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Et, dès les premières années 1900, Mewès, l'architecte de Ritz, a particip éeffectivement à la création de paquebots.

Ainsi à l'égal des palaces hôteliers, le Normandie lancé en 1935, immense navire qui pouvait prendre à son bord deux mille deux cent trente passagers et qui comptait mille trois cent vingt hommes d'équipage, présentait un luxe extraordinaire :
Laques, panneaux de glace peints, carrés de laque d'or décorant le fumoir et le grand escalier, feuilles

25. Le grand hall du paquebot Normandie

d'argent revêtant les murs du théatre, fer forgé, verre moulé, gravé, ciselé par Lalique et Labouret, émaux de La Chapelle, grés émaillés et porcelaines de Sèvres de la piscine, bois précieux des meubles de Ruhlman, soieries de Jean Beaumont : tout concourait à faire du paquebot un musée flottant des Arts Décoratifs. (1).

Le rythme des débarquements et des embarquements marquait aussi profondément le fonctionnement des grands hôtels de capitale. A Paris il fallait mettre en place une organisation spéciale pour faire face à l'arrivée massive ou au départ des clients du train du Havre, port où accostaient la plupart des transatlantiques. Type de problème qu'un certain nombre d'hôtels retrouveront plus tard avec le développement des voyages en groupe !

Paquebots et hôtels, parce qu'il sont de grands ensembles fonctionnels et interdépendants ont partagé aussi d'autres caractéristiques : leur sensiblité à l'incendie par exemple, ou encore leur transformation en période de guerre pour l'acceuil des militaires (navires-transports de troupes ou hôtels pour Etat-Major), pour l'hébergement des blessés (navire et hôtels fréquemment transformés en hôpitaux pendant les guerres).

A partir des années 1900, mais surtout après la première guerre mondiale, l'automobile détermina des évolutions importantes de la conception des hôtels et de leurs localisations.

L'automobile, permit d'abord une assez forte autonomisation par rapport aux transports collectifs, modifiant dans un premier temps à la fois les localisations possibles des hôtels, et dans une certaine mesure leur organisation interne.

Les hôtels purent s'éloigner des gares, et de nouveaux sites s'ouvrirent plus aisément hors des villes.

Avec l'automobile aussi, les clients arrivent séparément et continuellement. Mais surtout dans les hôtels de luxe, ils arrivent de plus en plus souvent avec leur propre voiture ce qui nécessite garage et logement pour les chauffeurs. Comme ces derniers ont fort mauvaise réputation, on essaye de les éloigner au maximum du personnel permanent et on leur construit des annexes .

On vit également apparaître dans les publicités des grands hôtels des années 1920-1930, la mention de l'existence d'un "garage" (parfois sous la forme "garage interne") aux côtés de la mention "toutes les chambres avec salle de bains et téléphone" .
Les contraintes liées au garage automobile furent aussi l'occasion de réflexions futuristes, comme celle de l' hôtel - garage vertical . Dès le début des années 1920, la voiture avait fait naître aux USA un nouveau type d'hôtel de voyage, adapté à l'automobile, à l'usage extensif des terrains et au modèle de la maison individuelle, pour lequel le terme de motel fut inventé en 1925.
Plus encore que la guerre 1914-1918, la seconde guerre mondiale ébranla le système hôtelier de luxe européen et mit au ralenti l'expansion du système américain.
Beaucoup des grands hôtels européens furent endommagés pendant la guerre. Une partie d'entre eux avait également été réquisitionnée : ainsi beaucoup de grands hôtels parisiens ont été occupés par les Allemands; ceux de Vichy devinrent des Ministères, d'autres furent transformés en hôpitaux,; un certain nombre furent fermés. A la fin de la guerre, les armées alliées prirent un certain temps le relais; d'autres hôtels accueillirent des organisations internationales. Mais avec les destructions, les difficultés économiques, le nouveau système politique mis en place dans un certain nombre de pays de l'Est européen, c'est tout le réseau des palaces et des grands hôtels qui était profondément perturbé. Ce ne fut donc pas en Europe une période d'ouverture de nouveaux hôtels, ni de transformations importantes, ni à plus forte raison d'innovation significative.
En revanche, un nouveau modèle d'hôtellerie se développa depuis les Etats-Unis, à partir de la constitution des premières chaînes hôtelières et du développement des transports aériens.

