Raymond Rifflet, européiste et eurocrate


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De l’européisme au fédéralisme.




  1. Un débat déjà intense.


La discussion autour de l’Europe est déjà vieille en Belgique, et doit être connu pour comprendre dans quel cadre et dans quelle attente la conversion de Rifflet au fédéralisme se fait.

L’européisme belge est avant tout celui d’un petit pays, pressé par de puissants voisins, et qui sait bien que son avenir passe par des formules d’entente avec eux. Clé de l’équilibre continental aux yeux de ses parrains britanniques, elle en est aussi la victime, ce qui induit un rapport constant, plein d’espoir mais aussi anxieux, avec l’idée européenne18. Cet état est à connaître pour mieux saisir les inflexions d’un débat qui sont à relier aux origines du pays, et au contexte dans lequel ce débat se situe : l’européisme y est donc plus réactif qu’ailleurs, tout en étant systématiquement au cœur de la problématique nationale. Cet européisme a pendant longtemps été diffus, mais il gagne en intensité et en précision aux débuts du XXe siècle, à une époque où une pensée fédéraliste, principalement pacifiste mais aussi moderniste, se fait connaître dans la lignée d’un Émile Bernheim, patron de L’Innovation, modèle des grands magasins qui se forment à la fin du XIXe siècle en Belgique. Son soutien à l’idée fédéraliste repose sur un engagement personnel et politique : à l’instar de Bernheim, l’éveil de la conscience européenne a suivi le cheminement de celui de nombreux entrepreneurs du début du siècle, qui passe par le sentiment d’une certaine solidarité familiale et culturelle entre eux, la perception aiguë d’une concurrence américaine alors en développement sur le continent européen depuis la fin de la guerre, ainsi que l’intérêt croissant pour une extension des zones de libre-échange et pour la constitution de larges entités économiques19. Dannie Heineman, patron du puissant trust électrique Sofina (Société Financière de Transports et d'Entreprises Industrielles, créée en 1898), est également un représentant de ces acteurs économiques conscients de la nécessité d’un rapprochement des Européens à travers une structure fédérale20, lui qui a participé à de nombreuses conférences économiques dans l’entre-deux-guerres, dont une partie sous l’égide de la SDN. On peut ainsi identifier un courant plus nettement économiste tournant autour de l’idée européenne, dont le moteur est l’union monétaire, douanière ou économique. Il est vrai que les expériences de l’Union latine puis de l’Union économique belgo-luxembourgeoise ont pu stimuler cette réflexion en Belgique, notamment dans les années trente avec le pacte d’Oslo ou avec les propositions du ministre Paul van Zeeland à l’Allemagne en janvier 193821.

Mais le fédéralisme de l’époque n’est pas seulement à chercher dans les milieux libre-échangistes : le socialiste Jules Destrée voit ainsi le destin des Belges, non dans un État unitaire, mais dans une organisation européenne qui se revendique comme fédéraliste, ce qu’il exprime dans la lettre qu’il écrit au roi Albert Ier en 1912, où il fait le constat que la Belgique est une création artificielle qui ne peut tenir que par l’accord des Flamands et des Wallons qui la constituent, dans une organisation elle-même ouverte aux voisins de ce pays. Destrée imagine ainsi une construction européenne parce qu’il ne voit pas de place pour un État unitaire belge22. Ces prémisses favorisent l’intérêt des socialistes dans leur ensemble pour les solutions supranationales de l’entre-deux-guerres, comme ils le démontreront dans la foulée du plan Briand, eux qui se disent prêts à soutenir « la Société des Nations européennes, pour le salut de l’Europe »23. Certes, l’européisme de Jules Destrée ne l’empêche pas d’opter, après la guerre, pour une grande Belgique, réclamant le Limbourg hollandais, le Grand-Duché et huit cantons allemands en plus d’Eupen et Malmédy, et cet européisme n’est pas toujours en accord avec les prises de position du Parti (le président du POB Émile Vandervelde, en particulier, se méfie des solutions européennes). En effet, toute la gauche n’est pas forcément enthousiaste, et un fossé se creuse à cet égard avec les communistes, il est vrai peu nombreux, mais qui font connaître leur désaccord avec une Europe « du capital » tournée contre Moscou24.

