A mon fils, pour qu’il se souvienne


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L’Émigration

I
Les nombreux Allemands et les rares Français qui regardaient naguère encore la population alsacienne et les Lorrains de la frontière comme des Germains séparés, reviendront tous de cette erreur s'ils assistent, même à distance, au grand drame de l'émigration.

Pour éclairer les esprits les plus prévenus, il suffira de comparer la conduite des annexés de 1866 à la résistance énergique, désespérée, qui sera l'éternel honneur des annexés de 1871.

Lorsque le roi Guillaume, après avoir vaincu l'Autriche à Sadowa, imposa sa suzeraineté au Hanovre, à la Saxe, aux villes libres et à toute l'Allemagne septentrionale, c'est à peine si l'on entendit on Europe un bruit timide et discret de protestations isolées. Quelques princes boudèrent, quelques sujets firent les mécontents, mais bientôt la Confédération du Nord se précipita tout entière au-devant d'une servitude qui leur promettait l'unité, la grandeur et la force.

Ces bottiers allemands ont toujours rêvé bottes. Après le plaisir insolent de fouler sous leurs bottes un plus faible qui n'en peut mais, ils mettent au premier rang l'honneur de se vautrer eux-mêmes sous la botte d'un grand, gros homme, lourd et fort.

Aussi les Germains du Midi, catholiques et protestants, bavarois, wurtembergeois et badois, pêle-mêle, rois et peuples, sauf peut-être le petit mélomane quinteux qui encense Wagner à Munich, furent-ils prussifiés par miracle aussitôt qu'ils furent rossés. Ils se jetèrent sur le bâton qui les avait battus comme une bande d'enfants mal élevés sur un sucre de pomme, et quelques millions d'Autrichiens seraient venus en lécher leur part, si la fierté hongroise ne les eût menacés du fouet.

Non-seulement les Allemands conquis ou à conquérir se sont offerts avec joie au despotisme brutal de la Prusse, mais le jour où M. de Bismarck ouvrit la chasse contre nos provinces, nos milliards et nos pendules, toute la nation courut aux armes comme un seul homme. Les pères et les fils se rangèrent sous ce drapeau noir et blanc qui leur avait fait si grand'peur en 1866 ; ils suivirent, comme un troupeau, le général de Moltke, qui avait canonné quatre ans plus tôt leurs frères et qui les conduisit tambour battant à de nouvelles boucheries.

Entre les Brandebourgeois du prince Frédéric-Charles, les Bavarois de von der Tann et les Badois de von Werder, nos départements envahis n'ont pu faire aucune différence : c'était la même brutalité, la même gloutonnerie, le même culte pour un vieux fétiche couronné, le roi Guillaume. Le patriotisme saxon, hanovrien, hessois, wurtembergeois s'évanouit pour faire place à je ne sais quelle adoration servile. Les proscrits de la Prusse qui avaient trouvé un refuge au milieu de nous ne se souvinrent de notre hospitalité que pour guider leurs anciens persécuteurs et pour leur dénoncer les maisons riches.

Voilà le véritable esprit des Allemands ; ce peuple ne sait rien refuser au vainqueur ; il a pratiqué de tout temps la religion de la force. Guillaume ne le verra jamais plus rampant que Napoléon ne l'a vu, dans Berlin même, après Iéna.

Maintenant, reportez vos yeux sur l'Alsace ou sur cette partie de la Lorraine qu'ils appellent impudemment allemande. Si la population du pays annexé avait la moindre parenté morale avec la race germanique, je ne dis pas qu'elle se fût jetée dans les bras de ces nouveaux maîtres, niais il est certain qu'en deux ans elle aurait eu le temps de se résigner.

