417. — A louise de marillac, a angers


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434. — A LOUIS LEBRETON

De Saint-Lazare-lez-Paris, ce 1er de mars 1640.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai reçu ici à deux heures la vôtre du 28 janvier ; elle me parle : 1° de notre principal affaire (1) ; 2° de ce que M. Le Bret a fait avec M. le vice-gérant pour votre établissement ; 3° ce que vous me dites des églises dont l’on vous parle et du logement ; 4° de l’offre que vous fait ce bon chanoine de la Rotonde ; 5° des expéditions que je vous ai demandées pour des empêchements du mariage ; et enfin de ce qui s’est passé avec Monseigneur le cardinal de Bagni.

Or, je vous dirai, pour le premier, que je pense que vous ferez bien de ne pas perdre temps à notre principal affaire selon la modification ou changement que je vous ai mandé par celle du 10 décembre, de laquelle vous me faites mention. Son Éminence (2) m’a fait dire que, quand l’état des choses serait un peu changé, qu’elle en pourra écrire. Vous ne laisserez pas néanmoins de proposer la chose en la manière qu’elle est et dont je vous prie m’envoyer le projet.

Quant au second point, je suis bien consolé de ce que

dix-huit dangers auxquels il échappa, (Collet, op cit, t I, p 319, en note

Lettre 434 — L a, — Dossier Turin original

1) L’affaire des vœux

2) Le cardinal de Richelieu

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vous me mandez que M. Le Bret a fait avec M. le vice-gérant, et pense que vous ferez bien de n’y pas perdre le temps.

Quant aux églises et logement, nous sommes trop pauvres pour entendre à Notre-Dame de Lorette. Je pense qu’il s’en faudra tenir à ce que je vous ai écrit, d’acheter un hospice à petit prix, en sorte néanmoins qu’il y ait un jardin et qu’il soit en quelque endroit où l’on se puisse étendre avec le temps.

Mon Dieu ! que ferons-nous pour le change ? Je m’enquerrai si l’on pourra envoyer l’argent par quelque vaisseau de Marseille ; faites-en de même.

Je vois de grandes difficultés à l’offre de la Rotonde ; remerciez-en affectueusement ce bon seigneur qui la nous fait.

Je vous écrirai ci-après touchant les expéditions pour les mariages invalides.

Je vous supplie cependant de dire à Monseigneur le cardinal Bagni ce que j’ai eu le bonheur de lui dire d’autrefois, que j’espère qu’il approuvera un jour ce que nous demandons.

Cependant je vous prie, Monsieur, comme j’ai fait par ma précédente, d’observer exactement notre petit règlement à l’égard de ne nous jamais entretenir des affaires d’État, et de mortifier la curiosité de savoir et de s’entretenir des affaires du monde. Un de nos frères, qui va et vient pour porter l’argent en Lorraine pour les pauvres, m’a dit qu’il est ravi de consolation, quand il est céans, de n’y jamais ouïr parler de nouvelles et qu’il est fort étonné de voir l’usage contraire dans les religions (3) où il passe ; et M. du Coudray m’a écrit la même

3) Religieux, communauté religieuse

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chose de Toul et qu’il faut tenir cette pratique précieuse et l’observer.

Bon jour, Monsieur. Je suis v. s.

VINCENT DEPAUL,

prêtre de la Mission.

Suscription : A Monsieur Monsieur Lebreton, prêtre de la Mission, à Rome.
435. — UN PRÊTRE DE LA MISSION A SAINT VINCENT

Saint-Mihiel, mars 1640.

