Interview de Christine Bisconte «les Marécages du Prince»


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Interview de Christine Bisconte « les Marécages du Prince »




  1. Depuis quand avez-vous des chiens ? De quelle race ? Depuis quand avez-vous des Colleys ?


Dès ma plus tendre enfance, je suppliais mes parents de bien vouloir prendre un chien. J’ai dû patienter jusqu’à l’âge de 14 ans pour enfin vivre au quotidien avec mon barbet. Ce chien, je l’ai gagné à la sueur de mes notes scolaires. Pour tout vous dire, mon père avait inventé un tableau blanc dynamique et redoutable. Le principe était simple, les bonnes notes faisaient apparaître le dessin d’un chien. Au-dessus de 14/20, une oreille émergeait, une truffe, etc. Entre 10 et 14, rien ne bougeait. En deçà, une partie était retirée.
En réalité, il faut bien l’avouer, il fallait trouver un moyen de me motiver. En effet, petite,  lorsque l’on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais systématiquement : être un chien ! J’ai vite compris que cela n’était pas envisageable, et bien moins réalisable. Qu’importe, à défaut d’en devenir un, j’ai donc mis tout en œuvre pour en avoir un. Ce fut chose faite lorsque le destin mit sur ma route, tout juste sorti de la Spa, un joli barbet* au doux nom de Prince. Le barbet est donc à l’origine de ma vocation d’éleveur. Dix ans plus tard, vers l’âge de vingt-cinq ans, je faisais l’acquisition de mes premiers colleys.
* barbet : chien de chasse au marais à l’origine du caniche



  1. Pourquoi avez-vous choisi cette race ?

Mon premier contact avec le colley fut un mâle sable. Il s’appelait Timour. Il appartenait à une amie de mes parents. Elle me le confiait tous les vendredis, pour le week-end. J’avais cinq ans. A l’époque, nous habitions Montpellier. J’ai donc été la petite maîtresse par intérim de Timour. Nous étions très complices. Il exécutait gentiment et volontiers les tours de chien de cirque que je lui apprenais. Les ordres étaient donnés dans une langue inventée par moi. Ainsi, personne ne pouvait comprendre. Ce fût mon premier grand amour et, à n’en point douter, l’attirance que je porte à la race est basée sur ce lien. Ainsi, le jour où, adulte, j’ai vraiment pu sélectionner la race qui partagerait ma vie, mon choix s’est naturellement porté sur le colley.

Par la suite, dans l’exercice de ma profession, au quotidien, au sein de mon entreprise de pension canine et toilettage basée en Seine et Marne, le Bois du Roy, ce choix s’est précisé. Aujourd’hui, il est confirmé. En réalité, plus je connais et côtoie des chiens de toutes races, plus j’aime le colley. Il correspond, quasi en tout point, à mon idéal canin. Je m’amuse à penser que s’il n’existait pas, j’aurais essayé de l’inventer ! 



1987: achat de la propriété de 4 hectares le Bois du Roy à Chaumes en Brie en Seine-et-Marne



  1. Depuis quelle année êtes-vous membre du Club ?

Depuis la présidence de Monsieur et Madame Robigo. A l’époque, Monsieur René Moli était Président d’honneur - élevage de Cabrenysset. Cela fait donc… un petit quart de siècle que je reçois, avec toujours autant de plaisir, la revue du Club !

  1. Depuis quand élevez-vous ? Qu’est-ce qui vous a décidé à devenir éleveur ?

Prince, le premier chien vraiment « à moi » est arrivé de la Spa lorsque j’avais 14 ans. C’était un barbet. Je l’ai inscrit à Titre Initial. Quelques années plus tard, la chance et le destin ont mis sur ma route une femelle noire de la même race, Serynoire. Elle est à l’origine de ma première portée. En  1983, douze chiots, nés et élevés dans mon studio de 15m2… Une douce folie, qui m’a valu quelques problèmes de voisinage. Je me souviens aussi avoir pleuré à chaudes larmes à chaque départ de chiots. Heureusement, avec le temps on s’endurcit. C’était l’année des « U ». Je ne savais pas, à ce moment-là, que vingt ans plus tard, en 2003, je connaîtrais une autre année des « U », avec un élevage de colleys !