1.2. Les hôtels de chaînes pour passagers aériens


Dès 1919 Conrad Hilton ouvre son premier hôtel à Cisco. Puis, il en ouvre d'autres et peu à peu invente la première formule de l'hôtellerie de chaîne. L'invention est au départ limitée: un certain nombre de grands hôtels appartenaient déjà aux mêmes propriétaires, étaient aménagés de façon assez similaire, de telle manière que les clients qui les fréquentaient aient immédiatement une certaine familiarité avec leur cadre; dans certains cas, pour les hôtels saisonniers, le personnel se déplaçaient d'hôtels en hôtels, suivant les clients dans leur pérégrinations périodiques.
Mais l'adaptation de ce premier principe de chaîne à la société américaine donna quelque chose de nouveau. Le principe de Conrad Hilton, c'est que le voyageur américain souhaite être assuré de trouver partout où il se rend un certain niveau de confort, en quelque sorte la sécurité du confort. Pour répondre à cela, Conrad Hilton mit au point une première forme de normalisation de l'équipement et du fonctionnement des hôtels. Ainsi, comme il le disait, partout ses clients devaient se sentir chez eux.

La formule présente aussi un autre avantage : puisque le confort est normalisé, on peut confier à d'autres le soin de construire et de gérer les hôtels ; il suffit alors de vérifier le respect des normes.

La seconde étape dans le développement des chaînes hôtelières, et qui leur permit d'ailleurs une croissance particulièrement rapide, fut donc l'appui sur des capitaux et des gérants extérieurs. Des systèmes divers de contrats de franchise, de location, de gestion furent progressivement mis au point.

Le système des chaînes fut particulièrement développé par Kemmons Wilson, le créateur d'Holiday Inn (Memphis - Tennessee, 1954), dont la chaîne est devenue la première du monde avec plus de 1700 hôtels et 320.000 chambres .
Les premières unités des chaînes furent implantées sur le territoire des Etats-Unis. Mais le problème d'une hôtellerie au confort américain assuré se posa avec d'autant plus de force lorsqu'après la seconde guerre mondiale,grace au développement du transport aérien, les Américains se rendirent de plus en plus souvent loin, en Europe et en Amérique Latine notamment C'est ainsi que la compagnie américaine Panam créa dès 1945 la chaîne hôtelière Intercontinental Hotels. La première unité ouvrit au Brésil et comprenait 100 chambres avec notamment l'air conditionné. Hôtels de luxe, les Intercontinental étaient destinés aux hommes d'affaires utilisant l'avion; ils étaient implantés dans les villes que desservait la Panam et contribuaient ainsi au remplissage des avions

26. Le Hilton Hotel, Abilene

Ces hôtels inventaient de fait un luxe nouveau. Ils n'avaient aucune ambition "exotique". Ils devaient, comme autrefois les premiers hôtels pour les Anglais en voyage, offrir aux hommes d'affaires américains les conditions de vie et de confort les plus voisines de ce qu'ils connaissaient dans leur pays. Cela nécessitait un certain nombre d'adaptations. L'important était alors moins la décoration, la taille des espaces publics, que l'air conditionné ou les glaçons pour les boissons ! Loin d'emprunter quoi que ce soit au style local, ces hôtels devaient donner l'impression aux touristes (de loisirs ou d'affaires) qu'ils vivaient sur une petite parcelle des Etats-Unis, aussi sûrement et aussi confortablement.

Il en résulta une conception très homogène. Ces hôtels ressemblèrent vite aux avions qui transportaient les touristes : même air conditionné, mêmes musiques d'ambiance, mêmes boissons, même clientèle. Jusqu'au chambres dont la taille put être réduite, les voyageurs aériens ne pouvant généralement emporter beaucoup de bagages.