IL s’est trouvé, à la dernière distribution de pain que nous avons faite, onze cent trente-deux pauvres, sans les malades, qui sont en grand nombre et que nous assistons de nourriture et de remèdes propres. Ils prient tous pour leurs bienfaiteurs, avec tant de sentiments de reconnaissance, que plusieurs en pleurent de tendresse, même des riches qui sont touchés de ces choses. Je ne crois pas que ces personnes, pour qui l’on offre à Dieu tant et de si fréquentes prières, puissent périr. Messieurs de la ville louent grandement ces charités, disant hautement que plusieurs fussent morts sans ce secours et publiant l’obligation qu’ils vous ont. Un pauvre Suisse abjura ces jours passés, son hérésie de Luther et, après avoir reçu les sacrements, mourut fort chrétiennement.
436. — A UN PRÊTRE DE LA MISSION

[Avant 1642] (1)

A la demande qui lui est faite, s’il y a lieu de solliciter, à la fin des missions, des attestations du travail accompli et des fruits obtenus, le saint répond

«…qu’ils feraient bien de n’en demander pas, qu’il suffisait que Dieu connût leurs bonnes œuvres et que les

Lettre 435 — Abelly, op cit, I II, chap XI, sect I 1er éd, p 380

1) Celui qui a écrit la lettre 430

Lettre 436 — Collet, op cit, t I p 292

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pauvres fussent soulagés, sans en vouloir produire d’autres témoignages (1)".
437. — A LOUISE DE MARILLAC

[Entre 1638 et 1650] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je me crains que vous ne puissiez refuser la charité que cette pauvre femme requiert de vous, sans quelque espèce de manque de la charité à votre prochain. Cela ne vous obligera pas, si me semble, à nourrir l’enfant à l’extrémité. Il le faudra faire mettre aux Enfants trouvés ; ou, si la mère prend quelque petit nourrisson de qualité, elle fera nourrir le sien aux champs pour la moitié moins. Enfin Dieu y pourvoira, et à votre fils aussi, sans que vous vous laissiez emporter à l’appréhension de ce qu’il deviendra. Donnez l’enfant et la mère à Notre-Seigneur. Il vous rendra bon compte de vous et de votre fils. Laissez-lui faire seulement sa volonté en vous et en lui, et attendez-la dans l’étendue de vos exercices. Ils suffisent pour vous vouer à être toute de Dieu. Oh ! qu’il faut peu pour être toute sainte : faire la volonté de Dieu en toute chose.

[Je suis, en] (2) l’amour de Notre-Seigneur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL.

1) Collet remarque que saint Vincent changea de sentiment dans la suite, et renvoie à cet effet à une lettre du 21 janvier 1642.

Lettre 437. — L. a. — Original à Paris chez les Filles de la Charité de la rue du Fauconnier, 11.

1). Dates de l’institution des Enfants trouvés et du mariage de Michel Le Gras.

2). ces mots et la signature ont été maladroitement découpés quand on a voulu réduire l’original aux dimensions du cadre qui le contient
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438. — UN ECCLÉSIASTIQUE A SAINT VINCENT

Entre 1639 et 1643] (1)

Ayant vu les lettres qui viennent de la Lorraine, lesquelles vous avez envoyées à Monsieur N., qui me les a montrées, il faut que je vous avoue que je ne les ai pu lire sans larmes, et en telle abondance que j’ai été contraint d’en quitter par plusieurs fois la lecture. Je loue notre bon Dieu de la providence paternelle qu’il a sur ses créatures, et je le prie de continuer ses grâces à vos prêtres qui s’emploient à cet exercice divin. Il ne me reste que le regret de voir ces ouvriers charitables qui gagnent le ciel et le font gagner à tant d’autres, pendant que moi, par ma misère, ne fais que ramper sur la terre comme bête inutile.
439. — A LOUISE DE MARILLAC

Ce jeudi matin. [Entre 1639 et 1642] (1)

Mademoiselle,

Je ne me ressouvenais pas hier, quand je vous mandai que j’irais aujourd’hui chez vous (2), que j’avais ordre de Monseigneur l’archevêque (3) de m’en aller trouver aujourd’hui Madame la duchesse d’Aiguillon à Rueil, avec Monsieur de Saint-Leu (4). Voyez lequel il vaut mieux : ou contremander les filles, ou que Monsieur Dehorgny

Lettre 438. — Abelly, op. cit, 1. II chap XI sect 1, 1er éd., P. 378.

