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-un département médical avec médecin, dentiste et diététiciens ;

-une banque et des coffres particuliers;

-une agence pour les spectacles, théatres, opéras, concerts, compétitions sportives;

-une agence de voyage;

-un traiteur, relié au room-service (service de chambre);

-un service de nettoyage jour et nuit ;

10. Le Waldorf-Astoria sur son nouveau site, New York

-un service de secrétariat et de sténo-dactylographie.

Les commerces sont également nombreux : coiffeur, soins de beauté et massages, librairie, magasins de bougies (!), fleuriste, fourrures, habillement pour hommes, pour femmes, bijouterie, photographe.

Enfin,au niveau des équipements de l'hôtel et des chambres, il faut noter la radio dans les chambres, avec un système de réception central qui permet de capter en ondes courtes la plupart des capitales étrangères, un système d'isolation phonique pour en limiter les gênes, de l'éclairage indirect dans les chambres en plus des lampes habituelles, un système de communication complet (poste, cable, télégramme,téléphone automatique, télétype, messagers, distibution immédiate dans les chambres), eau courante "glacée", air conditionné (température et hygrométrie) dans les principaux espaces publics (et dans une partie des chambres dès 1939). Quant au mobilier, il n'est pas standardisé et est constitué de pièces originales de styles divers et de tous pays, dans le but de donner une "home-like character".
L'une des caractérisitique les plus intéressantes de ces grands hôtels américains c'est leur triple fonction : hôtel pour voyageur, équipement urbain pour activités collectives, mais aussi résidence urbaine "ultra-moderne" comme le soulignait la brochure du Waldorf-Astoria.

En effet, les villes américaines en croissance accélérée étaient nécessairement "en retard" sur les populations qui s'y précipitent; les fortunes s'y faisaient vite et il n'existait pas de parc résidentiel pré-existant susceptible d'accueillir ces arrivées massives de gens fortunés. Enfin, ucune histoire ne venait donner une valeur particulière à certains quartiers.

La population était également particulièrement jeune et mobile. Les grands hôtels se révèlèrent être des structures tout à fait adaptées aux jeunes fortunes . C'est ainsi que se développa un véritable mode de vie hôtelier . Les hôtels des grandes villes firent une grande place aux "suites". Ainsi selon Pevsner, on comptait en 1885 dans les hôtels new-yorkais, 300.000 clients, dont 100.000 résidents permanents. Parmi ceux-ci, il y avait beaucoup de jeunes couples mariés sans enfants. Dans certains hôtels il y avait une entrée spéciale pour les résidents permanents (notamment pour que l'on n'accuse pas certaines femmes de fréquenter des hôtels et préserver ainsileur réputation) . Car les hôtels, même les plus luxueux, restaient globalement considérés sinon comme des lieux de débauche, pour le moins comme des endroits équivoques. Longtemps dans certains grands hôtels il n'y eut de chambre individuelle que pour les hommes, les bars furent interdits aux femmes et des salles à manger spéciales leur étaient réservées.
Certains hôtels dits "apartment hotels with service" étaient exclusivcement réservés à des résidents permanents. Ce mode de vie intrigua beaucoup les Européens et apparut un temps comme très caractéristique de "l'american way of life". Ainsi Paul de Rousiers dans La vie Américaine se demande si la vie des Américains à l'hôtel n'était pas une légende, qui n'a qu'une apparence de vérité dans l'Est, et que colportent des européens peu soucieux d'aller voir ce qui se passe en dehors de New York . Il constae alors qu'effectivement beaucoup d'Américains vivent dans des immeubles qui ont l'apparence d'un hôtel, mais qu'ils y louent de véritables appartements, y employant leur propre personnel domestique. Il identifie toute une variété de "boarding houses" et en explique le développement par l'absence de maisons louées à l'étage, d'immeubles de rapport comme en France. Enfin, l'une des raisons du succés ce que nous pourrions maintenant appeler de la "para-hôtellerie permanente" est selon lui la rareté des domestiques : dans cette vaste contrée dont tant de richesses sont encore inexploitées, la tentation vient naturellement à tout le monde de travailler pour son propre compte, de profiter des avantages exceptionnels d'un pays neuf (1) .
Quelle que soit la valeur de cette analyse, il est clair que le grand hôtel américain développa une forme d'habitation collective permamente, qui perdure jusqu'à nos jours, mais sous des formes sensiblement modifiées. Les grands immeubles d'appartements américains ont ainsi gardé un certain nombre de services collectifs, dont le plus répandu est la salle de machines à laver collectives, mais dont certain signes sont également ces auvents qui marquent l'entrée de nombreux grands immeubles de luxe.
La fascination européenne pour l'hôtel américain

