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1.1. Les marchés du miel : Monde, Europe et France


La notion de marché du miel est récente et arrive en 2e moitié du 20e siècle. Elle est associée au développement des échanges de ce produit qui ont pris une dimension internationale. Nous présenterons ce marché à travers des données de production et de consommation aux échelles mondiale, européenne et nationale.

1.1.1. La production mondiale : les chiffres clés


En 2010, la FAO a estimé la production de miel mondial (FranceAgriMer, 2012) à 1,54 million de tonnes. L’Asie représente à elle seule 42 % de la production mondiale, l’Union Européenne (UE) des 27 états-membres produit 13 % de la production mondiale. En 2010, les trois premiers producteurs de miel dans l'Union Européenne sont l'Espagne, la Hongrie et l'Allemagne avec respectivement 32 000, 23 000 et 18 000 tonnes de miel en 2008. L’UE compte 7 pays grands producteurs de miel si on ajoute aux 3 précédemment cités la Grèce, la Roumanie, la France et la Pologne (EUROPEENNE, 2010).
La production mondiale de miel n’a cessé d’augmenter depuis le début des années 1960 (MENEAU, 2010). On peut ainsi noter une augmentation de + 27 % sur la période 1991-2009 et de + 36 % sur la période 1996-2009 (Graphique 1), soit une augmentation de la production de + 120 % sur la période 1961-2009 qui suit l’augmentation de la population sur cette période. Selon les données de la FAO, cette hausse est essentiellement due à l’augmentation de la production en Chine (+ 60 % en 10 ans) et dans l’Union Européenne (+ 30 % en 10 ans). On constate également des augmentations significatives de production en Argentine (+ 64 % en 10 ans).



Graphique 1
Évolution de la production mondiale de miel depuis 1961




Source : MENEAU, 2010.
Si on détaille l’évolution de la production de miel à l’échelle internationale (Graphique 2), on peut remarquer que globalement la production sur tous les continents augmente sur la période 1990-2008, à l’exception du continent américain qui voit sa production baisser en 2002, 2004 et 2008. Ces baisses peuvent s’expliquer par des conditions climatiques particulières mais également par une politique de diminution de la production (maintien des prix). De plus, on peut noter que l’Europe dépasse la production du continent Américain depuis 2004, et que l’Asie, depuis 2006, produit pratiquement le double de la production européenne.

Graphique 2
Répartition de la production mondiale de miel par continent entre 1990 et 2008




Source : MENEAU, 2010.

À partir des données de la FAO (Food and Agriculture Organization) (Tableau 1), on peut noter qu’en 2011, les principaux pays producteurs sont la Chine, la Turquie et l’Ukraine. Les 20 premiers pays producteurs de miel représentent à eux seuls 80,3 % de la production mondiale (1,2 million de tonnes de miel pour une production mondiale de 1,6 million de tonnes). À l’échelle mondiale, les données de 2011, sont les plus récentes.

Tableau 1
Top 20 des producteurs de miel en volume et en valeur en 2011 (Source : FAOSTAT)


Position

Région

Production (1000$ Int)

Symbole

Production (T)

Symbole

1

Chine, continentale

1081563

*

431 000




2

Turquie

236500

*

94 245




3

Ukraine

176412

*

70 300




4

États-Unis d'Amérique

168869

*

67 294




5

Fédération de Russie

150590

*

60 010




6

Inde

150565

*

60 000

F

7

Argentine

148056

*

59 000

F

8

Mexique

145002

*

57 783




9

Éthiopie

134693

*

53 675




10

Iran (République islamique d')

117943

*

47 000

F

11

Brésil

104402

*

41 604




12

Canada

89134

*

35 520




13

Espagne

86886

*

34 624




14

République-Unie de Tanzanie

85571

*

34 100

F

15

Allemagne

64821

*

25 831




16

Roumanie

60544

*

24 127




17

Kenya

60226

*

24 000

F

17

République de Corée

60226

*

24 000

F

19

Angola

57465

*

22 900

F

20

Uruguay

47930

*

19 100

F

Légende : * : Chiffre non officiel – F : Estimation FAO.
Dans le tableau ci-dessus comme sur le graphique présenté ci-dessous (Graphique 3), on peut noter que si la Chine, la Turquie et l’Ukraine sont les plus importants producteurs de miel au monde, quantitativement la Chine se détache très significativement de l’ensemble des pays producteurs.