1) Temps pendant lequel les prêtres de la Mission s’employèrent au soulagement de la Lorraine dévastée.

Lettre 439 — L. a. — Original chez les Filles de la Charité de Saint-Méen.

1) La place des mots «ce jeudi matin» et la présence simultanée à Paris de Jean Dehorgny et de François Soufliers ne permettent pas de mettre cette lettre en un autre temps.

2). Probablement pour donner la conférence.

3). Jean-François de Gondi.

4). André du Saussay.
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ou M. Soufliers leur parle, et lequel des deux. Je vous souhaite cependant le bonjour et suis, Mademoiselle, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
440. — A LOUISE DE MARILLAC

De Saint-Lazare, ce vendredi à midi. [Entre 1639 et 1651] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Il y a quelques jours que j’ai cinq cents livres, que je vous envoie par ce porteur, pource que nous vous devons ; et voici que Monsieur le prieur (2) m’a fait demander environ trois mille livres qu’il nous bailla il y a environ trois mois, pour les y rendre à sa volonté, sans que nous lui demandassions. Et quoiqu’il nous ait baillé de l’argent blanc, il nous demande des louis ou de l’argent pesant, qui est la fin pour laquelle il paraît qu’il nous a baillé cette somme. Or, nous sommes un peu surpris (3). Pourrez-vous, Mademoiselle, nous prêter cette somme ? et nous la vous rendrons à votre volonté et tâcherons de la convertir en monnaie de poids, je dis les trois mille livres qu’il me semble que vous avez encore. Il n’y a rien au monde qui vous soit plus assuré, par la grâce de Dieu.

Lettre 440. — L. a — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). La place donnée aux mots, «De Saint-Lazare». ne permet pas de reculer la lettre au delà de 1639. D’autre part, cette lettre est antérieure à la mort d’Adrien Le Bon, prieur de Saint-Lazare.

2.) Adrien le Bon.

3) Surpris, pris au dépourvu.

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L’assemblée (4) est différée à lundi. Si vous trouvez bon de reprendre ma sœur Marie Monique, faites-le.

Bon jour, Mademoiselle. Je me porte mieux, Dieu merci, et suis votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
441. — A LOUISE DE MARILLAC

De Saint-Lazare, ce lundi à midi. [Entre 1639 et 1641] (1).

Mademoiselle,

Vous ne m’avez pas mandé où se tient M. l’abbé de Vaux. Vous semble-t-il point à propos que nous le priions de venir dîner céans ? Je voudrais bien que vous pussiez dresser cette partie pour jeudi ; sinon, je tâcherai de l’aller voir chez lui.

Il sera bon de mander à cette bonne fille d’Angers qu’elle s’en vienne tout droit. Peut-être ne trouverait-elle pas prêtes celles de Richelieu, ou qu’elles seront parties.

Je vis hier la nièce de notre sœur Henriette (2). Les choses étant arrivées de la sorte, je pense qu’il est bon d’en essayer et que j’écrive à M. de Beauvais (3), au cas qu’on la mette en justice.

4). L assemblée des dames de la Charité.

Lettre 441. — L. a. Dossier des Filles de la Charité, original

1). Avant 1639, les sœurs n’étaient pas encore à Richelieu ; en 1641, sœur Perrette faisait déjà partie de la Communauté.

2) Sœur Perrette, qui fut placée plus tard à Cerqeux (Calvados). «C’est une très bonne fille, écrivait d’elle Louise de Marillac (lettres, 1. 328) ; il ne fut jamais une pareille soumission, au moins de plus grande»

3) Augustin Potier.

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Je n’ai plus ni fluxion ni fièvre, puisqu’il plaît à Dieu. Je m’en vas sortir incontinent et tâcherai d’avoir le bien de vous voir un jour de cette semaine, qui suis v. s.