Les hôtels américains ne cessèrent, à partir de la seconde moitié du XIX° siècle, de fasciner les Européens. Ils constituèrent même un certain temps l'archétype de la vie américaine, avec selon les cas ses attraits et ses répulsions .
Claude Réal dans son Traité de l'industrie hôtelière mettait en garde le lecteur contre toute tentation d'imiter le modèle américain. Dans un chapitre consacré à l'hôtellerie américaine il écrivait :

Les Etats Unis ont eu le don d'émerveiller la vieille Europe par leur prodigieuse activité et le développement fantastique de leur agriculture et de leur industrie.

La première nous a fait connaître ses fruits secs, son saindoux et ses viandes de conserves.

La seconde nous a inondé de ses produits mécaniques les plus divers et voudrait imposer à notre admiration des monstres de fer et de ciment qui ne sont cependant que des représentants exceptionnels de l'hôtellerie américaine...

Puis après avoir longuement décrit le Waldorf-Astoria de New York il poursuit.

Nous avons bien soin, en France, de ne pas les imiter; notre clientèle élégante et raffinée, s'accomoderait mal d'une maison ouverte à tout venant, servant de lieu de rendez-vous aux gens d'affaires et aux flâneurs de la ville.

Elle n'apprécierait pas d'avantage le luxe tapageur de ces immenses caravansérails ni leur cuisine de café-concert !

Mais nous devons reconnaître, néanmoins, l'admirable organisation pratique, les efforts tentés et réalisés par les hôtels américains pour donner le maximum de bien-être au voyageur (1).

On voit toute l'ambiguïté du jugement de cet Européen traditionaliste. Mais, beaucoup d'autres étaient plus enthousiastes, et la grande hôtellerie européenne eût de plus en plus comme référence d'abord l'hôtel américain, puis plus tard au XX° siècle plus directement le touriste américain, c'est à dire un habitué de l'hôtel américain.
En attendant, les touristes européens qui revenaient des Etats Unis semblaient conquis par le modèle hôtelier américain, et plus généralement par la façon que les riches américains avaient de voyager.

Après avoir expliqué que si beaucoup d'Américains vivaient en permanence à l'hôtel, c'était parce que le système des appartements bourgeois était très peu développé dans les grandes villes américaine, et après avoir rappelé pourquoi les Américains voyageaient beaucoup, Paul de Rousiers soulignait l'excellente installation de leurs hôtels, de leurs wagons et de leurs bateaux. Dans le hall de tout hôtel un peu important, vous pouvez prendre un billet de chemin de fer, une place de théatre, une assurance contre les accidents; un notary public est là pour authentifier les contrats que vous avez conclus; un sténographe écrira vos lettre avec la machine à écrire; un marchand de livres vous vendra les timbres ;

11. Intérieur de l'Australia, voiture Pullman américaine

12. Voiture-lits n° 60 de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits

enfin la boîte aux lettres, le télégraphe, le téléphone sont à votre disposition. Si vous avez des bagages le portier de l'hôtel les fera remettre à une compagnie d'express qui se chargera de les envoyer à votre prochaine destination, vous les trouverez en y arrivant; bref tout est organisé pour rendre les voyages faciles et, par-dessus tout, pour éviter les pertes de temps.