J’ai participé à ma première exposition canine à l’âge de dix-sept ans. Pour l’anecdote, je me suis trouvée toute penaude lorsque le juge, Monsieur Servier, m’a demandé de lui montrer les quenottes de mon chien. Je ne connaissais absolument pas la signification de ce mot. On m’avait dit que le juge vérifierait les dents et les testicules. J’ai hésité un instant, puis, rouge écarlate, j’ai fini par opter pour la bonne partie anatomique du chien. Je me régalais déjà sur les rings, en exposition avec mes barbets. Ils m’ont offert de belles victoires, plus de 100 CACIB, des titres de champions du monde, Best in Show, etc. Il est vrai que la concurrence n’était pas rude, mais l'essentiel était là : mon destin se dessinait. Cette expérience m'a inoculé définitivement le virus de l'élevage. Je déployais désormais toute mon énergie à trouver une propriété digne d'accueillir mes nouveaux amis, à la campagne.



Exposition mondiale en 1989 avec la barbette  Serynoire 


  1. Quelle est l’origine de votre affixe ? En quelle année vous a-t-il été délivré ?

J’ai demandé et obtenu mon affixe en 1983. En relation avec le barbet, chien du 8ème groupe rapporteur de gibier d’eau, je proposais comme affixe les Etangs du Prince et les Marécages du Prince. Vous l’aurez sans doute compris, en l’honneur de Prince, mon premier barbet. Vous connaissez la suite...

  1. De quel élevage venait votre premier chien ? Avez-vous continué à élever dans cette lignée ?






1992 : Christine en promenade au Bois du Roy avec Satine, Edward, Hawaï et Gold’N’Delicious

En 1986, je me suis installée sur quatre hectares de terrain à Chaumes en Brie. Avec la ferme intention de réaliser mon rêve : créer un élevage, une pension pour chiens, pour chats, et un salon de toilettage. J’ai acquis mes premiers colleys en 1986, auprès de l’élevage des Près Lassie. J’étais toute fière de démarrer mon propre élevage. Ma joie fut de courte durée… Vous ne pouvez pas imaginer ma déception lorsqu’un spécialiste m’a appris que j’avais tout faux ! A ce moment précis, je réalisais que je n’y connaissais rien, qu’il fallait apprendre et me former avant d’élever cette race. Dès lors, ma stratégie a consisté à visiter beaucoup d’expositions et d’élevages. En France, mais aussi en Hollande et en Angleterre. Cela m’a donné l’opportunité de connaître d’autres passionnés, certains sont d’ailleurs devenus des amis.

J’ai commencé à acheter mes premiers beaux sujets colleys chez Chantal Delhumeau. Son élevage de Florange, sans doute le meilleur à l’époque, a malheureusement  disparu. En 1989, je cherchais un étalon sable pour mes femelles issues de Florange. J’organisais donc un voyage en Angleterre en quête de mon futur étalon. J’en suis revenue bredouille. Aucun des chiens proposés lors de mon périple britannique ne m’a séduite. De retour par Calais, je fis un saut chez Liliane et Michel Tassart, élevage de la Bergerie des Quatre Vents. J’avais eu l’occasion d’y repérer Edward*, un colley d’un an. Il a fallu deux mois de réflexion à Liliane et Michel Tassart avant de me céder Edward, se consolant de la présence de Vladie et Emilie Jolie, mère et sœur d’Edward.

Je ne les remercierai jamais assez. Je sais, aujourd’hui, combien il est difficile de se séparer d’un chien que l’on a élevé depuis sa naissance ! J’ai eu le plaisir de conduire Edward aux titres de champion de France, international et du monde, en 1991. Edward aura été un reproducteur fabuleux, la base de mon élevage. Il était en accord génétique excellent avec mes femelles de Florange issues de Jamesfair We Willie Winkle.

* Edward : petit-fils du célèbre Ch. Brilyn Supertramp



Ch. Edward de la Bergerie des Quatre Vents (à droite)
et sa fille Ch. Great Satin Doll des Marécages du Prince (photo Roland Pic)


En tricolore, ce sont les lignées Mybern qui m’ont permis de progresser. Les élevages Maranick et Lynaire sont les fondations de mes lignées bleu- merle. On retrouve des chiens issus de ces lignées dans les pedigrees de mes colleys. Ils sont la base solide de ma « construction élevage » actuelle. Je suis toujours très émue de penser à eux, ils sont les véritables acteurs du film des Marécages du Prince



Ch. Maranick Mr Frosty né en 1994 (Ch. Troydon Tonni Black x Chantilly Lace)
Photo Roland Pic