Graphique 3
Top 9 des producteurs de miel en volume et en valeur en 2011


http://faostat.fao.org/desktopmodules/faostat/images/t20/chartpic_lw2odgot6jgd7y8xt5cf.png?67fd4e0f-da57-44da-8af1-7acd6ec98a18

Source : FAOSTAT.

En 2009, l'Union Européenne a importé 137 297 tonnes de miel. L'Argentine reste le premier fournisseur de l'UE avec 38 733 tonnes (soit près de 30 % du total des importations communautaires), suivi de la Chine (32 495 tonnes). Les sources d'approvisionnement ont changé depuis 2005, une grande partie du miel argentin ayant été substituée par du miel chinois. En effet, en 2005, le miel en provenance d'Argentine représentait plus de 50 % des importations communautaires, alors que les importations en provenance de Chine sont passées de 5 000 tonnes en 2005 à plus de 30 000 tonnes en 2009. En effet après un embargo sur le miel chinois par l'UE pour des raisons sanitaires au début des années 2000, celui-ci a été levé et s'est traduit par une hausse importante ensuite des importations de miel chinois.
L’interdiction du miel chinois sur le marché européen était liée à :

  • La dissimulation de l’origine du miel pour éviter le paiement des droits de douane ;

  • Une épidémie de loque qui a été traitée avec des antibiotiques vétérinaires fabriqués en Inde comprenant du chloramphénicol (interdit en Europe depuis 1994 (SCHNEIDER, 2011)), un antibiotique susceptible de porter atteinte à l’ADN avec un risque élevé de cancer, ce qui avait amené la commission européenne le 25 Janvier 2002 (traduite en droit sous le N° 2002/69/CE du 30 janvier 2002), à décider l'arrêt total des importations de miels chinois ;

  • Le risque de présence de plomb dans le miel du fait du stockage dans des bidons sans revêtement alimentaire intérieur et soudés au plomb.


Aujourd’hui, le gouvernement chinois a pris une série de mesures afin de pouvoir être conforme aux normes européennes et aucun cas de contamination ou de pollution n’a été suspecté. Depuis 2005, le miel chinois reprend progressivement une place importante dans les importations de l’Union européenne (FranceAgriMer 2012, p. 12), notamment grâce à un prix de vente très bas.

1.1.2. La consommation mondiale


La consommation mondiale de miel est estimée à 1,3 million de tonnes en 2011 par la FAO, l’Union Européenne représentant à elle seule 24 % de la consommation mondiale. Elle a augmenté de + 28 % sur la période 1990-2009 et de + 30 % sur la période 1996-2009, soit une augmentation globale de + 120 % sur la période 1960-2009 (Graphique 4). Cette augmentation est variable selon les continents.

Graphique 4
Évolution de la consommation mondiale de miel entre 1961 et 2009




Source : MENEAU, 2010.

De façon plus précise (Graphique 5), on peut noter que la consommation en Asie et en Europe a été multipliée par 2 entre 1990 et 2007, et qu’elle reste relativement stable sur les continents américain, africain et océanien.

Graphique 5
Évolution de la consommation mondiale de miel par continent entre 1990 et 2007




Source : MENEAU, 2010.
La consommation mondiale a augmenté au cours de ces dernières années passant ainsi d’environ 0,9 million de tonnes en 1990 à plus de 1,4 million de tonnes actuellement.

