417. — A louise de marillac, a angers


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Lettre 450 — L a Dossier des Filles de la Charité, original..

1) Dates extrêmes du séjour de Louise de Marillac à La Chapelle,

Lettre 451. — Abelly, op. cit., 1. II, chap. VII, 1er éd., p. 316.

1). Il y avait en 1626 quatre ans que sainte Chantal était revenue de Paris ; la lettre ne peut être antérieure à cette date ; d’autre part, la sainte mourut en 1641. La lettre est plus probablement de 1640, car cette année-là saint Vincent eut la pensée d’aller à Annecy (cf I 452), et nous ne voyons pas qu’en un autre temps il ait formé projet semblable.

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452. — A FRANÇOIS DU COUDRAY

De Paris, ce 17 juin 1640.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Nous envoyons tout ce que nous avons pour les religieux et pour les religieuses (1) Vous verrez par celle que j’écris à M. de Villarceaux (2), que vous cachetterez, le sentiment de Madame la duchesse d’Aiguillon sur le sujet de la distribution. Il sera bon peut-être que vous [la] lui apportiez.

Mathieu (3) vous apporte votre petit fait, et ajusterez votre dépense à cela ; et pour les deux mille livres que vous avez reçues de M. de Saint-Nicolas (4) pour les religieuses, au nom de Dieu, Monsieur, n’en divertissez rien à autre usage, sous quelque prétexte de charité que ce puisse être. Il n’y a point de charité qui ne soit accompagnée de justice, ni qui nous permette de faire plus que nous pouvons raisonnablement. Je ne vous dis rien de l’affaire de M. Fl [eury] s, sinon

Lettre 452. — L. a. — Dossier de Turin, original.

1). Nous lisons à la fin d’une attestation signée le 20 décembre 1639 par les Dominicaines du grand couvent de Toul : «Nous pouvons dire et nous disons avec tout le diocèse de Toul : Béni soit Dieu, qui nous a envoyé ces anges de paix, dans un temps si calamiteux, pour le bien de cette ville et la consolation de son peuple» et pour nous en particulier, «à qui ils ont fait et font encore tous les jours des charités de leurs biens nous donnant du blé, du bois, des fruits, subvenant ainsi à notre grande nécessité !» (Collet, op. cit., t. I, p. 291.)

2). Anne Mangot, seigneur de Villarceaux, intendant des trois évêchés, mort maître des requêtes le 10 avril 1655.

3). Le frère Mathieu Régnard.

4). Probablement Georges Froger, curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris

5). François de Fleury.

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que je suis bien aise qu’il en confère avec M. Midot et que vous comptiez avec lui de gré à gré de vos différends, tandis que M. le président de Trélon (6) est de delà, qui pourra modérer les petites chaleurs. Il serait à souhaiter que ces Messieurs agréassent que les choses fussent remises au premier état ; mais la Providence en ayant disposé autrement par ce bon et saint prélat défunt (7), il se faut soumettre, joint qu’il n’est point à espérer que la justice en dispose autrement, ni expédient de le tenter.

Les visites que j’ai faites jusqu’à présent à Richelieu (8) et à Troyes (9) se sont faites avec tant de fruit et de bénédictions que j’ai vu la vérité de ce qu’on dit des Chartreux, qu’entre les moyens par lesquels ils se conservent en leur première observance est la visite annuelle. 1° Cela a fait que j’ai pensé qu’il est expédient que nous fassions les nôtres tous les ans, et pour cela, ne pouvant aller moi-même en personne pour les faire en Lorraine, j’y envoie M. Dehorgny, dont vous connaissez la simplicité, la piété et son exactitude à l’observance du petit règlement de la maison. Je vous supplie, Monsieur, de le recevoir en cette qualité et de lui avoir la même confiance qu’en moi-même. Vous savez que c’est vous qui le nous avez donné, et la reconnaissance qu’il en a et de plus l’estime qu’il a de vous. J’espère que vous ferez en sorte que chacun de la maison profite de cette action, qui ne se fait jamais sans grand fruit et bénédiction.

Je viens d’envoyer M. Lambert à notre maison de La Rose à même fin et espère d’aller faire le même, vers le milieu de l’automne, à l’égard de Troyes, Genève et des autres lieux, si Dieu me donne santé pour cela. Il im-

6). Neveu du commandeur de Sillery.

7). Charles Chrétien de Gournay, mort le 4 septembre 1637.