La particularité du débat européen belge est cependant qu’il n’écarte pas comme en France la perspective d’une intégration plus poussée, même si les ressorts nationaux de ce débat restent primordiaux. Henri Pirenne, un intellectuel qu’admire Raymond Rifflet, a ainsi décrit la Belgique comme un « microcosme de l’Europe »25. Il n’est pas étonnant que Rifflet se soit intéressé aux sciences humaines par l’intermédiaire de cet historien (dont le fils Jacques a été l’un de ses professeurs), lui qui a surtout insisté sur les éléments d’ouverture préfigurant une Belgique « européenne », en même temps qu’il a dû être frappé par la stature de l’intellectuel, un des rares à avoir vu sa réputation dépasser les frontières du pays de son vivant26. On retrouve ici la plasticité de l’œuvre de Pirenne, lui-même vu comme le « père fondateur du sentiment national belge »27 : à droite parce qu’il se fait le chantre de la Belgique à travers une conception finaliste appliquée à une entité « naturelle » qui a fini par se doter d’un État et de frontières, à gauche par sa défense des principes universalistes qui caractérisent un nationalisme ouvert à l’Europe. Georges Goriely, le compagnon le plus proche de Rifflet, et qui comme lui a beaucoup lu Pirenne, justifie son admiration pour un homme qui, « dans l’explication de la genèse de la Belgique, […] n’avait accordé à la langue et aux ‘races’ aucun intérêt »28. De plus, Goriely comme Rifflet, qui s’intéressent tout autant aux systèmes économiques qu’aux formations sociales, aux idéologies politiques ou à l’état des opinions, ne peuvent être que sensibles à la notion d’espace public qui transparaît dans l’étude que Pirenne fait du développement des États nationaux et de l’inclusion dans les appareils bureaucratiques de la bourgeoisie, approche qui sera plus tard reprise par un autre intellectuel que les deux hommes apprécient, Jürgen Habermas29.


  1. L’inflexion liée à la Seconde Guerre mondiale.


Rifflet parvient à une certaine maturité politique, dans la seconde moitié des années trente, à un moment dramatique pour l’Europe et pour toutes les nations qui la constituent. La politique des « mains libres », qui voit le retour de la Belgique à la neutralité en 1936, confirme alors un certain repli sur soi qui ne cadre pas avec les attentes européistes (un des avocats de cette politique est d’ailleurs à cette époque le socialiste Paul-Henri Spaak). Certains continuent certes à défendre l’idée européenne (Paul Van Zeeland30 ou Paul Hymans), mais dans une période où les pertes de repère relativisent toute réflexion sur l’Europe à construire : quelques européistes se montrent ainsi de plus en plus sensibles aux thèses rexistes ou nazies (Pierre Daye ou Pierre Hubermont)31, si bien qu’on assiste pour une grande partie du monde intellectuel à une véritable dérive des idées, qui part d’une illusion totale à l’égard des vertus du modèle allemand32, illusion qui poursuivra un temps la génération de Rifflet après la guerre.

Parmi les penseurs belges dont le ralliement à la Collaboration a été le plus étonnant pour les contemporains (ou au moins le plus choquant) figure en bonne place le socialiste Henri de Man, qui a résumé sa pensée dans un petit ouvrage paru en 194233 : le fait frappant de sa génération est, selon lui, le décalage devenu aveuglant entre une économie de plus en plus mondiale et une politique de plus en plus nationale. La réponse à cette situation consistait à supprimer les frontières, à confier les affaires économiques à des organismes ne dépendant pas des États34, dans une structure aussi universelle que possible : l’« Union européenne » serait une étape vers ce type d’organisation, permettant la désétatisation de l’économie et la dénationalisation de l’État. Ce genre d’idées, qui sont censées réformer le socialisme tout en prêtant au national-socialisme un objectif qu’il n’a en fait jamais eu, parvient cependant à faire la synthèse des différentes pensées réformatrices des années trente, raffermies par le nouvel élan que semble alors confirmer le contexte de l’Europe allemande35. Même si ces prétentions seront largement critiquées par la suite, à l’image de celui qui les a exprimées, par une certaine frange du socialisme réformiste - dont Raymond Rifflet fait partie comme beaucoup de fédéralistes belges -, elles seront reprises sous d’autres formes pour justifier le passage à l’acte vers une communautarisation accrue.