P. de Rousiers vantait ensuite les wagons de luxe Pullman, infiniment supérieurs aux sleeping cars européens, en particulier ceux de la ligne New York Chicago qui comportaient salons, appartements particuliers, restaurant, fumoir, terrasse pour examiner le paysage, renseignements financiers, sténographes, typewriters, salles de bains pour les deux sexes, femmes de chambre, coiffeur bibliothèque et toutes les commodités d'un home et d'un office, chauffage à la vapeur d'eau, éclairage électrique avec lampes fixes et lampes mobiles... Enfin un nègre, dressé à la politesse sous l'influence de M. Pullman, brosse vos habits, cire vos chaussures et reçoit votre pourboire d'un air souriant, P. de Rousiers explique alors :
Tout est combiné en vue des gens qui n'ont pas de temps à perdre, parce quecette sorte de gens fait le fond de la population; chez nous on en trouve à l'état d'exception dans l'industrie et le commerce, mais le propriétaire, le rentier, le fonctionnaire, n'ont pas besoin de se presser autant ..." (1) .
C'est précisément tout ce qui enthousiasmait P. de Rousiers, qui porté à un stade encore plus avancé, rebutera dans les années 1920 ce grand voyageur qu'était Paul Morand :
Il n'y a pas à New York, écrivait-il, quantité de bons vieux hôtels comme on en trouve à Paris ou à Londres; les plus récents et les plus chers sont les meilleurs... De même que nous nous plaignons de voir s'américaniser nos meilleures maisons, de même on entend les New-Yorkais regretter que leurs hôtels d'autrefois avec leur table d'hôte, leurs serres d'hiver, leurs prix fixes et leurs grands salons de réception tout dorés, aient disparus pour faire place à des caravansérails cosmopolites... Comme pour le Pennsylvania, le Belmont, le Mac Alpin ou l'Astor, la clientèle du Waldorf est faite de commerçants et de provinciaux, typiquement américains et, à cause de celà, fort amusants à observer....

...Ces maisons ont généralement un nombre prodigieux de chambres ... l'organisation est militaire ... elles ne brillent pas par la cuisine; la morale est sévère, ainsi qu'en témoignent des sous-maîtresses installées à chaque étage derrière des pupitres, qui surveillent toutes les portes du couloir. Les pièces de réception sont des palmeraies; des messieurs, le chapeau vissé sur la tête, y fument, dès le matin, de gros cigares, répartissent leur salive dans tous les crachoirs des environs et s'expriment en sonnant du nez; il y a des téléphones sur toutes les tables et les boys circulent en criant à tue-tête des numéros de chambre. On trouve dans les halls tout ce qu'on veut, sans avoir à sortir dans la rue; ce sont de petites villes à l'intérieur d'une grande...

Ces hôtels ne reçoivent pas seulement des résidents; ils s'ouvrent à tout le monde; ils sont le prolongement de la rue; on y entre sous tous les prétextes, pour y acheter des fleurs, un journal, manger un sandwich, donner un rendez-vous, prendre un café, sans parler de certains besoins qu'il est impossible de satisfaire ailleurs à New York...

Les hôtels modernes, ajoute Paul Morand, Saint-Régis, Savoy-Plaza, Plaza, Sherry Netherlands, Ritz carlton, Ambassador, se rapprochent davantage du type européen (le type de palace de la Belle Epoque en Europe que nous étudions dans la section suivante); ils sont plus silencieux que les précédents, beaucoup plus chers, les repas s'y prennent dans les chambres ou plutôt dans les appartements, car il n'est pas d'usage de recevoir en bas et il n'y a d'ailleurs presque plus de pièces communes.(1) .
De façon générale, il apparaît donc que c'est aux Etats Unis que se met au point le modèle du grand hôtel au même moment où s'invente l'hôtel européen. Mais le phénomène y est plus important et le grand hôtel américain se différencie des premiers hôtels européens non seulement par sa taille, mais par son rapport à la modernité et son intégration à la ville comme équipement urbain.

Ce modèle américain, comme nous allons le voir dans les paragraphes suivants, eût une forte influence sur l'hôtellerie européenne, qui à partir des années 1850-1860 en intégra certaines des caractéristiques.