1.1.3. Bilan production-consommation en Europe


En Europe, l’autosuffisance en miel n’est pas acquise. En effet comme on peut le voir sur ce tableau (Tableau 2), il y a un réel déficit de production qui a des répercussions économiques directes. On peut ainsi noter que les importations européennes n’ont cessé d’augmenter depuis 2000 passant de 200 356 tonnes en 2000 à 247 460 tonnes en 2010, soit une augmentation de 23 % sur la période 2000-2010. Parallèlement les échanges augmentent au sein de l’UE, les exportations intra-communautaires passant de 72 832 tonnes en 2000 à 107845 tonnes en 2010, soit une augmentation 48 % sur la période 2000-2010 (Tableau 2).
Selon l’audit économique de la filière apicole française (FranceAgriMer, 2012) en 2010, l’UE à 27 a enregistré un déficit de près de 130 000 tonnes qui correspond à 232 millions d’euros, essentiellement en raison d’importations massives en provenance de pays tiers. Trois pays concentrent 92 % de ce déficit en volume : l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France. La dégradation du solde du commerce extérieur est une tendance lourde, puisque l’offre intérieure ne suffit pas à couvrir la demande. Les exportations des pays de l’UE à 27 sont essentiellement intra-communautaires (91 % des volumes exportés en 2010), celles à destination des pays tiers, bien qu’en nette hausse, restant peu significatives. Trois pays représentent 50 % des exportations de l’UE à 27 : l’Espagne, l’Allemagne et la Belgique. Ils jouent un double rôle, celui d’importateur et de ré-exportateur, véritable plateforme du commerce de miel communautaire.

Tableau 2
Solde du commerce extérieur européen du miel 2000-2010




Source : PROTEIS d’après EUROSTAT, p. 54.

1.1.4. Production et consommation de miel en France


Les Français consomment en moyenne 40 000 tonnes de miel par an pour une production nationale estimée à 18 500 tonnes en 2012 (FranceAgriMer, 2014). La France est donc nettement déficitaire en miel, puisque la production représente moins de 50 % de la consommation. Les importations, en hausse constante, se sont élevées à 25 400 tonnes en 2012 (soit environ le cinquième des importations européennes de miel). La France exporte très peu de miel du fait d’une production (Tableau 3) qui ne couvre pas la demande nationale (absence d’autosuffisance sur le miel).

Tableau 3
Évolution de la consommation apparente, de l'importation et des exportations en France




Source : FranceAgriMer, 2012, p. 9.
Les principaux fournisseurs de la France (80 % des volumes) sont l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique, la Hongrie, l’Argentine et l'Italie. Les chiffres des exportations sont très fluctuants, mais ne dépassent pas 4 000 tonnes par an. Les principaux pays destinataires sont le Royaume-Uni, l’Espagne et la Suède (FranceAgriMer, 2012, p. 10).

En 2012, grâce à une production de miel de 18 500 tonnes (FranceAgriMer, 2014) et de 2 tonnes de gelée royale, la filière apicole française a généré un chiffre d’affaires de 135 millions d’euros, dont 70 % uniquement liés au miel. Du fait de son volume de production, la France se place alors en troisième position des pays producteurs européens derrière l’Espagne et la Grèce.
Contrairement à la tendance à l’augmentation observée à l’échelle mondiale, on constate en France, une baisse tendancielle de la production de miel : - 28 % entre 2004 et 2010 (FranceAgriMer, 2012, p. 6). La production française de miel est aussi caractérisée par une grande variabilité. Cette variabilité est d’abord géographique, mais aussi liée à des aléas climatiques et sanitaires, ces derniers prenant des proportions inquiétantes et se manifestant notamment par une importante mortalité annuelle des colonies d’abeilles.
Comme vu précédemment, la production française de miel ne permettant pas de couvrir la demande intérieure, le recours aux importations croît avec la diminution de la production autochtone.