Sortir d'une nation écrasée pour s'incorporer à un peuple qui fait la loi à l'Europe ; échanger les lourdes charges qui pèsent et pèseront longtemps sur les contribuables français, contre les gains prodigieux de la victoire allemande ; échapper aux terribles devoirs de la revanche, déserter sans crime une armée qui se refait laborieusement, et se ranger, le front haut, avec 4 200 000 camarades couverts de gloire, derrière les plus grands généraux de l'époque ; enfin, rester chez soi, continuer la vie dans le pays fertile et charmant où on l'a commencée, pratiquer la culture, le commerce ou l'industrie sous les auspices d'un roi qui peut ouvrir à ses sujets les plus larges débouchés du monde, n'est-ce pas tout profit ?

Oui, sans doute, pour des Allemands. Mais les loyaux Français de la Lorraine et de l'Alsace ont pris la question d'un autre point de vue. "Tout pour la France et rien pour nous !" Telle est l'admirable réponse qu'ils opposent aux flagorneries, aux promesses, aux conseils, aux menaces et aux violences de l'ennemi.

Il y a quelque temps, un notable habitant de Metz se trouvant obligé de débattre une affaire avec le général commandant la place, l'officier allemand entreprit de l'amadouer et lui dit :

"Les Alsaciens-Lorrains sont presque tous de braves gens, mais, en vérité, nous ne comprenons rien à leur conduite. Ils ont des habitudes régulières, de fortes attaches de famille, de profondes racines dans un sol que le ciel a favorisé entre tous ; ils ont toutes les libertés qu'ils désirent ; ils peuvent rester au café ou à la brasserie, si bon leur semble, jusqu'à minuit. Cependant ils émigrent en masse, ils quittent le certain pour l'incertain, et ils abandonnent la place aux banqueroutiers d'outre-Rhin.

– Oui, répondit l'honorable M. F..., nous sommes des maladroits et des ingrats, car nous avons non-seulement tout ce qu'on peut souhaiter, mais encore quelque chose de plus.

– Quoi donc ?

– Votre présence."

L'auteur de cette réponse appartient, je n'ai pas besoin de le dire, à l'élite de la classe moyenne. Voir les Prussiens chez soi, et les y voir parader en maîtres, c'est un véritable supplice, pour les hommes d'une certaine éducation. Toutefois, comme les élites sont toujours des minorités, j'estime que les dominateurs d'Alsace-Lorraine auraient pu s'impatroniser à la longue sans dépeupler le pays. De même que les Français des provinces temporairement occupées prennent patience et supportent la vue des uniformes allemands sans que l'idée leur vienne d'émigrer, la population des départements annexés, qui a foi, elle aussi, dans l'avenir, se serait cramponnée au sol natal en s'armant d'une patience un peu plus longue.

Pour assurer ce résultat, plus conforme à ses intérêts, qu'aux nôtres, le gouvernement de Berlin n'avait qu'à se montrer honnête ; je veux dire à exécuter le traité de Francfort, dans son véritable esprit, sans en martyriser la lettre. S'il avait envoyé, dans les départements conquis, des fonctionnaires familiers avec la langue française ; s'il avait respecté les usages de la population, permis l'enseignement du français dans les écoles, laissé les noms des rues tels qu'ils existent de mémoire d'homme, calmé le zèle de sa police, respecté le secret des correspondances privées, et, pour tout dire en un mot, imité la modération dont nous lui avons donné l'exemple, ici même, pendant plus de deux siècles, je crois qu'il eût, sinon coupé, du moins apaisé cette fièvre d'opposition qui l'exaspère aujourd'hui.

L'option elle-même, si nombreuse qu'elle eût été, disons même si générale, ne devait pas fatalement entraîner l'émigration d'un peuple. C'est la chancellerie de Berlin qui, dans l'espoir d'intimider les optants, a déclaré que tout Français né ou simplement domicilié en Alsace devrait abandonner son domicile à l'échéance du 1er octobre, ou devenir Allemand malgré lui. Une telle mesure n'est pas seulement odieuse et révoltante pour l'humanité, elle est sotte : elle a jeté hors du pays des milliers d'honnêtes gens, laborieux, éclairés, riches, que le vainqueur avait intérêt à retenir, et qu'un gouvernement un peu intelligent n'eût pas renoncé à séduire.

