Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950


télécharger 94.28 Kb.
page1/3
typeDocumentos
exemple-d.com > économie > Documentos
  1   2   3
Séquence histoire-géographie : L’Europe au XXe siècle
Croisement entre deux sujets d’étude :

- L’idée d’Europe au XXe siècle

- L’Union européenne et ses territoires
Problématique : Comment définir l’Europe?

Séance 1 : Des raisons

La construction européenne est née d’une idée. Quelle est cette idée ?
Supports :

  • Texte de la déclaration Schuman, 9 mai 1950 (document central)

  • Extrait texte de Briand, 5 septembre 1929


Pour commencer la séance, les élèves évoquent les contextes européen et international des deux textes (paratexte) à partir de leurs connaissances (cf thème 1 en Histoire) ce qui permettra de mieux comprendre, par la suite, les intentions des auteurs et dégager les éléments moteur de cette idée d’Europe.
Ensuite, les élèves identifient dans la première partie du texte, quelle idée d’Europe est développée par Schuman dans son texte en retrouvant les objectifs, moyens et difficultés qu’évoque l’auteur (code couleur pour distinguer les informations demandées).

Dans la dernière partie du texte, il s’agit d’aborder le projet de la CECA, réalisation qui devient concrète en 1951 et qui est la première marche vers la CEE (1957, traités de Rome).
Enfin, à l’aide du texte de Briand, avec les élèves rappeler que c’est une idée ancienne, pas seulement d’hommes politiques, que contrairement à Schuman, l’idée de Briand n’aura qu’une réussite éphémère (cf échec mémorandum septembre 1930), notamment à cause de la montée des nationalismes qui va à l’encontre de son idée de « lien fédéral ».

Écriture :

À rédiger chez eux, le paragraphe répondant à la problématique en donnant au préalable la trame du contenu (qui ? quoi ? pourquoi ? comment ? quelles limites ?).
2 heures si on fait les deux textes.


Document 1 :

Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950
« La paix mondiale ne saurait être sauvegardée sans des efforts créateurs à la mesure des dangers qui la menacent.

La contribution qu'une Europe organisée et vivante peut apporter à la civilisation est indispensable au maintien des relations pacifiques. En se faisant depuis plus de vingt ans le champion d'une Europe unie, la France a toujours eu pour objet essentiel de servir la paix. L'Europe n'a pas été faite, nous avons eu la guerre.

L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l'opposition séculaire de la France et de l'Allemagne soit éliminée. L'action entreprise doit toucher au premier chef la France et l'Allemagne.

Dans ce but, le gouvernement français propose immédiatement l'action sur un point limité mais décisif.

Le gouvernement français propose de placer l'ensemble de la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d'Europe.

La mise en commun des productions de charbon et d'acier assurera immédiatement l'établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne, et changera le destin de ces régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes.

La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l'Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible. L'établissement de cette unité puissante de production ouverte à tous les pays qui voudront y participer, aboutissant à fournir à tous les pays qu'elle rassemblera les éléments fondamentaux de la production industrielle aux mêmes conditions, jettera les fondements réels de leur unification économique.

Cette production sera offerte à l'ensemble du monde sans distinction ni exclusion, pour contribuer au relèvement du niveau de vie et au développement des œuvres de paix. L'Europe pourra, avec des moyens accrus, poursuivre la réalisation de l'une de ses tâches essentielles: le développement du continent africain.

Ainsi sera réalisée simplement et rapidement la fusion d'intérêts indispensable à l'établissement d'une communauté économique qui introduit le ferment d'une communauté plus large et plus profonde entre des pays longtemps opposés par des divisions sanglantes.

Par la mise en commun de productions de base et l'institution d'une Haute Autorité nouvelle, dont les décisions lieront la France, l'Allemagne et les pays qui y adhéreront, cette proposition réalisera les premières assises concrètes d'une Fédération européenne indispensable à la préservation de la paix.

Pour poursuivre la réalisation des objectifs ainsi définis, le gouvernement français est prêt à ouvrir des négociations sur les bases suivantes.

La mission impartie à la Haute Autorité commune sera d'assurer dans les délais les plus rapides : la modernisation de la production et l'amélioration de sa qualité, la fourniture à des conditions identiques du charbon et de l'acier sur le marché français et sur le marché allemand, ainsi que sur ceux des pays adhérents, le développement de l'exportation commune vers les autres pays, l'égalisation dans le progrès des conditions de vie de la main-d’œuvre de ces industries.

Pour atteindre ces objectifs à partir des conditions très disparates dans lesquelles sont placées actuellement les productions des pays adhérents, à titre transitoire, certaines dispositions devront être mises en œuvre, comportant l'application d'un plan de production et d'investissements, l'institution de mécanismes de péréquation des prix, la création d'un fonds de reconversion facilitant la rationalisation de la production. La circulation du charbon et de l'acier entre les pays adhérents sera immédiatement affranchie de tout droit de douane et ne pourra être affectée par des tarifs de transport différentiels. Progressivement se dégageront les conditions assurant spontanément la répartition la plus rationnelle de la production au niveau de productivité le plus élevé.

