417. — A louise de marillac, a angers


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491. — A LOUISE DE MARILLAC

De Saint-Lazare, ce dimanche matin. [28 octobre 1640] (1)

Mademoiselle,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour Jamais !

Soyez en repos de ma santé. Ma fièvre d’hier est beau-

2). Psaume LXXXIII, 8.

Lettre 491. — L. a. — Dossier des Filles de la Charité, original.

1) Cette lettre, écrite un dimanche, aux approches de l’hiver, entre

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coup moindre et je m’en vas prendre incontinent une médecine, laquelle, s’il plaît à Notre-Seigneur, donnera lieu à mes petites sueurs. Son saint nom soit béni !

Je n’ai point dit qu’on avertît les dames ; les officières suffiront ; et si vous vous portez bien là où vous êtes, je ne pense pas que vous deviez venir à La Chapelle pour cette cérémonie. Vous verrez. J’appréhende le carrosse pour vous. Si vous y allez, essayez d’une chaire (2) s’il vous plaît.

Pour votre affaire, j’exclus le marchand de bois ; ces gens-là sont sujets à se ruiner et je n’en connais quasi point qu’un à Troyes qui ne donne enfin du nez en terre. Pour l’autre, je n’en saurais que dire, sinon que cette quantité de maisons neuves me font juger que c’est un entrepreneur ; et ces gens-là, pour l’ordinaire, tombent en confusion dans leurs affaires.

Je viens de proposer à M. Dehorgny si nous en aurons besoin ; il prévoit que oui. Dans deux jours, je vous en résoudrai, si vous ne trouvez mieux, quoique devant Dieu je ne voie rien de plus assuré.

Par la miséricorde de Dieu, nous nous sommes acquittés, cette année, de dix mille livres, voire de quinze, à peu de chose près (3) et j’espère que ce que la Providence nous a donné par M. le commandeur (4) nous empêchera de nous endetter, si ce n’est pour la maison qu’il nous faut acheter pour les filles (5).

la mort du commandeur de Sillery (26 septembre 1640) et la lettre 494 (1er novembre 1640) ne peut être que du 30 septembre, 7, 14, 21 ou 28 octobre. Si l’on compare ce que le saint dit ici de l’état de sa santé avec ce qu’il écrit le 1er novembre, on est porté à préférer le dimanche le plus proche du jour de la Toussaint

2). Chaire, chaise.

3). C’était sans doute pour payer les dettes occasionnées par l’acquisition de Saint-Lazare.

4). Le commandeur de Sillery.

5). Les Filles de la Charité.

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Voici une lettre qu’un bon ecclésiastique m’écrit de Sedan. Voyez si nous pourrons envoyer quelque excellente fille. C’est nouvelle chrétienté. M. le duc et Madame la duchesse sont catholiques depuis peu. Il y a quatre-vingt-dix ans que l’hérésie avait établi son trône en cette principauté-là (6), Oh ! que je souhaiterais que vous fussiez en bonne santé ! Mais quoi ! voici l’hiver ; il n’y faut pas penser.

Il écrit à Marguerite de Saint-Paul. Je ne lui baillerai point la lettre que je ne vous aie vue. Si Barbe, de Richelieu, était ici, ce serait le vrai fait. Pensez un peu à cela et à votre santé.

Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Mademoiselle, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
492. — LES ÉCHEVIN DE METZ A SAINT VINCENT

Octobre 1640.

Monsieur,

Vous nous avez si étroitement obligés en subvenant, comme vous avez fait, à l’indigence et à la nécessité extrême de nos pauvres, mendiants, honteux et malades, et particulièrement des pauvres monastères des religieuses de cette ville que nous serions des ingrats si nous demeurions plus longtemps sans vous témoigner le ressentiment que nous en avons, pouvant, vous assurer que les aumônes que vous avez envoyées par

6). En 1555, Sedan était passé à la réforme avec son seigneur Henri-Robert de la Marck. L’abjuration de Frédéric. Maurice de la Tour d’Auvergne, duc de Bouillon (1634), et son mariage avec Eléonore-Catherine de Bergh, fille de Frédéric, gouverneur de Frise, et l’une des premières dames de la Charité, furent les principales causes du retour à la foi catholique de cette ancienne cité.