V. D.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
442. — UN ECCLÉSIASTIQUE A SAINT VINCENT

[Vers 1640] (2)

Entre les personnes qui ont tait des confessions générales, je puis vous assurer qu’il s’en est trouvé plus de quinze cents qui n’en avaient jamais fait une bonne, et qui, outre cela, pour la plupart avaient croupi en des péchés très énormes l’espace de dix, de vingt et de trente ans, lesquels ont avoué ingénument que jamais ils ne s’en fussent confessés à leurs pasteurs et confesseurs ordinaires. L’ignorance y a été trouvée très grande ; mais il y avait encore plus de malice ; et la honte qu’ils avaient de déclarer leurs péchés allait jusqu’à un tel point que quelques-uns d’entre eux ne pouvaient se résoudre de les déclarer même dans les confessions générales qu’ils faisaient aux missionnaires. Mais enfin, pressés vivement par ce qu’ils entendaient aux sermons et aux catéchismes ils se sont rendus et ont avoué franchement leurs fautes avec gémissements et larmes.
443. — A LOUIS ABELLY

De Paris, ce 26 avril 1610.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Lettre 442. — Abelly, op. cit., 1. II, chap. I sect. 1er éd. p. 2.

1). «Un ecclésiastique de condition et de vertu, qui avait assisté et même travaillé», dit Abelly, à la mission dont il décrit ici les fruits, mission qui se donnait dans une grosse bourgade de l’Anjou.

2). Abelly écrivait en 1664 que cette lettre remontait à «plus de vingt ans»

Lettre 443. — L. a. — Dossier de Turin, original.

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J’écris à Monseigneur de Bayonne (1) et lui dis un mot touchant le sujet dont vous me faites l’honneur de m’écrire, qui est que feu Monsieur Fouquet (2) n’était point d’avis pour tout que mondit seigneur pense à l’établissement de religieuses dans Bayonne de longues années, et m’en dit quelques raisons fort importantes, quoique je pense ne lui avoir point donné à connaître mon sentiment pour cela, qui est tout conforme à celui de M. son père. Les inconvénients sont notables et le bien qu’on en espère de beaucoup moindre que l’attente que vous m’en écrivez. Monseigneur néanmoins est le maître, et moi trop téméraire de vous oser dire ce que je vous dis. C’est à Monseigneur de reconnaître la volonté de Dieu sur cela, comme sur toutes choses, et à moi à m’y soumettre ; et c’est ce que je fais, et à tout ce que vous, Monsieur, lui conseillerez, et cela avec toute l’humilité et l’affection qui m’est possible, qui suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL,

J’ai eu le bien de rencontrer M. votre frère en un arbitrage avec M. de Cordes. O Monsieur, que j’en suis consolé !

Suscription : A Monsieur Monsieur Abelly, grand vicaire et official de Bayonne, à Bayonne.

1) François Fouquet.

2. François Fouquet, père de l’évêque de Bayonne et du surintendant des finances Il était mort le 22 avril.

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444. — A LA DUCHESSE D’AIGUILLON

De Saint-Lazare, ce lundi matin. [Avril ou mai 1640] (1)

Madame,

Messieurs de Liancourt, de la Ville-aux-Clercs (2), de Fontenay (3) et quelques autres personnes de condition s’assemblèrent hier céans pour commencer à travailler pour les personnes de condition de Lorraine qui sont en cette ville (4). Vous ne sauriez croire, Madame, les bénédictions qu’ils vous souhaitèrent tous, à cause des grands biens que vous faites aux religieux et aux religieuses et au pauvre peuple de Lorraine. Ils dirent que, quand

Lettre 444. — L. a. — Original communiqué par le P. Joseph-Marie de Elizondo, capucin.

1). Voir la lettre 459. C’est à tort qu’une main étrangère a écrit sur l’original 1638 ; l’œuvre de la noblesse Lorraine n’a commencé qu’en 1640.

2). Henri-Auguste de Loménie, comte de Brienne et de Montbron seigneur de la Ville-aux-Clercs, secrétaire d’État, mort le 5 novembre 1666, à l’âge de soixante et onze ans. 3

3) François du Val, marquis de Fontenay, seigneur de Mareuil, de Villiers-le-Sec et de Jaguy-en-France, maréchal des camps et armées de Sa Majesté, conseiller du roi en son conseil d’État. Il avait rempli deux fois les fonctions d’ambassadeur à Rome.