  1. Combien de chiens avez-vous ? Comment vivent-ils (chenil, maison, jardin, parc…) ?







3 couleurs aux Marécages du Prince :
de gauche à droite :  La Petite Sirène, Jungle Star et sa fille Ma Sœur Anne
photo Roland Pic


Une quinzaine de colleys vivent à l’élevage. C’est trop à mon goût, mais il est très difficile de rester raisonnable, surtout lorsque l’on élève les trois couleurs. Les chenils sont réservés aux chiens de la pension. Les colleys, eux, se partagent mon bureau et les divers locaux qui leur sont réservés, y compris les logements des apprentis. Les sorties se font dans les parcs (herbe ou gravier). Il y a un parcours d’Agility dans le bois attenant à l’élevage. Par roulement, deux à quatre colleys partagent notre vie de famille. Ils vont à Paris dans la clinique vétérinaire où exerce mon compagnon Olivier. Là-bas, leur activité favorite consiste à se laisser caresser par la clientèle. Le sofa leur est également réservé, du moins, c’est ce qu’ils pensent !

En 2008, nous avons acheté un camping-car. Avec ravissement, la majorité de la meute est devenue camping-cariste. Nous partons plusieurs fois par an en expédition-vacances, ou en exposition. Deux, voire quatre colleys nous accompagnent à chaque voyage. Cela vous donne donc une idée de leur qualité de vie !



Angie et Touch au volant du camping-car en Autriche en 2009



  1. Vous considérez-vous comme un élevage familial, amateur, professionnel ?


En France, légalement, toute personne élevant plus d’une portée par an est professionnelle, quand bien même elle travaille par ailleurs.  Cela l’oblige, en théorie, à avoir un numéro de Siret et à déclarer au fisc la vente de ses chiots. Dans la mesure où j’ai plus d’une portée par an, je suis déclarée, je paie TVA, taxes et impôts divers… Donc, disons, d’un point de vue légal, alors oui, mon élevage est professionnel. Toutefois, en matière d’élevage, un paradoxe est à déplorer : plus vous le faites bien et plus vous perdez d’argent. Au sens de la recherche de rentabilité et de profits, mon élevage est amateur. Quand l’élevage rime avec passion, il ne rime pas avec raison, c’est bien connu. J’ai plutôt l’impression d’être une professionnelle qui vit sa passion en famille, et en amateur au sens littéral, qui aime !

  1. Combien avez-vous de portées par an ?


C’est variable, de quatre à huit par an, en général. Aux portées des chiennes vivant à l’élevage peuvent s’ajouter, éventuellement, les portées de chiennes placées sous contrat, c’est-à-dire vivant chez des propriétaires et reproduisant sous mon affixe.





Chiots nés en 1993
Les deux sables sont des filles d’Edward et leurs mères issues de Florange.
A gauche Illary, au centre Ch. Ile-de-France des Marécages du Prince




  1. Quel est le rythme des portées pour les chiennes reproductrices ?







She’s The One des Marécages du Prince (Ch. Sandiacre Saved By The Bell x Amalie Miss Forum)
Photographiée à 2 mois par Roland Pic



Mes chiennes sont des chiennes modernes. Très peu restent au foyer. La plupart ont une carrière en exposition à réaliser avant toute maternité. Par exemple, le titre de champion international sera obtenu après la victoire de 4 CACIB (dans trois pays différents), avec un écart obligatoire minimum d’un an entre le premier et le dernier. Le premier ne peut pas être gagné avant l’âge de 15 mois. Pour peu que la chienne entame une mue à ce moment- là… Pour commencer le titre, on perd encore plus de six mois en attendant la repousse. Un an de plus à attendre pour le finir. Si on veut qu’elle soit recommandée par le Club, cela ne se fera qu’en avril à la Nationale. Alors, pas de bébés avant, car nos chères mamans « se déplument » pendant de longs mois après le sevrage des chiots. C’est pourquoi de belles championnes comme Top Model  ou Arrogante Amazone des Marécages du Prince  n’ont eu qu’une portée dans leur vie.
Certaines ne sont pas faites pour les shows, refusant de se mettre en valeur. Il arrive également d’avoir plusieurs belles chiennes susceptibles de concourir en même temps et de devoir faire des choix. Dans ces deux cas, nous aurons davantage le loisir d’avoir des bébés avec de telles femelles. Cela s’est produit avec la superbe She’s The One
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