8). En novembre 1638 et en novembre 1639.

9). En juillet 1639.

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porte que ledit sieur ne soit point connu a Toul pour celui qu’il est, pour beaucoup de raisons. Il vous dira nos petites nouvelles et comme je vous embrasse en esprit avec toute l’humilité et l’affection qui m’est possible et que je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur du Coudray, prêtre de la Mission, en la maison du Saint-Esprit, à Toul.
453. — A LA MÈRE FRANÇOISE-ELISABETH PHELIPPEAUX (1)

Saint-Lazare, ce dernier de juin 1640,

Ma chère Mère,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Si la profession de notre chère sœur de Chaumont (2)

Lettre 453. — L. a. — Original communiqué par M. Ie baron Bich, d’Aoste

1). La Mère Françoise Élisabeth Phelippeaux de Pontchartrain était entrée, dès l’âge de seize ans, au premier monastère de la Visitation. Elle en avait trente quand fut fondé l’établissement de Saint-Denis, dont elle fut la première supérieure (30 juin 1639 - 5 juin 1642). Son triennat fini, elle revint au couvent de la rue Saint-Antoine. Elle laissait à Saint-Denis une communauté petite encore, mais bien fervente. Elle resta au monastère du Chaillot de 1653 à 1655 et fut envoyée à la Madeleine comme supérieure en 1665. Le chroniqueur des monastères de la Visitation écrit à son sujet (Histoire chronologique, p. 561) : «Elle ne respirait que Dieu et sa gloire et sa perfection dans une ferveur si extraordinaire qu’elle ne pouvait concevoir qu’une fille suivant exactement tous les exercices de la règle fût capable d’avoir de la peine. Elle était comme un vrai séraphin, toute brûlante d’amour à la tête de sa petite communauté, qu’elle conduisait comme un autre Moïse dans son petit désert». Elle mourut le 2 juillet 1674.

2) Marie de Chaumont, fille de Louis de Chaumont, seigneur d’Athieules, et de Marie de Bailleul, dame d’honneur d’Anne d’Autriche et sœur de Nicolas de Bailleul, surintendant des finances.

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se peut faire samedi prochain, jour de votre saint fête (3), j’espère que Notre-Seigneur me fera la grâce de vous aller servir, ou bien le lendemain dimanche ; sinon, je ne le puis lundi, pource que j’ai donné parole de servir la petite Chandenier (4), qui doit prendre l’habit ce jour-là à votre maison du faux bourg, et mardi nous avons notre assemblée d’ecclésiastiques (5) ; et je pense que je pourrai partir mercredi pour mon voyage de quinze ou vingt jours (6). Je ferai néanmoins ce que je pourrai pour attendre un jeudi, s’il est nécessaire ; car Dieu sait de quel cœur je désire servir cette chère enfant et combien je suis, en son amour, ma chère Mère, votre très humble et obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Suscription. A ma Mère la supérieure de la Visitation Sainte-Marie de Saint-Denis, à Saint-Denis.

4). La famille de Rochechouart de Chandenier donna au second monastère de la Visitation de Paris trois de ses membres. Marie-Louise, Catherine-Henriette et Marie-Henriette, petites-nièces du cardinal de La Rochefoucauld et sœurs des deux abbés de Chandenier qui furent si intimement liés à saint Vincent. Marie-Louise et Catherine-Henriette passèrent au troisième monastère lors de sa fondation, et après treize ans revinrent ensemble au second. Marie-Louise avait eu le bonheur de faire profession devant sainte Jeanne de Chantal en 1635. Elle mourut en prédestinée le 3 janvier 1694 à l’âge de soixante-quatorze ans. (Année sainte, t. I. pp 40-54) Marie-Henriette fut élue supérieure quatre fois, en 1670, 1673, 1691 et 1694. Nous lisons dans l’Histoire chronologique, t. II, p. 445 : «Notre très honorée Mère Marie-Henriette de Chandenier nous a gouvernées avec tant de prudence et de modération qu’elle nous a toujours paru un rare exemple de toutes les vertus, incessamment unie à Dieu, tranquille dans tous les événements, zélée sans témérité pour maintenir l’observance. Nous avons éprouvé plus de neuf ans le bonheur de sa conduite. dont nous jouissons encore à présent avec beaucoup de plaisir, le quatrième triennat n’étant pas encore fini».

5) Pour la conférence dite des mardis.