L’influence des années de guerre sur la génération de Rifflet ne s’arrête pas là. Le débat européen est de plus enrichi, lors de ces années de chaos, par les discussions qui se tiennent au même moment au sein des communautés belges de Londres et de Washington, notamment autour du baron Hervé de Gruben, du président de la Chambre Frans Van Cauwelaert, de Paul van Zeeland ou de Paul-Henri Spaak, démontrant la plasticité idéologique de l’européisme. Concernant ce dernier, faut-il voir dans ses idées l’expression d’une pensée fédéraliste, chez celui qui entrera bientôt dans le Panthéon des « Pères de l’Europe » ? Principal animateur du PSB dès les années d’après-guerre, il ne peut laisser Rifflet indifférent, lui qui intègre ce parti en septembre 1944. Cet homme, qui a définitivement choisi l’opportunisme en politique, et qui adapte sa position en fonction d’un contexte changeant, peut-il être considéré comme un européiste à part entière ? Plutôt réticent aux idées fédérales dans l’après-guerre, Spaak effectue un rapprochement avec celles-ci dans la première moitié des années cinquante, avant de s’en éloigner définitivement ensuite. Rifflet a-t-il raison de lui vouer pour cette raison, et jusqu’à la fin de sa vie, une rancune acerbe ? Nous touchons ici du doigt la limite qui sépare le militant de l’homme qui exerce effectivement des responsabilités, et qui se base sur elle pour ajuster ses idéaux. Car ces derniers sont indéniables : Spaak est le défenseur de « l’Europe du possible », un homme dont le fédéralisme est « gradualiste et téléologique »36, applicable sur le long terme seulement37, source de très nombreux malentendus avec ceux qui, animés des mêmes idées, ne transigent pas. José Gotovitch signale ainsi une confusion grandissante entre revues belges, aux idées très avancées sur l’Europe et qui n’hésitent pas à les exprimer, tels que les Cahiers socialistes de Rifflet, et les positions plus prudentes du gouvernement, qui se plaint d’être mis en porte-à-faux vis-à-vis de l’opinion et de ses électeurs38.

Malgré ces désaccords qui s’aggraveront plus tard, une réflexion européiste renouvelée s’impose au sortir de la guerre, qui rejoint les aspirations confuses caractérisant encore la pensée de Rifflet à ce moment-là : il s’agit avant tout de réformer la démocratie et les rapports de production à l’intérieur des sociétés. À cet égard, le système représentatif n’est plus attaqué comme il a pu l’être avant la guerre, et c’est en soi une grande nouveauté ; le corporatisme, qui a eu ses adeptes dans toutes les tendances politiques, est par contre officiellement condamné, et on lui préfère désormais un vrai dialogue social : syndicats et organisations patronales sont dès lors associés aux choix politiques, inflexion qui convient à beaucoup d’acteurs de la résistance, notamment intérieure, et plutôt à gauche39. Dans cette perspective, le cadre européen est très vite envisagé comme celui qui permettra une véritable efficacité des réformes, qu’un homme comme Rifflet veut défendre aussi bien sur le plan politique que sur le plan syndical, jugés complémentaires : son engagement à la FGTB, et les liens très forts qui le rapprochent du syndicaliste André Renard, témoignent du fait qu’à travers l’Europe, c’est une certaine conception de la « démocratie sociale », thème très à la mode au sortir de la guerre (notamment à l’intérieur du tout récent Benelux), qu’il défend avant tout.


