417. — A louise de marillac, a angers


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445. — A JEAN DE FONTENEIL

De Paris, ce 1er de mai 1640.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je rends grâces à Dieu de la bénédiction qu’il verse incessamment sur votre compagnie et sur vos travaux, et vous supplie très humblement, Monsieur, de le prier pour la rémission de mes péchés et pour bien mourir.

Votre bonté me donne la confiance de vous importuner trop souvent ; j’en diminuerai, quand il vous plaira. Je vous supplie, Monsieur, d’ajouter ce bienfait à tous les précédents, qui est de faire tenir les paquets ci-inclus à Bayonne et à Dax sûrement et au plus tôt et de vous servir de moi en récompense.

Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, à vous, à Messieurs de Cruseau et à tous ceux de votre sainte com-

Lettre 445 — L a — Dossier Turin, original.

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pagnie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Je vous supplie, Monsieur, de faire tenir le paquet ci inclus à M. Benoît (1), à Notre-Dame de la Rose, près de Sainte-Livrade (2).

Suscription. A Monsieur Monsieur de Fonteneil, chanoine de Saint-Seurin de Bordeaux, à Bordeaux.
446. — A SAINTE JEANNE DE CHANTAL

De Paris, ce 14 mai 1640.

Ma très digne et très aimable Mère,

Je ne puis assez humblement ni affectionnément vous remercier de toutes les bontés les non pareilles que vous exercez incessamment vers nos missionnaires et vers moi. Je prie Notre-Seigneur qu’il en fasse l’office lui-même, ma chère Mère, et qu’il soit votre récompense. Vous leur donnez des meubles, ma chère Mère ; plaise à la bonté de Dieu se faire lui-même l’ameublement et l’ornement précieux de votre chère âme, à ce qu’elle brille comme un soleil au ciel comme en la terre ! Nous sommes en demeure, comme toujours, et en défaut de ne vous avoir écrit plus tôt. L’unique cause, si me semble, en est l’attente de vous écrire la résolution dernière du visiteur, et cela de semaine en semaine ; mais [les difficultés] (1)

1). Benoît Bécu.

2) Sainte-Livrade est aujourd’hui chef-lieu de canton dans le Lot-et-Garonne.

Lettre 446. — L. a. — Original au couvent de la Visitation de Montluel

1) mots de lecture douteuse.

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et l’importance de l’affaire tiendront encore en suspens pour huit ou dix jours seulement (2). Nous avons pensé qu’il est expédient cependant de vous dire, ma chère Mère, que M. le commandeur vous enverra M. Roton, son aumônier, dans dix ou douze jours au plus tard, avec la dernière résolution qu’il doit prendre avec Monseigneur l’archevêque de Sens. Et pource que mondit sieur le commandeur vous expliquera succinctement l’état de la chose, je ne vous en dirai rien, sinon : 1° que nous reconnaissons de plus en plus l’utilité du visiteur pour visiter dans la nécessité ; 2° que nous pensons qu’il est expédient qu’il ait le pouvoir que les saints canons attribuent à un visiteur, indépendamment des Ordinaires, et qu’il en use, néanmoins sans rien changer aux règles, avec tous les respect, circonspection et déférence possibles ; 3° que si vous, ma chère Mère, écrivez aux… qu’ils en ont usé de même ou, pour le moins, quelques-uns que je connais, à l’égard de la congrégation des filles de Notre-Dame (3), sur le bruit d’une bulle que leur fondatrice fit écrire pour quelque chose se rapportant au fait dont est question ; 4° que le remède unique est que… ; 5° qu’il servit plus expédient de laisser les choses comme elles sont et les commettre à la conduite de la sainte providence que d’en user autrement ; 6° que notre digne Mère est celle seule à laquelle l’on pense que Notre-Seigneur fera connaître sa sainte volonté, comme à la fondatrice de ce saint Ordre, sa divine bonté étant telle de commu-

2). Saint Vincent, le commandeur de Sillery et Octave Saint-Lary de Bellegarde, archevêque de Sens, avaient mission d’étudier ensemble deux questions de haute importance pour l’Ordre de la Visitation : s’il convenait d’établir des visiteurs, et, dans le cas où on les établirait, comment délimiter leurs pouvoirs.