Lettre 492. — Abelly, op. cit., 1. II, chap. XI, sect. I 1er éd., p. 376

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deçà ne pouvaient être mieux départies ni employées qu’envers nos pauvres, qui sont ici en grand nombre, et notamment à l’endroit des religieuses, qui sont destituées de tout secours humain, les unes ne jouissant pas de leurs petits revenus depuis la guerre et les autres ne recevant plus rien des personnes accommodées de cette ville qui leur faisaient l’aumône, parce que les moyens leur en sont ôtés. Ce qui nous oblige de vous supplier comme nous faisons très humblement Monsieur, de vouloir continuer, tant envers desdits pauvres qu’envers les monastères de cette ville, les mêmes subventions que vous avez faites jusqu’ici. C’est un sujet de grand mérite pour ceux qui font une si bonne œuvre, et pour vous. Monsieur, qui en avez la conduite, que vous administrez avec tant de prudence et d’adresse, en quoi vous acquerrez un grand loyer au ciel
493. — A LAMBERT AUX COUTEAUX, SUPÉRIEUR A RICHELIEU (1)

De Paris, ce 29 octobre 1640.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

Je vous écrivis hier que vous baillassiez par mémoire (2) à Monsieur des Noyers (3) ce que vous désirez qu’il plaise à S. E. (4) de vous accorder ; et parcelle-ci je vous prie de n’en rien faire, s’il ne le vous demande ; et sera bon que vous ne vous plaigniez pas, ains que vous témoigniez une fort grande gratitude des biens que sa volonté nous a faits, comme nous y sommes obligés.

Lettre 493. — L. a. — Dossier de Turin, original.

1). Le nom du destinataire de cette lettre n’est pas marqué sur l’original ; le contenu permet de le deviner.

2). I, e saint a répété par distraction par mémoire avant et après les mots à Monsieur des Noyers.

3) François Sublet des Noyers, secrétaire d’État.

4). Le cardinal de Richelieu.

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Je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, Monsieur, votre Serviteur très humble.

VINCENT DEPAUL,

indigne prêtre de la Mission.
494. — A LOUISE DE MARILLAC

De Saint-Lazare, ce jour de la Toussaint [1640] (1)

Mademoiselle,

Ma petite fiévrotte m’oblige à garder la maison. Je sortis mardi dernier dans la pensée de vous aller voir ; mais je m’en trouvai plus mal. Voici néanmoins quantité de choses qui requéraient de moi que je vous visse. Il y a une petite maison à La Villette (2) où il n’y a qu’environ un arpent, tant en maison qu’en jardin, qui est de la paroisse de La Villette et dépendante de céans pour la censive (3) et pour la justice. C’est la dernière du village du côté de delà et de l’église, dont elle n’est pas si loin que la vôtre. L’on parle de quatre ou cinq mille francs. Il y a un corps de logis ou deux, avec grange et étable, à la mode des gens des champs, et a l’air à côté et du derrière. Il n’y a que cela à vendre à La Villette ; voyez ce qui vous en semble.

Les dames de cette paroisse (4) se plaignent de Marie et de ses façons de faire et en désirent une autre. Comment lui donnerons-nous congé et qui lui baillerez-vous ? Qui destinez-vous pour Sedan ? L’on me presse pour une fille. J’ai écrit que peut-être vous y irez ; mais quel

Lettre 494 — L. a — Dossier des Filles de la Charité, original.

1). Cette lettre se place entre les lettres 491 (28 octobre 1640) et 509 (7 février 1641).

2). Alors petite commune, aujourd’hui quartier de Paris.

3). Redevance que certains biens devaient aux seigneurs dont ils relevaient.

4) Saint-Laurent.

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moyen de vous exposer à tant de danger dans une telle saison ?

Je ne sais que vous dire de cette bonne fille angevine, sinon que ce n’est pas votre fait, puisqu’elle ne se porte pas à une chose si importante que celle de l’uniformité de l’habit (5). Je pense pourtant qu’il faut un peu attendre. Monsieur votre fils pourra être de la mission du Mont-le-Héry (6).

Madame la duchesse d’Aiguillon vous doit aller voir au premier jour. Je vous prie de tenir les choses en état qui revienne à ses yeux. Elle parlera à Monsieur le procureur général (7) pour vous décharger des enfants sevrés ; et moi je suis, en l’amour de Notre-Seigneur, v. s.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A Mademoiselle Mademoiselle Le Gras.
495. — A JACQUES THOLARD

De Paris, ce 13 novembre 1640.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

J’ai reçu la vôtre et l’ai lue et relue avec consolation,

5.) L’uniformité d’habit n’était pas le seul obstacle à la persévérance des postulantes angevines. Le climat de Paris ne leur était pas favorable Louise de Marillac le constate dans une lettre à M. de Vaux, qui voulait lui envoyer deux filles : «J’espère, écrivait-elle (1. 44), qu’elles seront quittes des faiblesses à quoi sont sujettes les filles d’Angers qui viennent en ce pays. Notre sœur Marie, que j’ai amenée quand et moi, sera, je crois, le commencement de celles qui auront du courage et de la solidité. Les deux dernières venues avant elle étaient malades de maladies incurables dès qu’elles arrivèrent ont toujours été languissantes depuis qu’elles ont été céans et maintenant sont au lit de mort. Ce sont les deux Perrine».