  1. La découverte d’un militantisme original.


Rifflet ne découvre l’européisme, et à travers lui le fédéralisme, qu’après la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il a déjà 25 ans. En ce sens, son parcours rejoint celui de beaucoup autres militants, dont beaucoup sont issus de la Résistance. Ce passage par la Résistance se reflète dans le programme qui les rassemble, dont la finalité n’est pas seulement la construction d’un cadre européen propre à régler les problèmes nationaux mais, également, le renouvellement intégral d’une vie politique et d’une structure sociale jugées caduques.

La réflexion de Rifflet et son parcours ne peuvent donc se comprendre sans tenir compte de son engagement initial et du contexte dans lequel il s’inscrit. Notre homme est avant tout un socialiste, partisan d’une idéologie qui a elle-même une histoire particulière en Belgique. On ne doit pas oublier la place de Bruxelles dans la genèse de cette idéologie dans son ensemble : c’est là que Marx a rédigé le Manifeste en 1847, tout de suite traduit en flamand ; symboliquement, c’est l’ouvrier belge Pierre Degeyter qui a mis en musique L’Internationale. La révolution n’est pourtant pas un aliment du socialisme qui va effectivement se développer en Belgique. Celui-ci sera même plutôt réformiste et pragmatique - ce que Marx lui-même avait noté - ainsi que plus mutualiste qu’idéologue. C’est seulement en 1894 que les socialistes s’offrent un programme, la charte de Quaregnon, qui leur donne une visibilité confirmée par les résultats électoraux (dès 1914, les socialistes participent au gouvernement d’union sacrée). La vision internationaliste, qui transparaît dans cette charte, présuppose que le Parti se veut le défenseur de tous les opprimés, « quels que soient leur nationalité, leur sexe, leur religion ou leur race ». Elle est devenue incontournable, une sorte d’alpha et d’oméga de la lutte socialiste (Rifflet lui témoignera toujours sa fidélité), qui soutient cette vision transnationale.

Les déclarations d’intention inscrites dans la charte de Quaregnon se retrouvent peu ou prou au sein de tous les Partis socialistes d’Europe. Peut-on pour autant en conclure une prédisposition plus naturelle du socialisme à l’idée européenne ? Le parcours de Raymond Rifflet ne semble pas confirmer cette hypothèse, lui qui va choisir de défendre celle-ci dans des mouvements séparés, notamment au sein de l’Union européenne des fédéralistes (UEF) qu’il intègre dès sa création en 1946, et dont il devient l’un des principaux éléments, jusqu’à en devenir le président à la fin des années 50. Son activisme socialiste n’est pas pour autant laissé en berne, mais il devient tout juste complémentaire, tant l’européisme ne fait pas l’unanimité à l’intérieur du PSB. Cette évolution est cependant inscrite dans la pensée et dans l’action de Rifflet : d’une part, celui-ci considère que la lutte pour le pouvoir corrompt, quel que soit le parti qui l’entreprend, et qu’elle éloigne par nature des objectifs initiaux ; d’autre part, la notion de militantisme appliquée au fédéralisme doit être fortement tempérée, et ceci renforce la différence entre groupe de pression et parti politique appliquée au mouvement fédéraliste de l’après-guerre : or, Rifflet est à la confluence des deux. Cette position peut s'expliquer par les caractéristiques du mouvement fédéraliste, qui n’a pas d’idéologie propre parce qu’il est une coalition hétérogène d’individus qui se réclament de l’Europe. Rifflet a beau être socialiste, il n’aura de cesse de fréquenter des militants venus d’autres horizons, et devra pour cette raison mettre en sourdine certaines revendications qui peuvent gêner l’action collective : le fait même qu’il ait un rôle important au Mouvement européen, plutôt conservateur, en même temps qu’à l’Union européenne des fédéralistes, qui se reconnaît dans une formule progressiste, ainsi qu’au Mouvement socialiste pour les États-Unis d’Europe, est en soi instructif des vertus de la pluri-appartenance, où la stratégie joue son rôle autant que le contexte, plus en tout cas que l’idéologie pure.