3). Les sœurs hospitalières de la Charité de Notre-Dame, fondées à Paris en 1624 par la Mère Françoise de la Croix. L’autorité ecclésiastique, avant d’approuver leurs constitutions, en avait confié l’examen à saint Vincent, au Père Sinet et au Père Vigier.

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niquer aux personnes de cette qualité les lumières importantes sur l’œuvre qu’il leur a commis.

Voilà, ma chère Mère, les pensées dans lesquelles nous sommes et desquelles nous devons conférer pleinement auparavant avec Monseigneur l’archevêque de Sens (1).

J’ai fait la visite à la ville et au faux bourg s. Je vous en dirai l’état par celle que je vous écrirai par Monsieur Roton.

Je reviens à vos missionnaires (6) et vous dirai, ma chère Mère, qu’il me semble que Dieu vous a donné un discernement en une seule vue aussi claire que si vous les aviez élevés. O ma chère Mère ! que vous êtes ma mère et la leur, et que je les estime heureux du bonheur qu’ils possèdent auprès de vous, et que je le suis aussi de ce que votre charité a tant de bonté pour moi, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur, ma très digne Mère, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A ma R. Mère ma R. Mère de Chantal, supérieure du premier monastère d’Annecy.

4). On a cherché à rendre illisibles sur l’original, en les surchargeant de ratures, les lignes qui précèdent, depuis L’unique cause, si me semble. Nous avons omis deux passages que nous n’avons pu déchiffrer.

5). Aux monastères de la ville et du faubourg.

6). Les prêtres de la Mission d’Annecy.
Voir les lettres de Jeanne de Chantal à saint Vincent sur l’affaire du “Visiteur apostolique de la Visitation”, dans ce dossier.

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447. — SAINTE JEANNE DE CHANTAL A SAINT VINCENT

Vive Jésus !

[Annecy, mai 1640] (1)

Mon très cher Père,

Nous avons reçu la votre du 14 mai assez tard. Croyez que l’affection et désir que Dieu nous a donnés de chérir et servir vos chers enfants ne produisent aucun [effet] comparable à notre dilection, qui voudrais bien avoir le pouvoir d’en faire davantage ; mais ils sont si bons qu’ils font état de peu de chose. Au reste, la sainte édification et utilité de leur vie, leurs fonctions continuelles à la très grande gloire de Dieu et profit des âmes font dire à chacun qu’ils sont envoyés de Dieu et que M. Codoing a l’esprit de Dieu.

Notre très bon Père M. le commandeur (2) m’écrit que, si l’on veut, il fera que la maison de Troyes fournisse encore deux Pères et un frère. Dieu sait si de bon cœur Mgr de Genève (3) l’acceptera, car ce diocèse est de quatre cent cinquante-cinq paroisses catholiques et cent quarante-cinq que les hérétiques tiennent, qui font six cents, mais grandes paroisses et très populeuses. Aussi M. Codoing dit qu’il faut quatre ans pour faire le tour. Voyez, mon très cher Père si l’accroissement à ce bienfait ne sera pas utilement employé. Vos chers enfants sont ravis de trouver un peuple si bien disposé la gloire en soit à la très Sainte Trinité ! Oh ! la grande couronne qui vous attend, mon très cher Père et notre très cher Père ! M. le commandeur, par le bon emploi qu’il fait de ces fidèles ouvriers ! Je pense que cette mission ici mettra plus d’âmes en paradis que plusieurs autres moyennant la divine grâce.

Lettre 447. — Sainte Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal sa vie et ses œuvres, t. VIII, p. 282, lettre 1709.

1). Cette lettre répond à celle du 14 mai.

2). Le commandeur de Sillery.

3.) Juste Guérin.
Voir les lettres de Jeanne de Chantal à saint Vincent sur l’affaire du “Visiteur apostolique de la Visitation”, dans ce dossier.

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448. — A LOUIS LEBRETON

De Paris, ce 1er de juin 1640.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je reçus hier trois de vos lettres à la fois, l’une du second et l’autre du troisième dimanche d’après Pâques et l’autre du 18 d’avril, si me semble. Voici succinctement la réponse à toutes trois.