A l'opposé d'un cartel international tendant à la répartition et à l'exploitation des marchés nationaux par des pratiques restrictives et le maintien de profits élevés, l'organisation projetée assurera la fusion des marchés et l'expansion de la production.

Les principes et les engagements essentiels ci-dessus définis feront l'objet d'un traité signé entre les États et soumis à la ratification des parlements. Les négociations indispensables pour préciser les mesures d'application seront poursuivies avec l'assistance d'un arbitre désigné d'un commun accord; celui-ci aura charge de veiller à ce que les accords soient conformes aux principes et, en cas d'opposition irréductible, fixera la solution qui sera adoptée.

La Haute Autorité commune chargée du fonctionnement de tout le régime sera composée de personnalités indépendantes désignées sur une base paritaire par les gouvernements; un président sera choisi d'un commun accord par les gouvernements; ses décisions seront exécutoires en France, en Allemagne et dans les autres pays adhérents. Des dispositions appropriées assureront les voies de recours nécessaires contre les décisions de la Haute Autorité.

Un représentant des Nations Unies auprès de cette autorité sera chargé de faire deux fois par an un rapport public à l'ONU, rendant compte du fonctionnement de l'organisme nouveau, notamment en ce qui concerne la sauvegarde de ses fins pacifiques.

L'institution de la Haute Autorité ne préjuge en rien du régime de propriété des entreprises. Dans l'exercice de sa mission, la Haute Autorité commune tiendra compte des pouvoirs conférés à l'Autorité internationale de la Ruhr et des obligations de toute nature imposées à l'Allemagne, tant que celles-ci subsisteront. »

Source : http://europa.eu/abc/symbols/9-may/decl_fr.htm

Document 2 :

Discours d’Aristide Briand devant l’Assemblée de la Société des Nations (extrait)

Genève, le 5 septembre 1929
« Je me suis associé pendant ces dernières années à une propagande active en faveur de l’idée qu’on a bien voulu qualifier de généreuse, peut-être pour se dispenser de la qualifier d’imprudente. Cette idée, qui est née il y a bien des années, qui a hanté l’imagination des philosophes et des poètes, qui leur a valu ce qu’on peut appeler des succès d’estime, cette idée a progressé dans les esprits par sa valeur propre. Elle a fini par apparaître comme répondant à une nécessité. Des propagandistes se sont réunis pour la répandre, la faire entrer plus avant dans l’esprit des nations, et j’avoue que je me suis trouvé parmi ces propagandistes.

Je pense qu’entre des peuples qui sont géographiquement groupés comme les peuples d’Europe, il doit exister une sorte de lien fédéral ; ces peuples doivent avoir à tout instant la possibilité d’entrer en contact, de discuter leurs intérêts, de prendre des résolutions communes, d’établir entre eux un lien de solidarité, qui leur permette de faire face, au moment voulu, à des circonstances graves, si elles venaient à naître.

C’est ce lien que je voudrais m’efforcer d’établir.

Évidemment, l’association agira surtout dans le domaine économique : c’est la question la plus pressante. Je crois que l’on peut y obtenir des succès. Mais je suis sûr aussi qu’au point de vue politique, au pont de vue social, le lien fédéral, sans toucher à la souveraineté d’aucune des nations qui pourraient faire partie d’une telle association, peut être bienfaisant, et je me propose, pendant la durée de cette session, de prier ceux de mes collègues qui représentent ici des nations européennes de bien vouloir en envisager officieusement cette suggestion et la proposer à l’étude de leur gouvernement, pour dégager plus tard, pendant la prochaine session de l’Assemblée peut-être, les possibilités de réalisation que j’y crois discerner (…). » Source : site Franceurope
Le contexte :

Une vieille idée des « intellectuels » (cf Victor Hugo)

Une nécessité

La géographie

Question économique pressante cf pour lui il s’agit de remédier efficacement aux entraves qui contrarient alors dangereusement les activités économiques et commerciales européennes et mondiales
Les objectifs :

« entrer en contact, discuter leurs intérêts, prendre des résolutions communes, établir entre eux un lien de solidarité, qui leur permette de faire face, au moment voulu, à des circonstances graves, si elles venaient à naître » dans tous les domaines (économique, politique et social)
Le moyen : le « lien fédéral »
Les éventuelles difficultés :

Réunir un maximum de nations européennes (géographie)

Faire accepter le lien fédéral (politique cf supranationalité, souveraineté)


La réussite éphémère :

Le 9 septembre 1929, cette suggestion du « président du Conseil » français allait recevoir le soutien appuyé du chancelier allemand Gustav Stresemann, lors d’un nouveau discours portant sur cette même question du « désarmement douanier ». Il réclamait la mise en place d’institutions politiques européennes pour mettre fin à ce "morcellement douanier" consécutif aux traités de 1918-1920.

Du coup, les représentants des gouvernements européens membres de la SDN (soit les représentants de 27 États) se réunirent, ce même 9 septembre, et, se saisissant de la question, confièrent au gouvernement français le soin d’élaborer un mémorandum sur ce sujet.