6) Ce voyage ne se fit pas ou du moins fut retardé ou raccourci.

7) Le monastère de Saint-Denis fut fondé par la Mère Hélène-Angélique Lhuillier, supérieure du premier monastère de Paris, grâce à l’appui de la reine Anne d’Autriche, malgré l’opposition des habi-

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454. — JEAN DEHORGNY A SAINT VINCENT

[Saint-Mihiel, juin ou juillet 1640] (1)

le vous dirai, Monsieur, des choses admirables de cette ville qui sembleraient incroyables, si nous ne les avions vues. Outre tous les pauvres mendiants dont j’ai parlé, la plus grande partie des habitants de la ville et surtout la noblesse endurent tant de faim que cela ne se peut exprimer ni imaginer, et ce qui est le plus déplorable est qu’ils n’en osent demander. Il y en a quelques-uns qui s’enhardissent, mais d’autres mourraient plutôt. Et j’ai moi-même parlé à des personnes de condition qui ne font incessamment que pleurer pour cette occasion.

Voici une autre chose bien plus étrange. Une femme veuve n’ayant plus rien ni pour elle, ni pour ses trois enfants, et se voyant réduite à mourir de faim, elle écorcha une couleuvre et la mit sur les charbons pour la rôtir et la manger, ne pouvant avoir autre chose. Notre confrère qui réside ici en ayant été averti, y accourut, et, ayant vu cela y mit remède.

Il ne meurt aucun cheval dans la ville, de quelque maladie que ce soit, qu’on ne ravisse incontinent pour le manger, et il n’y a que trois ou quatre jours qu’il se trouva une femme à l’aumône publique qui avait de cette chair infecte plein son devantier, qu’elle donnait aux autres pauvres pour de petits morceaux de pain.

Une jeune demoiselle a été pendant plusieurs jours dans la délibération de vendre ce qu’elle avait de plus cher au monde pour avoir un peu de pain, et en a même cherché plusieurs fois les occasions. Dieu soit loué et remercié de ce qu’elle ne les a pas trouvées et qu’elle est à présent hors de danger !

Un autre cas fort déplorable est que les prêtres, que sont

tants et d’Armand de Bourbon, prince de Conty. Saint Vincent en fut le premier supérieur. A ce que rapporte l’auteur de la notice consacrée à ce monastère dans l’Histoire chronologique, p. 529, le saint disait ne respirer que Dieu lorsqu’il entrait au couvent de Saint-Denis, où, déclarait-il «l’esprit de l’Institut fleurissait dans sa première ferveur»

Lettre 454 Abelly, op. cit., 1. II, chap. XI, sect. 1, 1er éd., p 381

1). L’année est donnée par Abelly ; d’autre part, Jean Dehorgny ne passa en Lorraine qu’une partie des mois de juin et de juillet. (Cf. lettres 452 et 459.)

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tous, Dieu merci, de vie exemplaire, souffrent la même nécessité et n’ont pas de pain à manger ; jusque-là qu’un curé, qui est à demi-lieue de la ville, s’est réduit à tirer la charrue, étant attelé avec ses paroissiens à la place des chevaux. Cela n’est-il pas déplorable, Monsieur, de voir un prêtre et un curé réduit en cet état ? Il ne faut plus aller en Turquie pour voir les prêtres condamnés à labourer la terre, puisqu’ils s’y réduisent eux-mêmes à nos portes, y étant contraints par la nécessité.

Au reste, Monsieur, Notre-Seigneur est si bon qu’il semble avoir privilégié Saint-Mihiel de l’esprit de dévotion et de patience ; car parmi l’indigence extrême des biens temporels, ils sont si avides des spirituels qu’il se trouve au catéchisme jusqu’à deux mille personnes pour l’entendre ; c’est beaucoup pour une petite ville où la plupart des grandes maisons sont désertes. Les pauvres mêmes sont fort soigneux d’y assister et de se présenter aux sacrements. Tous généralement font une estime non pareille du missionnaire qui est ici, qui les instruit et les soulage ; et tel s’estime heureux de lui avoir parlé une fois. Aussi s’emploie-t-il avec grande charité et beaucoup de travail à ces frontières. Il s’est même laissé tellement accabler des confessions générales et du défaut de nourriture qu’il en a été malade.