Être militant fédéraliste et membre du PSB n’est donc pas en soi une sinécure. De plus, l’action et les revendications du Parti restent dans l’ensemble cantonnées, malgré les déclarations de principe, à l’échelle nationale. Ce phénomène ne concerne pas que le mouvement belge, mais le socialisme de manière globale. En effet, on ne peut pas évoquer de formation socialiste transnationale après la guerre, tout juste la tradition des Internationales ouvrières depuis la fin du XIXe siècle, dont la première formule digne de ce nom est l’Association internationale des travailleurs, fondée le 28 septembre 1864. Suite à la création du Komintern, aucune organisation sérieuse ne sera pensée à l’échelle des socialistes, malgré de nombreuses prises de position, rendues stériles par l’évolution politique, aussi bien à l’échelle des nations qu’à celle de l’Europe. À la veille du second conflit mondial, une reconstruction de l’Europe est bien évoquée par l’éphémère Internationale ouvrière socialiste, appuyée « sur la coopération internationale et la compréhension démocratique entre les peuples »40, mais on en reste à cette simple vue de l’esprit.

De fait, la Seconde Guerre mondiale a joué là également un rôle dans la maturation de l’idée européenne, chez les socialistes comme au sein d’autres formations politiques. Celle-ci est visible dans le parcours de certains militants qui, comme Rifflet, avaient une appréhension fort vague de l’Europe en général et du fédéralisme en particulier avant 1940 (il est vrai que Rifflet est alors encore très jeune), et qui en viennent au militantisme soit pendant le conflit, soit pour la majorité après celui-ci. Cela dit, cette évolution ne concerne bien que des individus, et elle nous renseigne sur la véritable nature de l’européisme, qui s’avère être plus le réceptacle d’une idéologie qu’une idéologie elle-même : l’idée européenne autorise cette plasticité, dans la mesure où elle est vue comme l’aboutissement d’une réforme qui ne peut se faire à l’échelle nationale. Les libéraux, les chrétiens-démocrates comme les socialistes prennent conscience de cette évolution nécessaire. Mais, concernant les socialistes, divers critères vont freiner la conversion de cette préscience en un véritable activisme de nature collective : la pesanteur des cadres politiques, observable ailleurs, qui fait que la révolution espérée dans les rangs de la résistance n’a finalement pas lieu à la Libération ; la concurrence exercée par le communisme, idéologie alors en plein essor (même si celui-ci sera vite brisé en Belgique), qui, dans ce domaine comme dans d’autres, oblige à une certaine circonspection, surtout à partir du moment où l’Europe qui se profile, uniquement occidentale, semble lancée et accompagnée par les États-Unis. La construction européenne suscite ainsi la méfiance de nombreux socialistes, ou alors semble être d’abord l’argument principal de certains leaders présentés comme simplement opportunistes, tel que Paul-Henri Spaak. Dans les deux cas, Rifflet ne peut que ressentir l’isolement de sa pensée européenne alors en plein développement, même s’il n’abandonne pas l’espoir de faire triompher celle-ci dans les rangs de son propre Parti, ce qu’il tentera - en vain - jusqu’à la fin de sa période militante. Rifflet, en tant qu’un des principaux dirigeants fédéralistes au cours des années de l’après-guerre, doit constamment tenir compte de cette réalité, qui fait de son combat un perpétuel exercice d’adaptation à un contexte - principalement celui des années 50 et 60 - pour le moins capricieux. Cet élément de faiblesse a cependant des conséquences positives, ne serait-ce que parce qu’il entraîne chez lui, pour des raisons stratégiques, une ouverture de ses horizons personnels, l’amenant à fréquenter des européistes d’autres bords (le libéral Jean Rey, le chrétien Albert Coppé), ou les acteurs d’autres structures militantes (le Club Jean Moulin), qui vont contribuer à déterminer un virage dans sa propre carrière.


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