Enfin, c'est la chancellerie qui a précipité les choses et les a mises au pis, par sa prétention d'enrôler, dès demain, la jeunesse la plus française de France. La sainte horreur du casque à pointe a chassé plus de familles que le ressentiment des massacres, des incendies et des pillages allemands. On peut tout pardonner avec le temps à l'ennemi le plus implacable ; mais, vécût-on cent ans, on ne se pardonnera jamais à soi-même d'avoir porté les armes contre son pays.
II
Je n'appartiens pas à l'école qui déifie Louis XIV au profit de ses héritiers plus ou moins dégénérés, mais, l'histoire en main, j'ose dire que l'annexion de l'Alsace à la France fut un chef-d'œuvre de politique et d'administration. Si les populations se soumirent de bonne grâce à leur nouvelle destinée, ce ne fut pas seulement parce qu'elles sympathisaient de longue date avec nous, mais encore et surtout parce qu'elles furent réunies par des hommes sensés, modérés, confiants dans l'action du temps et dans la force d'attraction qu'ils avaient lieu d'attribuer à la France. Une noble province, profondément attachée à ses traditions et sensible par-dessus tout au point d'honneur, comprit, dès le premier moment, qu'elle pouvait devenir française en restant elle- même : on respecta sa langue, ses habitudes, ses privilèges, ses libertés ; le plus auguste représentant du droit divin et de l'autorité despotique ne toucha pas du bout du doigt aux institutions républicaines de Strasbourg !

Rien n'y fut innové jusqu'à la Révolution, et les glorieuses nouveautés de 1789 n'excitèrent qu'un immense applaudissement dans les murs où Rouget de l'Isle devait bientôt improviser la Marseillaise. Si l'on peut reprocher quelque chose aux gouvernements qui se sont succédé chez nous depuis trois quarts de siècle, c'est un scrupule exagéré ou plutôt une trop grande condescendance aux idées du clergé alsacien, qui craignait la propagation de la langue de Voltaire : il doit bien déplorer aujourd'hui ses sermons et ses catéchismes allemands ! C'est le clergé des deux communions chrétiennes qui, dans un intérêt, hélas ! mal entendu, s'est opposé à l'enseignement du français sur cette terre si française. Nous avons eu grand tort de lui céder ; nous avons péché par excès de tolérance, personne ne nous accusera d'avoir commis un seul excès d'autorité.

Les hommes de Berlin, s'ils étaient aussi forts en politique qu'en balistique, auraient tiré profit de notre expérience en évitant notre unique faute. Dans quel but ont-ils pris l'Alsace et une partie de la Lorraine ? Pour tourner contre nous Metz et Strasbourg et pour nous opposer la barrière des Vosges qui nous couvrait contre leurs invasions. Disons encore, si vous voulez, qu'ils étaient alléchés par les ressources de ces provinces ; qu'ils convoitaient les mines, les carrières, les forêts de l'État, les plaines grasses, les grands outillages, et cette masse énorme de richesses naturelles ou factices qui produit des millions d'impôt. Mais ils pouvaient se donner tout cela, et même le garder quelque temps, sans dépeupler l'Alsace et la Lorraine. Les forteresses, ils les ont ; la ligne des Vosges, ils la tiennent ; le domaine, ils l'exploitent ; l'impôt, on l'eût payé entre les mains de leurs percepteurs, parce qu'on a l'habitude de payer. On eût même envoyé les enfants dans leurs écoles allemandes ; ils y vont déjà, l'on se plie aux rigueurs de l'enseignement obligatoire ; on se fait une raison, on sait que les jeunes Français de l'intérieur apprennent l'allemand et on l'apprend comme eux, aux mêmes fins.