Je loue Dieu et ai une consolation inexplicable de tout ce que Notre-Seigneur fait par vous de delà, quoique nous n’ayons encore ce que vous demandez pour nos affaires ; mais béni soit Dieu de ce qu’il ne l’a pas agréable et de tout le bien que vous faites parmi tout cela ! Que si la chose principale ne se peut pendant ce pontificat (1), in nomine Domini !

Je rends grâces à Dieu cependant de ce que Monseigneur le vice-gérant vous a donné permission verbale d’acheter une maison dans Rome et vous y établir. Il me semble que ceux-là ont raison qui souhaitent que vous ne soyez pas en mauvais air, ni si éloignés. Je vous supplie, Monsieur, de faire attention à l’un et à l’autre, surtout au premier. Il faut se passer à peu au commencement. Si nous pouvons vous envoyer quatre mille livres pour cela, ce sera tout. Le titre de la chapelle sera de la très Sainte Trinité, s’il vous plaît, et la maison se pourra appeler de la Mission.

Voyez-vous de l’inconvénient à prendre la charité qu’on vous fera pour les messes ? Il me semble que je n’en vois point à visiter les pauvres malades d’alentour,

Lettre 448. — L. a. — Dossier de Turin, original.

1) Le pontificat d’Urbain VIII (1623-1644).

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ni à vous offrir à M. le vice-gérant à recevoir les ecclésiastiques pour la retraite et pour les cérémonies ; mais cela avec le temps, quand vous aurez le renfort que je vous enverrai, lorsqu’effectivement j’apprendrai que vous avez une maison. Si la chose presse pour cela, vous prendrez l’argent de M. Marchand et nous le rendrons ici ; sinon, je tâcherai de le faire bailler à Monseigneur le nonce ou à M. Mazarini (2).

Je n’ai encore vu mondit seigneur le nonce, pour des raisons d’importance que je ne vous puis écrire, et ne le pourrai voir moi-même que les affaires de deçà et de delà ne soient accommodés. Je tâcherai de le faire voir cette semaine par une personne qui le voit souvent, qui me l’a promis et l’aurait déjà fait, n’était qu’il revient des champs.

Que vous dirai-je de la proposition de Monseigneur Ingoli (3) ? Rien certes, Monsieur, sinon que je la reçois avec toute la révérence et l’humilité qui m’est possible, comme venant de Dieu ; que nous ferons notre possible pour l’embrasser ; mais que nous n’avons en l’une ni en l’autre des deux compagnies aucun du comtat d’Avignon, et que néanmoins il me semble qu’il est absolument nécessaire que l’évêque et les deux autres qui le doivent accompagner soient de même compagnie.

2). Jules Mazarin, né à Pescina, dans l’Abruzze, en 1602, avait dans sa jeunesse étudié en Espagne et servi dans l’armée du Pape. A peine entré dans l’état ecclésiastique (1632), il fut investi de charges importantes. Vice-légat d’Avignon (1634), puis nonce en France (1634-1636), il montra dans ces fonctions l’habileté et la souplesse des plus fins diplomates. Avant de mourir, Richelieu le recommanda au roi Louis XIII.

3). Nous pensons qu’il est ici question de la Mission de Perse. C’est en effet en juin 1640 que le nouvel évêque de Babylone, Jean Duval, en religion Bernard de Sainte-Thérèse, de l’ordre des carmes déchaussés, quitta la France à destination d’Ispahan, où il arriva le 7 juillet avec trois religieux de son Ordre. Mgr Ingoli, secrétaire de la Propagande, avait demandé à saint vincent de donner au prélat deux auxiliaires.

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Depuis ce qui est ici dessus écrit, j’ai été célébrer la sainte messe. Voici la pensée qui m’est venue : c’est que, le pouvoir d’envoyer ad gentes résidant en la personne de Sa Sainteté seule sur la terre, il a pouvoir par conséquent d’envoyer tous les ecclésiastiques par toute la terre, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, et que tous les ecclésiastiques ont obligation de lui obéir en cela ; et selon cette maxime, qui me semble vraisemblable, j’ai offert à Dieu cette petite compagnie à sa divine Majesté pour aller là où Sa Sainteté ordonnera. Je pense pourtant, comme vous, qu’il est nécessaire que Sa Sainteté ait agréable que la direction et la discipline des envoyés [soit] au supérieur général, avec la faculté de les rappeler et d’en envoyer d’autres à leur place, en sorte néanmoins qu’ils seront à l’égard de Sa Sainteté comme les serviteurs de l’Évangile à l’égard de leur maître et que leur disant : allez là, ils seront obligés d’y aller ; venez ici, ils viendront ; faites cela, qu’ils seront obligés de le faire. Nous en avons peu en la compagnie qui aient les talents qu’il faut pour une mission d’une telle importance ; il y en a néanmoins quelques-uns (4), par la miséricorde de Dieu.