Je me suis étonné comment, avec si peu d’argent qu’il reçoit de Paris, il pouvait faire tant d’aumônes et en général et en particulier ; c’est où je vois manifestement la bénédiction de Dieu, qui fait multiplier le bien ; et il m’est souvenu de ce que la Sainte Écriture dit de la manne que chaque famille en prenait une même mesure et qu’elle suffisait pour tous, soit qu’ils fussent plus ou moins de personnes ; pour la recueillir. Je vois ici quelque chose de semblable, car nos prêtres qui ont plus de pauvres. n’en donnent pas moins et ne sont en reste de rien.
455. — JEAN DEHORGNY A SAINT VINCENT

Bar-le-Duc, juillet 1640.

Premièrement, toutes les semaines nos missionnaires donnent du linge à quantité de pauvres, et particulièrement des chemises, ils retirent les vieilles pour les taire blanchir, ac

Lettre 455 — Abelly, op. cit., 1. II, chap. XI, sect. 1, 1er éd., p. 383.

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commoder et servir à d’autres, ou bien les mettent en pièces pour panser les blessés ou ulcérés.

Secondement, ils pansent eux-mêmes ici quantité de malades de la teigne ; il y en avait ci-devant pour l’ordinaire vingt-cinq, et il en reste encore douze. Cette maladie est fort commune par toute la Lorraine ; car en toutes les autres villes, il y en a à proportion, et ils sont, Dieu merci, partout pansés fort soigneusement et charitablement, en telle sorte que tous en guérissent par un remède très souverain que nos frères ont appris.

Et en troisième lieu, nos prêtres d’ici font une dépense considérable, mais très utile, pour recevoir les pauvres passants ; car nos missionnaires qui sont à Nancy, à Toul et en d’autres lieux, leur adressent fort souvent des troupes de pauvres pour les envoyer en France, à cause que cette ville est la porte de la Lorraine, et ils leur fournissent leur nourriture et quelque argent pour leur voyage.
456. — A FRANÇOIS DU COUDRAY

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Voici Mathieu qui vous a porté votre fait. Nous apprendrons par M. le président (1) l’état de l’affaire de M. de Fleury et verrons.

Je vous ai écrit qu’il est nécessaire que vous fassiez les distributions par l’ordre de M. de Villarceaux et le fassiez faire de même. J’estime que vous avez cet ordre signé de lui et que vous le suivrez exactement. C’est, Monsieur, de quoi je vous prie très humblement, et de retirer acquit de chaque monastère de ce que vous leur

Lettre 456. — L. aOriginal chez les prêtres de la Mission de la maison Saint-Sylvestre à Rome.

1). Le président de Trélon, neveu du commandeur de Sillery. (Cl 1. 452.)

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donnerez (2). Et pour les distributions à faire aux autres villes où il y a des personnes de la compagnie, vous leur inculquerez cela, qu’ils suivent entièrement l’ordre que vous a donné mondit sieur de Villarceaux et qu’ils retirent quittance de tout ce qu’ils donneront, pource qu’il nous en faut compter, que, sous quelque prétexte que ce soit, l’on n’en divertisse ni applique ailleurs pas une maille. Et vous m’enverrez, s’il vous plaît, par le frère Mathieu une copie de l’état, signée de M. de Villarceaux et de son ordonnance, s’il y en a, et me manderez tous les mois les sommes que vous aurez distribuées ou donné ordre qu’on distribue aux autres lieux. Jamais il ne s’est vu un plus grand ordre que celui qu’on requiert et qu’on observe. Vous ne me dites rien du nombre des pauvres des champs retirés dans la ville ou au faux bourg, auxquels vous distribuez. Je fais voir cela à ces bonnes dames, tous les mois, de tous les autres lieux. Il n’y a que Toul dont je ne leur ai pas fait voir il y a assez longtemps. Et cela les console fort. Nous employâmes, samedi passé, deux ou trois heures à voir les autres lettres, dont elles étaient ravies de consolation.

Voilà, Monsieur, ce que je vous dirai pour le présent, sinon que je vous prie d’avoir soin de votre santé ; et cela, je le vous demande avec toute l’affection qui m’est possible par Notre-Seigneur, en l’amour duquel et de celui de sa sainte Mère, je suis, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL,

prêtre indigne de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur du Coudray, prêtre de la Mission à la maison du Saint-Esprit de Toul, à Toul.

2) les archives des prêtres de la Mission possèdent encore plusieurs de ces reçus, tous de l’année 1647.

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