Les premiers grands hôtels étaient conçus pour accueillir les clients et leurs propres domestiques. La génération suivante, des palaces notamment, fut celle des malles-cabines . Celle des hôtels de chaînes est celle des Samsonite .

Mais la réduction des bagages correspondit aussi au raccourcissement de la durée moyenne des séjours. Autrefois, on séjournait des semaines, voire des mois dans les grands hôtels. Avec le tourisme aérien, la durée moyenne des séjours, qu'il s'agisse d'affaires ou de tourisme, tomba rapidement à quelques jours.
Dans ce cadre, c'est tout le rapport du client à l'hôtel qui se modifia. Les services doivent être très rapides (le nettoyage à sec des vêtements dans les heures qui suivent par exemple), et ils sont beaucoup plus impersonnels car la relation entre le client et le personnel est beaucoup plus brève.
La conception d'ensemble des hôtels se modifia également et dans un premier temps on assista à la disparition d'une série d'espaces collectifs utilisés autrefois par une clientèle de longue durée, qui trouvait une partie de ses distractions au sein de l'hôtel. Salons et salles de lecture furent éliminés au

27, 28. Le Hilton Hotel, Porto Rico

profit d'un lobby de plus en plus grand, lieu de passage et de "traitement" "à la chaîne" de la clientèle (concierge, réception, caisse, services divers).

La normalisation des chambres et des hôtels produisit des formes très banalisées. A la limite, le luxe devint la possiblité de disposer partout de ce même type d'équipement banal.

Le succés de l'hôtellerie de chaîne fut fulgurant aux Eats Unis dans les années 1950. Pendant ce temps l'hôtellerie européenne subit peu de modifications, les palaces encore en exercice vieillissant plus ou moins bien. Ils devenaient obsolètes pour la clientèle haut-de-gamme américaine, qui les trouvait non seulement vieillots, mais un peu décrépis et sous-équipés : c'est avec retard que les postes de radio équipèrent toutes les chambres, c'est aussi avec retard que l'on y installa des télévisions; les salles de bains étaient "d'époque" et les baignoires superbes, mais très longues à remplir! Evidemment, il n'y avait pas d'air conditionné et cela manquait aux touristes américains.

En Angleterre l'hôtellerie de chaîne connut un développement dès le début des années 1960, mais il s'agissait plus du rachat d'hôtels existants par de grandes compagnies (Grand Metropolitan, Trusthouse Forte) que de création de nouveaux hôtels.
En France, c'est à la fin des années soixante que sont créées les premières chaînes. Le premier créneau fut précisément l'hôtellerie de luxe, notamment avec la chaîne Sofitel . Aidée fortement par des aides publiques, l'hôtellerie de chaîne se développa très rapidement au début des années 1970, sur le marché des 4 étoiles et des 4 étoiles luxe, puis en se diversifiant aux trois étoiles, aux deux étoiles, et enfin depuis quelque temps aux une étoile.
On compte actuellement une centaine de chaînes dans le monde, soit plus de 12.000 établissements et deux millions de chambres. Ces hôtels de chaînes ont une taille moyenne de 170 chambres, mais la distribution est inégale.Par exemple, les hôtels de la chaîne américaine Westin Hotels sont en moyenne de 565 chambres, alors que ceux de Super Motels Inc. sont d'une soixantaine de chambres.

La répartition est aussi inégale dans le haut de gamme: certains grands hôtels de luxe comptent plus de 1000 chambres, mais de nombreux palaces appartiennent également à des chaînes et comptent seulement 200 à 300 chambres.