6). Aujourd’hui Montlhéry, en Seine-et-Oise

7 Mathieu Molé.

Lettre 495. — L. a. — Dossier de Turin, original.

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voyant la tendresse (1) de votre conscience ; et, d’un autre côté, avec peine, de ce que vous ne vous soumettez pas au conseil de ce saint prélat et à ce que je vous ai dit touchant ces mauvais sentiments qui vous arrivent dans la confession. Au nom de Notre-Seigneur, Monsieur, tenez-vous ferme à ce que nous avons dit. Par qui pouvez-vous mieux apprendre la volonté de Dieu que par ce saint prélat et, si la sainte humilité me le permettait, par celui qui est l’interprète de la volonté de Dieu sur vous ? O Jésus ! Monsieur, absit que vous réfléchissiez jamais plus sur tout cela, non plus que sur les mouvements de gourmandise ni sur les pensées qui vous arrivent parfois, ni sur le mariage, non plus que des mouvements de désespoir ; tout cela n’est rien que des exercices pour votre purgation, illumination et perfection, et afin que vous puissiez compatir avec ceux que vous verrez en pareille pensée. Hélas ! Monsieur, c’est le dessein de Dieu que ceux qui doivent spirituellement aider les autres tombent en toutes les tentations d’esprit et de corps dans lesquelles les autres peuvent être travaillés. Soumettez donc votre jugement à ce que mondit seigneur et moi vous en avons dit, s’il vous plaît, et ne réfléchissez et ne vous confessez pas même de ces choses ; méprisez et ces suggestions malignes et la malignité de leur auteur, qui est le diable ; soyez bien gai et humiliez-vous le plus qu’il vous sera possible. Pour l’ordinaire, Dieu permet que ces choses arrivent pour nous libérer de quelque orgueil caché et pour engendrer en nous la sainte humilité. Cela diminuera à mesure que vous humilierez votre entendement, et passera lorsque vous aurez fait un notable progrès en cette vertu ; travaillez donc bien à l’acquisition de cette vertu.

1). La délicatesse.

2). Juste Guérin, évêque de Genève.

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Nulle règle oblige à péché si la substance de l’acte de la contravention n’est de soi péché, ou n’y intervient mépris, mauvais exemple ou désobéissance, lorsque la chose est ordonnée en vertu de la sainte obéissance ; mais nous faisons bien de nous y rendre exacts à la mission comme à la maison.

Pour le regard de la génuflexion dans les chambres, il suffit qu’on les fasse dans les grands intervalles et non pas toutes les choses (3) qu’on en sort et rentre ; et que cela soit seulement là où l’on couche.

Et pour le regard de vos lettres, elles me seront toujours très chères. Je pense qu’il sera bon que vous les fassiez un peu plus courtes et par petits articles, afin que je mette la réponse au marge. Mes petites infirmités d’une double-quarte m’ont empêché d’écrire à Madame votre mère ; je le ferai et lui enverrai les livres que vous me marquez.

Or sus, Monsieur, je finis en vous disant que j’ai une consolation de vous que je ne vous puis exprimer. Vous le verrez devant Dieu, en l’amour duquel et celui de sa sainte Mère je suis, Monsieur, votre très humble serviteur.

VINCENT DEPAUL.

Suscription : A Monsieur Monsieur Tholard, prêtre de la Mission, à Annecy.
496. — A LOUIS LEBRETON

De Paris, ce 14 novembre 1640.

Monsieur,

La grâce de Notre-Seigneur soit avec vous pour jamais !

3.) Toutes les choses, toutes les fois.

Lettre 496. — L. a. Dossier de Turin, original.