Qui sait ce que l'Alsace et la Lorraine annexées seraient devenues en dix ans, sous un régime intelligent, humain et paternel ? On pouvait dégrever les impôts, car le pays n'a plus de dette ; on pouvait transporter les voyageurs et les marchandises à vil prix sur des chemins de fer qui n'ont rien coûté ; on pouvait développer une telle prospérité dans ces provinces que le patriotisme des âmes vulgaires eût succombé au régime émollient du bien-être. Quelle honte pour les annexés, et quel danger pour notre patrie !

Nous y avons échappé, Dieu merci, et M. de Bismarck, qui passe pour un esprit délié, a commis, dans notre intérêt, la plus énorme balourdise. L'expulsion des optants et l'imminence du recrutement prussien ont rendu tout accommodement impossible entre les conquérants et le peuple conquis. Le roi Guillaume, un peu gâté par l'habitude de gouverner des Allemands, a cru qu'il suffisait de commander pour être obéi en Alsace. M. de Moltke avait hâte de former ses régiments d'Alsace-Lorraine pour armer nos meilleurs soldats contre nous. Ces parvenus de la victoire sont pressés de jouir comme les parvenus de la finance ; il leur faut du pouvoir comptant et de l'obéissance immédiate, comme aux autres de l'amour tout fait. Ils n'ont réussi qu'à changer en solitude lamentable le coin le plus vivant, le plus laborieux et le éclairé de l'Europe.

Quel fruit leur reviendra de tout le mal qu'ils ont causé ? Dans cette pépinière de héros, combien pourront-ils recruter de soldats contre la France ? J'entends dire qu'un appel aux volontaires d'un an, malgré les plus belles promesses et les facilités les plus attrayantes, n'a donné qu'un total de 144 candidats ; encore le renseignement est-il de source prussienne. On n'a jamais pu me même me nommer un seul de ces conscrits de la honte.

En revanche, il est avéré que toute la classe de 1872 a passé la frontière pour tirer au sort à Lunéville, à Nancy, à Belfort, à Paris. Sauf les boiteux, les bossus, les infirmes, on ne trouverait plus aujourd'hui dans les départements annexés un seul jeune homme de vingt ans : les officiers prussiens peuvent venir ; ils ne rencontreront personne, et pas plus dans les villages protestants que dans les centres catholiques. Les conscrits de l'an prochain et de l'année suivante ont devancé l'appel des Allemands par une fuite précipitée. Tout jeune homme arrivé à l'âge de raison met le marché à la main de ses parents et leur dit : Si vous ne pouvez pas m'expédier en France, laissez-moi prendre ma volée avec les camarades. On travaille partout, je gagnerai mon pain, soyez tranquilles : d'ailleurs, j'aimerais mieux le mendier que de coiffer le casque prussien.

Que répondre à cela ? Les vieux parents s'inclinent, font le paquet du garçon, et la mère y glisse en pleurant ses petites épargnes. Tous ceux qui ont un peu de bien et qui peuvent le réaliser émigrent avec leurs enfants. C'est un gros changement dans la vie ; on sera presque pauvres, après avoir été presque riches, mais du moins on ne sera pas séparés. Mon voisin de campagne, à Saverne, était un homme aisé, instruit, de ceux qui sont partout à leur place. Ses intérêts le clouaient au sol natal ; cependant, comme il a quatre fils, et qu'il ne veut à aucun prix les voir Prussiens, je le trouvai dans les apprêts de l'émigration. Mais la veille du jour fixé pour le départ, la mère de famille, frappée au cœur par le spectacle de l'invasion et malade depuis deux années, rendit l'âme. Le mari et les orphelins ont eu à peine le temps de fermer cette tombe, où ils reviendront quelquefois, si la police allemande le permet. Il faut partir d'abord, c'est l'échéance ; la politique de M. de Bismarck n'attend pas. Hors d'ici, les vaincus ! La Prusse ne connaît ni femmes ni mères ; priez vite et allez-vous-en !