4). Dans cette œuvre de l’assistance de la noblesse Lorraine réfugiée à Paris, saint Vincent eut pour principal auxiliaire le baron de Renty, un chrétien comme on en trouve peu. C’était une heureuse idée qu’avait conçue le saint de faire aider par leurs pairs les nobles tombés dans le dénuement, sans recourir aux dames de la Charité, déjà si surchargées. Il fut résolu, dès la première assemblée, qu’on établirait le nombre et la qualité des nobles Lorrains nécessiteux réfugiés à Paris. M. de Renty fit l’enquête. Les réunions se tenaient à Saint-Lazare le premier dimanche de chaque mois. Elles continuèrent jusqu’à la fin des troubles, pendant sept ans environ, toujours avec le même zèle et le même succès. Sept ou huit gentilshommes y assistaient. Ils allaient porter eux-mêmes aux réfugiés les secours et des paroles de consolation. Quand la paix permit aux nobles de rentrer dans leur pays, l’assemblée les aida de ses aumônes à faire le voyage et à subsister pendant quelque temps. (Cf. Abelly, Op. cit., t. I, chap. XXXV, p. 167 ; Maynard, Op. cit., t. IV, p. 128)

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vous n’auriez jamais fait que ce bien-là, vous devez espérer une grande part au royaume éternel. Nous parlâmes du moyen de faire tenir vos quinze mille livres en cette province-là. Monsieur de Fontenay, qui a été gouverneur de Nancy, dit qu’il fallait faire venir deux compagnies de cheval pour renforcer le convoi dans lequel l’on le mettra, et que M. du Halier fera cela volontiers, si l’on lui en fait écrire, et cela sans qu’il en coûte, ou peu.

L’épargne ne sera pas petite pour vos pauvres, si nous pouvons changer la monnaie blanche qu’on nous a baillée en or. Il y a douze mille cinq cents livres en argent blanc d’assez mauvaise monnaie. Monsieur Chenevis ne voudra pas nous bailler, à ce que je crains, espèce pour espèce. Il nous fera bailler les pistoles à douze livres de delà qu’on lui donnera ici à dix. J’ai donné charge à notre frère Louistre de le savoir ce matin néanmoins.

Je vous envoie la requête que nous présentons à Messieurs les députés des amortissements (5). Monsieur l’évêque de Saintes (6), qui en est l’un, estime, Madame, que, s’il vous plaît de recommander la chose à ces Messieurs, qu’ils nous déchargeront, à cause qu’il estime la chose juste. Nous y faisons mention de vous, Madame. Je vous supplie très humblement de vous faire lire la requête et de considérer les raisons que nous alléguons, pour les dire à ces Messieurs.

Je vous demande très humblement pardon, Madame,

5). Commissaires nommés par le roi, à la suite de la Déclaration du 19 avril 1639, pour procéder à la recherche, taxe et liquidation des droits d’amortissement.

6). Jacques-Raoul de la Guibourgère, né en 1589, était veuf d’Yvonne de Charette et père de plusieurs enfants quand il entra dans les ordres. Il monta en 1631 sur le siège de Saintes, qu’occupait avant lui son oncle, puis passa à Maillezais et enfin à La Rochelle quand le siège épiscopal y fut transféré. Peu d’évêques furent liés aussi intimement que lui avec saint Vincent. Il mourut en 1661.

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de tant d’importunité que je vous donne. La bonté la non pareille que Notre-Seigneur vous a donnée pour nous m’en donne la confiance et me fait être, en son amour et celui de sa sainte Mère, votre très humble et très obéissant serviteur.

VINCENT DEPAUL.

J’aurai l’honneur de vous avertir, quand il sera temps, que votre charité prenne la peine de voir ces Messieurs, dont je vous donnerai la liste.

Suscription : A Madame Madame la duchesse d’Aiguillon.
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