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Vos lettres me consolent toujours, quoique nos affaires n’avancent point. Je sais qu’il ne se peut rien ajouter à vos soins et qu’il ne tient pour tout à vous, à votre zèle ni à votre conduite. Notre-Seigneur vous donne l’un et l’autre et conduit cet affaire selon l’ordre de sa providence éternelle. Assurez-vous, Monsieur, que vous verrez en cela que c’est pour le mieux et qu’il me semble que je le vois déjà aussi clairement que le jour qui m’éclaire. O Monsieur, qu’il est bon de se laisser conduire à sa providence ! La difficulté de deçà a été de ce que celui qui peut tout (1) n’a pas trouvé bon que j’aie donné la lettre que vous m’avez envoyée, à l’effet d’informer Sa Sainteté (2) de nous, et m’a dit lui-même, il n’y a que trois jours, que nous laissions venir un autre (3) et qu’il fera notre affaire lui-même. Demeurons-en donc là, Monsieur. Et si vous pouviez cependant avoir la permission d’avoir un petit hospice à Rome, faites-le.

Travaillez tout doucement après vos bergers (4) ; ce que vous m’en mandez me ravit d’aise, de ce que vous pouvez dire avec bon sujet que pauperes evangelizantur (5).

Et parmi cela vous travaillerez à nos autres petits affaires, comme nous faisons ici à nos petites règles, que nous ajustons, autant que nous le pouvons, à celles dont vous me parlez. Je pense que nous nous arrêterons à faire le bon propos de vivre et de mourir dans la Mission, la

1). Le cardinal de Richelieu.

2). Urbain VIII.

3). Un autre Pape.

4). Tout autour de Rome s’étendaient au loin des terres incultes, dans un rayon de vingt kilomètres et plus. Cette vaste solitude. pleine de pâturages, était, l’hiver, le rendez-vous d’un grand nombre de bergers, qui reprenaient, au retour du printemps, avec leurs troupeaux, le chemin de leur pays. En s’occupant de ces pauvres gens délaissés, privés de messes et de sacrements, Louis Lebreton avait entrepris une œuvre bien pénible et bien méritoire, tout à fait conforme à la fin de son Institut.

5). Saint Luc VII, 22,

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première année du séminaire ; au vœu simple de stabilité à la seconde année dudit séminaire et à le faire solennel dans huit ou dix ans, selon que le supérieur général trouvera bon. Cela équivalera (6) en quelque façon la faculté de l’expulsion des incorrigibles. Il faudra trouver quelques précautions à l’égard des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance, comme de fulminer tous les ans excommunication contre les propriétaires. Il semble que la plupart de nos amis vont là et que le dissentiment est commun pour l’état religieux, lequel l’on évite par ce moyen, quoiqu’on ait sujet d’en espérer l’esprit.

A l’égard de Nosseigneurs les évêques, nous nous soumettons à leur obéissance, comme les serviteurs de l’Évangile à leur maître, à l’égard de nos fonctions extérieures, et à leur punition pour les fautes extérieures hors la maison. Et Monseigneur de Meaux (7) a désiré qu’on se soumette à lui pour les fautes de la maison en trois cas, qui est : de meurtre, de mutilation de membre de quelqu’un de la compagnie et de paillardise dans ladite maison. Et pour le regard de la discipline domestique, gouvernement de la congrégation, élection et démission des officiers et translation d’un lieu en un autre et la visite, pour tout cela, elle appartiendra au supérieur général. Que vous semble de tout cela ?

Nous travaillons à avoir le consentement à l’union du général du Saint-Esprit (8) de deçà les monts. Je vous envoie une procuration pour résigner, de celui qui a été pourvu par lui, en faveur de M. Dehorgny (9). Je vous prie

6). Equivalera, équivaudra.

7) Dominique Séguier.

8). Olivier de la Trau, sieur de la Terrade, nommé en 1619 et en 1621 supérieur général de l’ordre du Saint-Esprit en France. Le général de France dépendit jusqu’en 1625 de celui qui résidait à Rome. Olivier de la Terrade fut détenu quelque temps dans les prisons de l’Inquisition

9). Il s’agit de l’établissement de Toul.

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de la faire admettre au plus tôt et de faire expédier la création (?) de la pension de cent écus qu’il s’est réservée. Nous sommes d’accord avec la ville de Toul, quoique la chose ne soit encore passée par écrit. Je vous prie, Monsieur, de ne pas perdre temps à cela et de ne pas dire à qui que ce soit ce que je vous écris touchant la lettre que vous m’avez envoyée pour informer Sa Sainteté, ni ce qu’on m’a promis.

Je suis cependant, en l’amour de Notre-Seigneur, votre serviteur très humble.

VINCENT DEPAUL.

Je vous remercie du soin que vous avez des filles dont M. de Saint-Aignan (10) vous a écrit, et vous prie de le continuer.

Suscription : A Monsieur Monsieur Lebreton, prêtre de la Mission, à Rome.
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