Ceux qui s'en vont prennent de grands partis ou s'arrêtent à la frontière, chacun selon ses espérances et son tempérament. S'ils pensent que le malheur du pays pourra durer longtemps et s'ils sont d'une humeur aventureuse, ils quittent tout, même la France ; ils s'embarquent pour le Canada, où l'on parle encore français, ils vont coloniser le Far West des États-Unis ; ils porteraient leurs bras, et des bras vigoureux, en Algérie, si les terres du domaine étaient prêtes à les recevoir. Les plus nombreux, heureusement, sont retenus par une superstition touchante : ils se fixent au plus près du pays, comme s'ils étaient sûrs que les iniquités prussiennes auront leur châtiment avant peu. Ils encombrent Belfort, Nancy, Gray, Epinal et les autres villes de l'est, sans guère dépasser Dijon comme extrême limite. Pauvres gens ! braves gens ! le jour où leur pays redeviendra français, ils veulent être à portée d'y rentrer les premiers et d'un bond.

On me citait une pauvre veuve de soixante ans qui a trois fils sous les drapeaux. Elle a opté et s'est installée à Visembach, premier village français sur la route de Sainte-Marie-aux-Mines à Saint-Dié. Tous les matins, elle gravit à pied et péniblement la montagne, et, s'arrêtant près du poteau qui fixe la limite des deux pays, au sommet du plateau, elle porte tristement son regard vers l'Alsace. Elle interroge les nombreux et infortunés voyageurs qui sillonnent la route, émigrants eux aussi, et demande à chacun d'eux si elle ne pourra pas bientôt retourner au pays natal et regagner sa vieille demeure. Chaque jour elle accomplit ce douloureux et sublime pèlerinage. Le messager tant désiré n'est pas venu encore ; vivra-t-elle assez longtemps pour le voir arriver ?

Mais les plus malheureux de tous sont ceux qui restent.

C'est à coup sûr par une faveur spéciale d'en haut que le roi Guillaume, M. de Moltke et M. de Bismarck, trois vieillards, poursuivent leurs glorieux desseins sans songer aux gens de leur âge, hommes et femmes, qu'ils plongent dans la misère et dans le désespoir. Les lois de la guerre semblent douces quand on les compare au régime de la paix prussienne : sur un champ de bataille, on ne tue que les jeunes ; sur leur champ de conquête, en pleine paix, les grands hommes de Berlin tuent tout.

Jamais les yeux de l'homme n'ont vu spectacle plus navrant que le départ de ces longs trains qui emportent la jeunesse alsacienne et lorraine loin du pays natal. Les garçons rient et chantent pour ne pas pleurer ; ils ont bu, ils se sont monté la tête, et d'ailleurs la jeunesse est facilement éblouie par les mirages de l'inconnu. Mais quand la machine a sifflé, quand la dernière voiture a disparu avec tous les chapeaux qui s'agitent aux portières, il reste sur le quai une masse
inerte, hébétée, stupide, et comme anéantie par l'accablement du malheur. Cela vit cependant, car cela souffre, et la respiration qui sort de cette matière opprimée est un vaste et unanime sanglot.

Dieu sait combien de temps ils resteraient en place ! Mais les gens de la gare viennent bientôt leur rappeler que c'est fini. J'ai suivi un vieux couple de paysans qui s'éloignait à petits pas ; l'homme disait à la femme :

"En avoir eu trois, et maintenant plus un !

– Si seulement ils pouvaient être heureux ! Reprit la mère.

– Et nous ? De si bons ouvriers ! Que ferons-nous sans eux ? Comment vivre ?

– Tais-toi donc ! à quoi sert de vivre ?"

Ils devisèrent longtemps sur ce ton, en s'essuyant les yeux de temps à autre, et sans entremêler à leurs plaintes un seul mot de malédiction. Mais lorsqu'ils furent arrivés à leur porte, avant d'entrer dans ce logis désert, le vieillard recula d'un pas, leva le bras au ciel et murmura d'une voix sourde :

"Mais s'il y a jamais une justice en ce monde ou dans l'autre !..."

Amen ! mon pauvre ami. Du plus profond de mon cœur, amen !
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