérand, martyr, à Troyes. La Vie des bienheureux martyrs saint Mauxe et saint Vénérand, patrons du diocèse d’Évreux, avait été publiée à Rouen en 1614.

2). Mgr Scotti.

3) Nous n’avons plus une seule des lettres que saint Vincent écrivit à Louis Lebreton entre le 1er juin et le 9 août. C’est dans une de ces lettres perdues, dans plusieurs peut-être, qu’il exposait les raisons dont il parle ici.

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Je reviens à la pensée que je vous ai déjà écrite, de faire le bon propos la première année du séminaire, les vœux simples à la fin de la seconde et un solennel de finir nos jours en la compagnie longues années après être entrés en icelle (4).

Je suis bien aise de ce que le R. P. assistant (5) dit que cela ne fait pas religieux ; conférez-en un peu exactement. J’attends de vos lettres portant réponse sur quantité de choses dont je vous ai écrit (6) : de l’union de la maison du Saint-Esprit de Toul, de celle des deux prieurés dans le diocèse de Langres, des affaires concernant un monastère de Saint-François à mettre sous la direction de Monseigneur de Paris (7) et vous recommande une dispense conforme à ce que M. Soufliers vous en écrit et le témoignage in forma pauperum (8) et suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble serviteur

VINCENT DEPAUL,

prêtre indigne de la Mission.

J’attends réponse touchant Fernambouc des Indes (9). J’ai écrit à M. Le Bret en faveur de la congrégation de Sainte-Geneviève (10) ; assurez-le de mon obéissance et de

4). Les mots un solennel de et longues années après être entrés ont été raturés dans le texte original, mais, semble-t-il, postérieurement à la composition de la lettre, car l’encre est différente.

5) Le Père Charlet, assistant français des Jésuites.

6). Nous n’avons plus la lettre ou les lettres qui traitent du second et du troisième points.

7). Jean-François de Gondi.

8). Quand les personnes qui ne sont pas en état de payer les droits accoutumés, demandent en cour de Rome une dispense de parenté en vue d’un mariage cette dispense leur est expédiée in forma pauperum. Elles n’ont à payer qu’une partie des frais ordinaires ou même rien du tout.

9). Pernambouc au Brésil. L’Amérique était autrefois connue sous le nom d’Inde occidentale.

10). La congrégation de Sainte-Geneviève demandait à Rome le renouvellement des pouvoirs du cardinal de La Rochefoucauld et un indult permettant au Père Faure de garder la charge de supérieur général.

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mes services vers les personnes qu’il sait, dans les rencontres. Je lui dis que vous lui direz la sainteté de la réforme de Sainte-Geneviève.

Suscription : A Monsieur Monsieur Lebreton, prêtre de la Mission, à Rome.
469. — A LOUISE DE MARILLAC

Ce lundi à 10 heures. [1640] (1)

Je viens de recevoir tout présentement celle que vous écrivez à M. l’abbé de Vaux et la trouve bien, si ce n’est qu’il me semble qu’il y aurait eu lieu de lui dire que, si ces Messieurs désirent la clause du renvoi, qu’il est juste qu’on y mette celle du rappel des filles, lorsqu’on le jugera expédient (2).

C’est un grand cas que partout l’on se plaint qu’elles prennent ce qui est destiné pour les malades. Il est nécessaire de faire une règle, qu’elles ne pourront, sous quelque prétexte que ce soit, manger de ce qui est destiné pour les pauvres.

Vous m’auriez consolé de faire mes recommandations et mes excuses au bon M. de Vaux de ce que je ne lui ai pas écrit, et de lui dire que je le ferai au prochain voyage. (3)

Bon jour, Mademoiselle. Je suis v. s.

V. D.

Avez-vous pas reçu une lettre que je vous ai envoyée de nos sœurs de Richelieu, qui vous mandent, et M. Lam-

Lettre 469. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Cette lettre semble devoir être placée peu avant la lettre 473.

2). Voir dans la correspondance autographiée de Louise de Marillac les lettres 17 et 19

3). Au prochain courrier.

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bert à moi, qu’il y a deux bonnes filles de là qui se présentent pour être de la Charité ?
470. — LOUISE DE MARILLAC A SAINT VINCENT

[Entre 1640 (1) et 1644 (2)]

Monsieur,

Madame de Verthamon n’a pas manqué de venir trouver les dames, et, après avoir encore fait connaître plus clairement que le dessein de ces Messieurs était de se rendre maîtres absolus de toute l’œuvre, et dit qu’elle croyait qu’ils seraient bien aises que l’on leur donnât moyen de se déclarer, elle néanmoins a accompagné ces dames en la manière qui avait été résolue, et lesdits Messieurs n’ont point manqué à se faire entendre disant aux dames qu’ils leur accorderaient tout ce qu’elles voudraient et même qu’elles ne donneraient qu’un récépissé, sans signer de l’argent qu’elles recevraient, et qu’eux tireraient quittance de tous les marchands et, ce me semble. des nourrices aussi.

Les dames lui ont fait entendre aussi qu’elles ne pouvaient entreprendre ou continuer ce soin que tant que l’on demeurerait dans les premières dispositions ; et tout ce pourparler a été avec Monsieur le chancelier (3), lequel, après tout, a dit qu’il rédigerait par écrit l’intention de Messieurs les hauts justiciers et les baillerait aux dames. Le bon Monsieur Le Roy, lorsque les dames l’ont vu et lui ont fait entendre toutes ces propositions, leur a dit que, si cela arrêtait l’affaire, qu’il s’en retirerait entièrement. S’il y a quelque autre chose, ces dames vous le diront demain, à l’heure que votre charité leur a donnée, de trois heures après dîner

Je suis, Monsieur votre fille et servante.

L. DE M.

Je vous supplie très humblement, Monsieur prendre la peine me mander si vous treuvez bon que nous avertissions

Lettre 470. — L. a — Dossier des Filles de la Charité, original

1). Ce fut en 1640 que les dames de la Charité prirent à leur charge l’œuvre de la Couche.

2.) La cire qui a servi à cacheter cette lettre porte l’empreinte du sceau dont Louise de Marillac se servait avant 1644

3). Pierre Séguier.

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Madame de Verthamon que vous et les dames serez demain ici. Je crains qu’elle se fâche, cela n’étant point, à cause qu’elle a demandé aux dames quand cela serait.

Suscription : A Monsieur Monsieur Vincent.
471, — LA MARQUISE DE MAIGNELAY (1) A SAINT VINCENT

Monsieur,

Il y a quelque temps, j’écrivis à Mademoiselle Poulaillon pour savoir de Mademoiselle Le Gras si elle pourrait faire la charité de donner quelque bonne maîtresse d’école pour les filles de ce lieu. (2) Mais l’on eut désire qu’elle eut pu leur faire apprendre un métier, parce que les habitants de ce lieu, si ce n’est cette condition, se rendront difficiles à les ôter de chez un maître d’école, où il ne leur coûte guère et où elles apprennent avec les garçons. C’est une chose aussi dange-
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