Je n’ai pu parler à Son Éminence (5) de l’affaire de M. Le Bret ; j’en entretiendrai Madame la duchesse d’Aiguillon, sa nièce. Je salue mondit sieur Le Bret avec tout le respect qui m’est possible et suis son très humble serviteur et le vôtre.

VINCENT DEPAUL.

Suscription. A Monsieur Monsieur Marchand, banquier de la cour de Rome, pour faire rendre, s’il lui plaît,

4). Saint Vincent a surtout en vue, croyons-nous, Lambert aux Couteaux, qu’il proposera nommément plus tard pour la coadjutorerie de Babylone.

5). Le cardinal de Richelieu.

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à Monsieur Monsieur Lebreton, prêtre de la Mission, à
449 — JUSTE GUÉRlN, ÉVÊQUE DE GEVÊVE, A SAINT VINCENT

Juin 1640.

Plut au bon Dieu que vous pussiez voir le centre de mon cœur, car véritablement je vous aime et honore de toute l’étendue de mon affection et je me confesse le plus obligé de tous les hommes du monde à votre charité, par les grands bienfaits et par les fruits que Messieurs les missionnaires, vos chers enfants en Dieu, font en notre diocèse, qui sont tels que je ne puis les exprimer ; et ils ne sont pas croyables, sinon à celui qui les voit. J’en ai été témoin oculaire à l’occasion de la visite que j’ai commencée après Pâques Tout le monde les aime. les chérit et les loue. unanimement. Certes, Monsieur leur doctrine est sainte et leur conversation aussi. Ils donnent à tous une très grande édification par leur vie irréprochable. Quand ils ont achevé leur mission en un village, ils en partent pour aller en un autre, et le peuple les accompagne avec larmes et pleurs, en disant : «O bon Dieu ! que ferons-nous. Nos bons Pères s’en vont», et par plusieurs jours les vont encore trouver aux autres villages.

L’on voit des personnes des autres diocèses venir pour se confesser à eux et des conversions admirables qui se font par leur moyen. Leur supérieur (1) a de grands dons de Dieu et un merveilleux zèle pour sa gloire et pour le salut des âmes. Il prêche avec grande ferveur et avec grand fruit. Certes, nous sommes extrêmement obligés à M. le commandeur de Sillery d’avoir pourvu à leur entretien. Oh ! combien admirable est la divine Providence d’avoir inspiré suavement dans le cœur de ce bon seigneur d e nous procurer ces ouvriers évangéliques ! C’est le bon Dieu qui a fait tout cela, sans qu’il y soit intervenu aucune persuasion humaine, ayant égard à notre besoin et au mauvais voisinage où nous sommes d e la misérable ville de Genève.

Lettre 449 — Abelly, op cit, I II chap I, sect II $ 4, 1er éd p 34

1) Bernard Codoing

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450. — A LOUISE DE MARILLAC

[Entre 1636 et 1641] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Notre Seigneur soit avec vous pour jamais !

Voici une bonne fille qui vient de trente-deux lieues d’ici pour voir si elle sera propre pour la Charité. Je vous prie de la considérer. Celui qui l’accompagne est son père, qui l’amène exprès ; et moi je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, v. s.

V. D.

Suscription. A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras, à La Chapelle.
451. — SAINTE JEANNE DE CHANTAL A SAINT VINCENT

[Annecy, entre 1626 et 1641] (1)

Hélas ! mon vrai et très cher Père, serait-il bien possible que mon Dieu me fit cette grâce de vous amener en ce pays ! Ce serait bien la plus grande consolation que je pusse recevoir en ce monde ; et il m est avis que ce serait par une spéciale miséricorde de Dieu sur mon âme, qui en serait soulagée non pareillement, comme il me semble, en quelque peine intérieure que je porte il y a plus de quatre ans et qui me sert de martyre.
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