Dans Les Hôtels modernes (2), l'un des premiers manuels d'architecture hôtelière l'auteur suisse Edouard Guyer accorde ainsi aux hôtels américains une place particulière dans chaque chapitre, essayant de faire la part entre ce qui relève des spécifités de la clientèle américaine, et ce qui peut être utilisé de façon plus générale dans l'hôtellerie européenne.

Cependant, évoquer l'influence de l'hôtellerie américaine sur hôtellerie de luxe européenne ne peut se faire qu'après avoir caractérisé cette dernière. Dès ses origines, elle releva d'au moins deux types principaux : les hôtels de stations (touristiques, thermales et balnéaires) et les hôtels métropolitains.

2.2. L'Hôtel de station touristique
Le tourisme de station se développe véritablement à partir de la fin du XVIII° siècle, en Angleterre, en Allemagne, puis sur la "Côte d'Azur", la Côte Normande, la Côte Basque, l'Italie.
Dans une large mesure, le modèle touristique général est d'origine anglaise et sa diffusion s'inscrit dans ce que l'on appellera dès les années 1750 l'"anglomanie". Les riches Anglais se déplacent beaucoup et "exportent" leur "mode de vie" : ils voyagent, ont beaucoup d'argent, jouent beaucoup à toutes sortes de jeux, et développent un nouveau rapport au corps, -dont le sport fait partie-, qui intègre l'exercice, les soins, l'hygiène et le plaisir. Ils visitent le Continent et ses antiquités, y cherchent les douceurs du climat (le sud en hiver, le nord en été), s'amusent et fréquentent les "casinos" ( nom d'origine italienne, introduit en France vers 1740, comme celui de "villégiature") . Ils diffusent enfin leurs pratiques auprès des continentaux, et ce d'autant que certains d'entre eux, lorsque leurs rentes le leur permettent, deviennent des résidents continentaux quasi permanents . T. Byron introduit ainsi en France le tir au pigeons puis crée en 1827 La société des Amateurs de Course; en 1833 Lord Seymour ("Milord l'Arsouille") fonde la Société d'Encouragement (hippisme). En 1836 est créé le "Jockey Club", etc.
Dès le XVIII° siècle, les Anglais jouent également un rôle important dans la relance du thermalisme sous une forme nouvelle,. Ce sont aussi des Anglais qui découvrent et "lancent" dès la fin des années 1700, Nice et Hyères et ce qui deviendra plus tard la Côte d'Azur.

Plus tard, Cook organise ses premiers voyages : en 184,1 en Grande-Bretagne, puis, à partir de 1855 sur le Continent. Le premier guide tourisitique est anglais, c'est le guide Murray en 1836; sa première édition pour la France date de 1854. Le British Alpine Club est créé dès 1857 ; le Club Alpin Français ne le sera qu'en 1874.

La plupart des sports auront la même origine, jusqu'au mot lui même bien qu'il ait son origine dans le vieux mot français "desport", qui signifiait amusement.
L'hôtel et le modèle de la station thermale

A l'origine de la station touristique, il y a la station thermale. Certes le thermalisme remonte à l'Antiquité, et il n'avait pas complètement disparu en Europe, bien qu'il fût devenu quelque chose de marginal et que les établissements thermaux aient eu la réputation d'être surtout des lieux de débauche. Mais il renaît en Angleterre sous une forme nouvelle, dès la fin du XVII° siècle. La ville de Bath, dont la conception et la qualité architecturales sont particulièrement marquantes en constitue en quelque sorte le prototype :

Bath, écrit Fernand Engerand, établit, en partie, les canons de l'élégance britannique, et aussi canlise la fureur de jouer si caractérisitique de l'Angleterre au XVIII° siècle : la ville d'eau devenait la ville du jeu mondain où les jeux d'argent, à l'opposé du tripot, s'intégraient dans la vie sociale. Bath créa la grande fonction sociale de la ville d'eaux qui permet la "promotion", qui éduque les nouveaux riches par les contacts avec l'aristocratie traditionnelle que la capitale ne permettait pas, qui favorise les fructueuses mésalliances. A Bath, enfin, naquit l'urbanisme fonctionnel de la ville d'eaux... la ville théatre (1) . Mais on n'y touve pas encore de véritable hôtel.
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