1.1.5. Segmentations du marché français du miel


Le marché du miel peut être segmenté en deux grandes catégories : le marché dit du « vrac », alimenté par les entreprises de conditionnement, et le marché directement ravitaillé par les apiculteurs (vente en direct ou en demi-gros). Ce dernier segment représente plus de la moitié de la récolte en France, comme à l’étranger. Cette importance de la vente directe est très caractéristique du marché du miel.
Une autre caractéristique importante est le fait que le miel soit surtout commercialisé en l’état, non transformé. Ainsi, pour les trois quarts des exploitations apicoles, le miel représente 80 % du chiffre d’affaires (FranceAgriMer, 2012, p. 15). S’il existe une segmentation officielle du miel à travers différentes dénominations (Encadré 1), on rencontre plutôt des données de segmentation des miels selon leur origine florale, notamment parce qu’ils se valorisent différemment. Par exemple, le miel d’acacia se vend au détail 8 à 10 € le kilo quand le miel toutes fleurs est valorisé 7 à 8 € le kg (CERD, 2012, p. 373).
Par ailleurs, comme l’indique le tableau 4 ci-après, en 2010, de l’ordre de 10 % du miel produit en France a été vendu sous SIQO (Signes d’Identification de la Qualité et de l’Origine), c’est-à-dire sous label rouge, sous Appellation d’Origine Contrôlée-Protégée ou Indication Géographique Protégée et sous la dénomination Agriculture Biologique. L’INAO a estimé la part en volume des signes officiels dans la filière nationale en 2012. Pour le miel cette part sous SIQO a été estimée à 8 % (INAO, 2013), soit un recul de 2 % par rapport à 2010, concernant plus probablement les signes d’identification de l’origine. En effet, le miel Biologique connaît un fort essor depuis quelques années. Les chiffres clés de l’Agence Bio font ainsi état du nombre de ruches certifiées bio : 69 495 ruches en 2010 (dont 5 290 en Bourgogne), 81 005 ruches en 2011 (dont 5 780 en Bourgogne) et 86 865 ruches 2012 pour 463 apiculteurs (Agence bio 2011, 2012, 2013). Cela représente une augmentation du nombre de ruches certifiées bio de près de 25 % en 3 ans. Cela nous permet d’estimer la production de miel bio en 2012 à 1187 tonnes environ. L’agence bio estime aussi que les ventes de miel bio en GMS ont augmenté de 17 % en 2012, pour dépasser 10 millions d’euros de chiffre d’affaires (Agence bio, 2013, p. 17).

Encadré 1
Les différentes dénominations du miel selon le décret 2003-587 du 30 juin 2003


Selon sa source :

- Miel de fleurs ou miel de nectars est obtenu à partir des nectars de plantes,

- Miel de miellat s’il est obtenu essentiellement à partir des excrétions laissées sur les parties vivantes des plantes par des insectes suceurs (hémiptères) ou à partir des sécrétions provenant de parties vivantes de plantes.

Selon son mode de production et/ou de présentation :

- Miel en rayons : le miel emmagasiné par les abeilles dans les alvéoles operculées de rayons fraîchement construits par elles-mêmes ou de fines feuilles de cire gaufrées réalisées uniquement en cire d'abeille, ne contenant pas de couvain, et vendu en rayons, entiers ou non

- Miel avec morceaux de rayons : le miel qui contient un ou plusieurs morceaux de miel en rayons ;

- Miel égoutté : le miel obtenu par égouttage des rayons désoperculés ne contenant pas de couvain ;

- Miel centrifugé : le miel obtenu par centrifugation des rayons désoperculés ne contenant pas de couvain ;

- Miel pressé : le miel obtenu par pressage des rayons ne contenant pas de couvain, avec ou sans chauffage modéré de 45°C au maximum ;

- Miel filtré : le miel obtenu par l'élimination de matières étrangères inorganiques ou organiques d'une manière qui a pour résultat l'élimination de quantités significatives de pollen.

Enfin selon sa destination :

- Miel destiné à l'industrie : il s’agit du miel qui peut être utilisé à des fins industrielles ou en tant qu'ingrédient dans d'autres denrées alimentaires destinées à être transformées et qui peut présenter un goût étranger ou une odeur étrangère, ou avoir commencé à fermenter ou avoir fermenté, ou avoir été surchauffé.


Tableau 4
Estimation de la production de miel sous SIQO en 2010




Source : FranceAgriMer, 2012, p. 14.
Aux SIQO, il faut ajouter la mention valorisante miel de montagne, ainsi que les marques collectives comme c'est le cas en Bourgogne avec, par exemple, la marque « Miel de Bourgogne », « Miel du Parc Naturel Régional du Morvan » ou encore « miel du Gâtinais », en cours de demande d’IGP.

Enfin, notons en termes de diversification, qu’il existe des produits dérivés à base de miel, le tableau ci-dessous (Tableau 5) recense une partie des produits à base de miel. À cette liste, non exhaustive, on peut ajouter divers produits pharmaceutiques et cosmétologiques.

Tableau 5
Les produits à base de miel en France




Source : FranceAgriMer, 2012, p. 8.
Ces produits peuvent être caractéristiques d’une région, c’est notamment le cas du pain d’épices qui est souvent associé à la région Bourgogne.
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