La taille de certaines chaînes est énorme :

Holiday inn, 1700 hôtels, 320.000 chambres;

Sheraton 480 hôtels, 130.000 chambres

Ramada 580 hôtels, 55.000 chambres
Les deux plus grosses chaînes britanniques, Trusthouse Forte et Grand Metropolitan comptent respectivement 72000 et 40000 chambres. Le groupe français Accor approche les 600 hôtels et les 80.000 chambres.
Toutes ces chaînes disposent d'une gamme complète de "produits" allant du 4 étoiles luxe au 1 étoile. Par exemple, Holiday Corporation dispose de :

-Crowne Plaza, hôtellerie de grand luxe

-Embassy Suites: hôtels-appartements pour long séjours d'hommes d'affaires

-Holiday Inn : trois et quatre étoiles

-Hampton Inn : hôtels à prix modérés

-Harrah's Hotels : Hôtels / casinos

-Residence Inn: logements pour séjours prolongés.
Le groupe français Accor propose huit produits principaux :

-Sofitel, quatre étoiles et quatre étoiles luxe

-Novotel et Mercure,trois étoiles

-Ibis et Urbis, deux étoiles

-Formule 1, hôtels économiques,

-Hotelia, hôtels pour retraités,

-des "produits" thalassothérapie et de la "parahôtellerie" (hôtels appartements).
Toutes ces chaînes possèdent leur propres réseaux de réservation qui couvrent des dizaines de pays, des centrales d'équipement et d'approvisionnement en produits durables et parfois en produits alimentaires, des sociétés de services multiples (bureaux d'études, informatique, gestion...) des centres de formation.

La conception, l'aménagement, la gestion des hôtels répondent à des cahiers des charges extrêmement précis, comportant souvent des milliers de normes. Les systèmes sont plus ou moins centralisés, mais, par exemple, pour la chaîne Intercontinental, il existe une série d'ouvrages de plusieurs centaines de pages définissant tout, de la température moyenne des chambres aupoids minimum du savon, en passant par la hauteur des poignées de portes. Et, quand le Grand Hôtel de Paris, qui appartient à cette chaîne, veut faire imprimer un nouveau menu, la taille de celui-ci, la qualité du carton, les types de caractères doivent être aux normes de la chaîne. Dans ces conditions,il est souvent plus commode de faire imprimer ce menu à New York...
Peu à peu, l'hôtellerie de chaîne étend son emprise . Elle n'est plus limitée maintenant aux quatre étoiles banalisés de la première époque. Non seulement elle s'est étendue dans les gammes inférieures, mais elle a également pris le contrôle de la plupart des grands palaces européens.

A Paris par exemple, moins d'une dizaine de quatre étoiles luxe leur échappent :

Intercontinental possède le Grand Hôtel, le Meurice, et l'Intercontinental (ancien Continental);

Le Prince de galles, le George V, l'Hôtel de la Trémoille, et le Plaza-Athénée appartiennent au groupe anglais Trusthouse Forte (THF); Le Crillon et le Concorde-Lafayette sont la propriété du groupe Concord, qui possède également à Paris - et en province- de nombreux quatre étoiles prestigieux (à Paris, l'Ambasaador, le Concorde Saint-Lazare ancien Terminus Saint-Lazare, le Louvre-Concorde ancien hôtel du Louvre, le Lutétia ; le Lancaster est aussi une filiale du groupe anglais Savoy.
Des 4 étoiles luxes plus récents sont contrôlés par ailleurs par la chaîne Hilton, par la chaîne Méridien (filiale d'Air-France) par Sofitel (groupe Accor), par la nouvelle chaîne "Pulman" (anciennement PLM), par Nikko (filiale de Japan Airlines) .

Le Royal Monceau est contrôlé par des capitaux arabes ayant de nombreux intérêts hôteliers, le Bristol par des capitaux allemenads, le Ritz par la famille égyptienne Al Fayad (qui possède, entre autres, les magasins Harrod's de Londres). Des intérêts du même type sont présents dans le Scribe, le Claridge, le Majestic.

Malgré cette appartenance à des chaînes, les spécificités des palaces subsistent, voire tentent de s'accentuer; des différences importantes d'ambiance, d'aménagement, de localisation, correspondent à des clientèles quelque peu différentes.

29. L'Hôtel George V, Paris

Cela semble même être un des traits de l'évolution de l'hôtellerie de haut de gamme, y compris dans les hôtels modernes quatre étoiles au luxe banalisé, que de chercher à s'adapter plus finement à ce qu'en mercatique on appelle les "segments de marché", ou encore de parvenir à une "flexibilité maximale" que le service rend souvent mieux que l'équipement.
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