Ce mémorandum portant "sur l’organisation d’un régime d’Union fédérale européenne" fut rendu public le 1er mai 1930.

Ce document, très complet, précisait la raison d’être, l’organisation, le fonctionnement et les missions de cette future « Union européenne », précisant également bien d’autres choses très importantes, notamment à propos de la nature des relations que cette future « Union européenne » entretiendraient avec la « Société des Nations » (soit l’ONU de l’époque).

En effet le mémorandum de Briand ne reçut pas le même accueil que son discours à la SDN. Et son action allait désormais se heurter, en France comme dans le reste de l’Europe, à des résistances nationalistes de plus en plus fortes. Si le principe d’une coopération entre États souverains n’était néanmoins pas remis en cause, en revanche l’idée d’une union européenne pleine et entière - tant au plan politique qu’économique - effrayait : notamment parce qu’on y évoquait la mise en place de futurs "liens fédéraux" encore mal définis.

Sources :

Charles Zorgbibe, « Histoire de la construction européenne », Paris, 1993, PUF pages 8 à 14

site « Cliotexte » http://hypo.ge.ch/www/cliotexte//html/europe.union.1930.html.

Séance 2 : Des acteurs

La construction de l’Europe a commencé avec 6 pays, aujourd’hui elle en compte 27. Mais certains pays semblent plus importants que d’autres dans cette construction.

Pourquoi et comment les couples franco-allemands apparaissent comme moteur de l’idée d’Europe ?
Supports :

  • Document 1 : interview de Jean-Michel Gaillard sur le thème « Les pères de l’Europe : les couples franco-allemands » (vidéo site TV)

  • Document 2 : une liste des représentants français et allemands depuis 1929

  • Document 3 : une chronologie de la construction européenne



Avant que les élèves ne commencent leurs activités, leur demander quels sont les couples franco-allemands qu’ils connaissent (séance précédente, actualité) : Briand/Stresemann, Schuman/Adenauer, Sarkozy/Merkel.

Activité 1 : les élèves écoutent le document 1 et prennent des notes dans le tableau.
Activité 2 : les élèves recoupent les informations des documents 2 et 3 pour compléter le tableau.
Activité 3 : les élèves, à l’aide d’un code couleur, repèrent dans le tableau les différents domaines de coopération (politique, économique, technologique).

En conclusion, évoquer la place de la France dans l’Union européenne compte tenu de son importance en termes d’avancée dans la construction de l’Europe ce qui fera aussi le lien avec la séance suivante.

Avec les 3 documents : 2 heures avec trace écrite en classe

Avec les doc 2 et 3 : 1 heure avec trace écrite chez eux

Document 2 : liste des représentants français et allemands

FRANCE

ALLEMAGNE chanceliers

Aristide Briand : 1921-1929 (Président du Conseil)

Robert Schuman : 1947-1952 (ministre des Affaires étrangères)

Guy Mollet : 1956-1957 (Président du Conseil)

Charles de Gaulle : 1959-1969

Georges Pompidou : 1969-1974

Valéry Giscard d’Estaing : 1974-1981

François Mitterrand : 1981-1995

Jacques Chirac : 1995-2007

Nicolas Sarkozy : 2007

Gustav Stresemann : 1923-1929

Konrad Adenauer : 1949-1963

Ludwig Erhard : octobre 1963-1966

Kurt Georg Kiesinger : 1966-1969

Willy Brandt : octobre 1969-1974

Helmut Schmidt : 1974-1982

Helmut Kohl : 1982-1998

Gerhard Schröder : 1998-2005

Angela Merkel : 2005
  1   2   3

similaire:

Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950 iconAnnexe n° 22 page 1/7 internat du college robert schuman de reims

Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950 iconCandidature à un poste dans le réseau culturel du ministère des affaires étrangères

Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950 iconDéclaration d’une mobilité individuelle ou collective sur le Site...

Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950 iconLe texte intégral de ces délibérations peut être consulté au service accueil de la mairie

Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950 iconLe texte intégral de ces délibérations peut être consulté au service accueil de la mairie

Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950 iconChapitre 1 L’affaire Rosengart
«Monsieur Robert» le grand patron de Peugeot. Robert Peugeot était un patron aimé de ces collaborateurs. IL avait horreur de l’apparat,...

Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950 iconConvention Internationale relative aux Droits de l'Enfant (1989) Texte intégral
«l'enfant, en raison de son manque de maturité physique et intellectuelle, a besoin d'une protection spéciale et de soins spéciaux,...

Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950 iconAmicale d’alger conseil d’administration du 24 février
«agro day» a été lancée; ce sera l’occasion de manifestations régionales organisées par les amicales

Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950 iconComplétant le Règlement Général des Foires approuvé par le Ministre...

Texte intégral de la proposition lancée par Robert Schuman, ministre des affaires étrangères, du 9 mai 1950 iconRapport au premier ministre
«d’évaluer la pertinence de la mise en place d’un service d’accompagnement professionnel de long terme, proposant des prestations...






Tous droits réservés. Copyright © 2017
contacts
exemple-d.com